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Teleperformance / modération de contenu / Daniel Julien
Teleperformance s’éloigne des controverses / Le groupe se met à l’écart des contenus les plus offensants
Mieux vaut parfois s’éviter des complications inutiles si l’on en a la possibilité. En annonçant jeudi soir sa décision se de retirer du segment le plus offensant de son activité de modération de contenu, Teleperformance a mis un terme radical à la controverse sur les conditions de travail de ses employés colombiens confrontés au pire du web.
Non sans souligner qu’elle "est l'une des rares entreprises au monde à pouvoir fournir ce service de manière professionnelle à l'échelle mondiale, en appliquant les normes les plus élevées en matière de sécurité et de bien-être des employés", la société a décidé que "se retirer du segment le plus offensant de son activité de modération de contenu était la décision la plus adéquate".
Daniel Julien, le fondateur et président de Teleperformance, expliquait ainsi jeudi soir, lors d’une conférence avec les analystes, que la prise d'une décision nécessitait toujours de "faire la part des choses entre les avantages et les inconvénients".
Difficile à quantifier
Du coté des moins, la société renonce à une partie de ses activités, difficile à mesurer à ce stade, mais limitée. Même dans le pire des scénarios, le groupe n’envisage pas que l’arrêt des activités de modération de contenus "hautement offensants" n’affecte son activité globale de modération de contenus de plus de 20% ou 25%, soit au total environ 2% de tous les revenus de la société. Sachant que la modération de contenus représente autour de 7% de son chiffre d’affaires.
Au delà de la perception que le groupe en a pour l'instant, l'effet de cette décision s’avère toutefois difficile à quantifier à ce stade. D’abord parce que la notion de contenu offensant diffère parfois selon les pays et les clients. Aussi parce que la société ne sait pas pour l’instant si les clients concernés accepteront de scinder leur activité de modération de contenu entre plusieurs prestataires. L’effet sera d’autre part différé dans la mesure où Teleperformance compte honorer jusqu’à leur terme les contrats liés à la modération de contenus extrêmes.
Comme le management de l’entreprise le reconnaît également, l’arrêt de cette activité spécifique génère une incertitude quant à sa capacité à remporter de futurs contrats de modération de contenu auprès de clients qui pourraient préférer un prestataire proposant toute la gamme de contenus, y compris donc les contenus très offensants auxquels elle renonce.
Sortie salutaire
Pour autant, le positif l’emporte. "C’était probablement la meilleure chose à faire afin d'éliminer toute pression potentielle sur le cours de Bourse et toute préoccupation structurelle des investisseurs", considèrent les analystes de Stifel. En se retirant d’un secteur sujet à controverse, le groupe opère un mouvement stratégique salutaire, en réduisant son profil de risque qui s’était brutalement mis à augmenter ces dernières semaines, en faisant fuir les investisseurs. "Nous comprenons que Telepeformance, en tant que leader mondial de la relation clients, puisse penser qu'il sert mieux les intérêts des actionnaires en se concentrant sur d'autres opportunités", résume la banque suisse UBS.
L’action Teleperformance gagnait 4,2% vendredi après-midi, à 225,6 euros, encore loin cependant de ses niveaux (266 euros) d’avant son plongeon de 34% du 10 novembre. Le chiffrage précis que la société a prévu de fournir avant la fin de l’année quant à l’impact financier de sa décision sur son activité pourrait finir de rassurer les investisseurs.
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