Macro-économie / Taux / Assurance-chômage / indemnisation / France
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Assurance-chômage / indemnisation / France
Marche forcée vers le plein-emploi / Une indemnisation moins généreuse du chômage pourrait permettre d'éliminer les difficultés de recrutement
"Le marché du travail est dans un contexte favorable qui justifie une modulation à la baisse de la durée maximum d’indemnisation". Olivier Dussopt, ministre du Travail, a tâché d'expliquer la raison pour laquelle sa majorité s'attaquait à réformer l'assurance-chômage. En creux, le système actuel pourrait nuire à l'objectif de plein-emploi, une ambition affichée par Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, avant même la dernière élection présidentielle puisqu'il arguait que ce "doit être une réalité pour la France à la fin du prochain quinquennat d'Emmanuel Macron".
Il n'y a pas eu de faux-semblants dans les annonces gouvernementales ; il s'agirait dès lors que le taux chômage hexagonal se situe sous les 9 %, de réduire de 25 % la durée d'indemnisation. Une progression de 0,8 point lors d'un trimestre mettrait néanmoins fin à ce régime provisoire. Ces modifications doivent permettre de venir à bout des difficultés de recrutements actuellement rencontrés par l'économie française ; alors que le pays enregistre actuellement un taux de chômage de 7,3 %, la Banque de France dévoilait récemment que pas moins de 55 % des entreprises hexagonales étaient confrontées à des difficultés de recrutement. Les différentes organisations patronales sont allées dans ce sens, saluant un pas vers un système davantage lisible et simple à mettre en œuvre.
Une oreille attentive
Une telle proposition de réforme du système français n'est pas uniquement une lubie de la majorité présidentielle, il a ainsi été suggéré par le Fonds monétaire international que l'Hexagone procède à "l’introduction d’un caractère contracyclique dans les allocations de chômage en faisant varier les conditions d’admissibilité et/ou de durée des prestations en fonction de la situation du marché du travail renforcerait les stabilisateurs automatiques et les incitations au travail, tout en générant des économies".
Néanmoins la réforme proposée actuellement proposerait uniquement de réduire le niveau d'indemnisation lorsqu'on s'approche du plein-emploi et n'augmenterait pas le niveau de protection comparé à ce qui est en vigueur aujourd'hui. Bien au contraire, Olivier Dussopt n'excluant pas "durcir encore les choses" dans le cas où le taux de chômage ne serait plus que de 5 %. Reste à savoir si le gouvernement décidera d'utiliser son énergie à d'autres combats, l'OCDE lui ayant par exemple intimé que "de nouvelles réformes du système de retraite s’imposent." Et ce afin de travailler à "une hausse de l’âge effectif de sortie du marché du travail".
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