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Private Equity / Ardian / Levée de fonds / Capital-investissement / crise économique / hausse des taux / banques de financement

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Ardian lève le plus gros fonds de dette français / Les raisons de ce succès

En bouclant en moins d'un an un fonds de private credit de 5 milliards d'euros, la société d'investissement française, Ardian, prouve que sa stratégie sélective et son degré élevé de contrôle séduisent toujours les investisseurs malgré un contexte économique marqué par la hausse des taux. 
Dominique Senequier, Presidente d'Ardian ( ©William BEAUCARDET/REA)
Dominique Senequier, Presidente d'Ardian ( ©William BEAUCARDET/REA)

Le plus gros en France et l’un des principaux d’Europe. La société d’investissement privé, Ardian, vient de lever la barre symbolique des 5 milliards d’euros pour sa plateforme private credit de cinquième génération, réunissant plus de 130 investisseurs, dont 34 nouveaux, provenant de 19 pays différents en Europe, en Asie et en Amérique du Nord. "Cette levée de fonds, réalisée en douze mois, dépasse l’objectif initial de 4 milliards d’euros et enregistre une progression de 70% par rapport à la plateforme de la génération précédente, soit 3 milliards d’euros levés en 2020", se félicite auprès de WanSquare, Guillaume Chinardet, responsable des investissements de dette privée d’Ardian.

 

Une prudence qui séduit

 

Il s’agit surtout d’une opération réalisée dans un contexte de hausse des taux, de retrait des banques de financement et de frilosité des Limited Partners (LPs). "Nous sommes restés fidèles à notre stratégie adoptée il y a une dizaine d’années, nous ajustons juste à la marge nos conditions, actuellement en renforçant notamment nos droits en documentations juridiques mais surtout en réduisant le levier des sociétés dans lesquelles nous investissons de manière à s’assurer le même type de ratio de cash-flow ", explique Guillaume Chinardet.

Au sortir de la crise financière, Ardian a, en effet, opté pour une stratégie unitranche très prudente. "L’idée était de cibler les ETI, principalement en LBO en Europe de l’Ouest", confie Guillaume Chinardet. Par prudence, il faut comprendre le positionnement spécifique d’Ardian. "Cela signifie que nous sommes systématiquement arrangeurs de nos deals, ce qui nous permet de nous assurer que la documentation juridique nous convient. C’est nous, par exemple, qui négocions tous les covenants, toutes les clauses qui nous semblent importantes ", souligne le responsable des investissements de dette privée. Par ailleurs, Ardian fait toujours en sorte d’être le prêteur majoritaire ou le seul prêteur. "Nous sommes donc très loin des pools bancaires ce qui nous permet de contrôler notre destinée", assure Guillaume Chinardet.

Une prudence qui se traduit également par une haute sélectivité. "Nous sélectionnons les secteurs d’actifs. A ce titre, nous allons privilégier ceux qui offrent une visibilité sur le chiffre d’affaires, un business modèle robuste et une génération de cash-flow importante dans un environnement cyclique", précise-t-il. Ainsi la santé ou les services financiers ont les faveurs de la société d’investissement française. "C’est l’une des raisons qui fait que notre portefeuille d’actifs a très bien résisté à la crise sanitaire", ajoute Guillaume Chinardet.  

 

Un private crédit tendance

 

Le succès de cette opération est aussi, selon Ardian, le parfait exemple, de la tendance forte observée depuis plusieurs années à la prise de parts de marché du private crédit au détriment des banques, "ce qui n’est pas une surprise au regard des problématiques réglementaires, et notamment de coût du capital, auxquelles sont confrontés les acteurs bancaires ", constate le responsable des investissements de dette privée. Sans compter le contexte économique actuel qui vient accélérer le mouvement. " Les LPs considèrent qu’il s’agit d’une bonne classe d’actifs dans laquelle investir dans un environnement de taux en hausse quand tous nos investissements sont à taux flottant ", poursuit-il.

Une autre tendance se confirme cependant: parmi les 130 investisseurs, outre d’importantes compagnies d’assurance, des fonds de pension et de dotations et des agences gouvernementales, des clients privés ont également misé sur la plateforme. "La majeure partie de notre base d’investisseurs est institutionnelle mais nous commençons à voir quelques clients privés. Cela fait partie de la mouvance actuelle qui va vers une démocratisation du private equity", observe Guillaume Chinardet.

Alors qu’historiquement, le private equity attirait des clients particuliers fortunés, les sociétés d’investissement assistent en effet depuis quelques années, à une baisse du ticket minimum d’entrée directement ou via des intermédiaires, provoquant une "retailisation" du private equity. Au premier semestre 2022, selon France Invest, les particuliers et family office avaient investi (hors infrastructure) 1,9 milliard d’euros, soit plus de 14% sur un an, et pesaient pour 12% des souscriptions, confirmant l’intérêt des particuliers pour l’investissement dans les start-up, les PME et les ETI.  

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