Macro-économie / Taux / Saxo Bank / Private equity / Dollar / europe / Japon / or
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Saxo Bank / Private equity / Dollar / europe / Japon / or
Les drôles de surprises possibles pour les marchés financiers en 2023 / Saxo Bank publie sa traditionnelle liste d'évènements susceptibles de chambouler le système financier
Cette année ne dérogera pas à la règle, comme lors de chaque mois de décembre, Saxo Bank propose une série de dix chocs coûteux pour les marchés financiers. Celles-ci ont une occurrence faible mais des conséquences importantes pour l'ensemble de l'économie mondiale, l'an dernier la banque danoise imaginait ainsi que des impératifs politiques pourraient freiner la transition énergétique. Ce que la guerre en Ukraine a en partie réalisée, renforçant les dirigeants politiques à se préoccuper de maintenir la paix sociale dans leur population.
SteenSteen Jakobsen, Chief Investment Officer chez Saxo, commente les 10 scénarios proposés en ajoutant que " les chocs escomptés de cette année ont fourni que toute croyance en un retour à la dynamique désinflationniste d'avant la pandémie est impossible parce que nous sommes entrés dans une économie de guerre mondiale, où toutes les grandes puissances du monde s'efforcent désormais de renforcer leur sécurité nationale sur tous les fronts ".
Retour un siècle plus tôt
Le Vieux continent a voulu en avoir fini avec les conflits armés sur son sol, comme ce fut le cas au début du 20ème siècle. Saxo Bank rappelle qu'en 1910, un ouvrage intitulé La Grande Illusion " affirmait qu'il était impossible que l'Europe soit à nouvelle impliquée dans une guerre sérieuse, car les échanges commerciaux mutuellement bénéfiques avaient atteint des proportions énormes au cours des décennies précédentes de paix prospère" . Une décennie plus tard, l'Europe était exsangue et en ruines.
Une situation dans laquelle Saxo Bank imagine qu’Emmanuel Macron pourrait suivre les pas de Charles de Gaulle et se décider à démissionner devant son impossibilité à gouverner un pays profondément divisé. Un choix qui porterait Marine Le Pen au pouvoir et constituerait le "dernier défi existentiel au projet européen et à ses fondations institutionnelles chancelantes ". Une autre possibilité pour la banque danoise serait de voir le continent décider de ne plus subir les turbulences du cycle politique américain ; afin d’assurer sa défense il est imaginé que " tous les membres de l’UE décident de créer les forces armées de l’UE avant 2028, dans le but d’établir des forces opérationnelles terrestres, maritimes, aériennes et spatiales entièrement dotées en personnel et déployables, qui seront financées par un budget de 10 000 milliards d’euros, réparti sur 20 ans ". Un choix qui impliquerait un "financement […] basé sur des composantes clés du PIB de chaque pays membre. Le marché de la dette souveraine de l’UE s’en trouverait considérablement renforcé, ce qui entraînerait une forte reprise de l’euro grâce à l’augmentation massive des investissements ".
Rishi Sunak parviendra-t-il à redresser la barre d'un Royaume-Uni à la dérive, Saxo Bank n'écarte pas l'hypothèse qu'il a échoué dans les grandes largeurs et que la " régression écrasante " associée remette en cause la décision de quitter l'Union Européenne. Au milieu du chaos politique Outre-Manche, un gouvernement travailliste serait porté au pouvoir et organiserait un référendum sur le Brexit au 1er novembre 2023. Le vote ReJoin l'emporterait et " la livre sterling se redresserait de 10 % par rapport à l' euro et de 15 % par rapport au franc suisse ".
Arrêt de mort du Private Equity
Les paradis fiscaux coûtent aux gouvernements quelque 500 à 600 milliards de dollars par an en pertes de revenus au titre de l'impôt des sociétés. L'OCDE décide unilatéralement " une interdiction totale des plus grands paradis fiscaux au monde ". Ce qui se traduirait aux États-Unis, par le fait que le "carried interest" taxé comme une plus-value sera également transféré dans le revenu ordinaire. Simultanément, " l'interdiction des paradis fiscaux dans l'UE et la modification par les États-Unis de la règle d'imposition du "carried interest " secoueront l'ensemble des secteurs du capital-investissement et du capital-risque aboutissant à la disparition d'une grande partie de l'écosystème et à la décote de 50 % de la valeur des sociétés de capital-investissement cotées en bourse.
Choix politiques
" Le résultat sera le même que pour presque toutes les politiques gouvernementales : la loi des conséquences imprévues". Voici comment Saxo Bank analyse le scénario où un contrôle des prix serait mis en place pour juguler l'inflation. En effet, " contrôler les prix sans résoudre le problème sous-jacent va non seulement générer plus d'inflation, mais aussi risquer de déchirer le tissu social par une baisse du niveau de vie due à la désincitation à produire et à la mauvaise répartition des ressources et des investissements ".
Au milieu de ces différentes situations chaotiques imaginées, l’or pourrait tirer son épingle du jeu. Qualifiée de "la plus solide des devises ", elle recevrait simultanément trois coups de pouces. Ainsi, la mentalité d’économie de guerre fondée tant sur l’autosuffisance que sur la réduction des réserves de devises étrangères au bénéfice de l’or. Le deuxième facteur de hausse de l’or serait les investissements massifs dans " les nouvelles priorités de sécurité nationale, notamment les sources d’énergie, la transition énergétique et les chaînes d’approvisionnement ". Le dernier coup de pouce trouverait sa source dans la volonté politique "d’éviter une débâcle sur les marchés de la dette alors qu’une légère récession de la croissance réelle s’installe". Fort de ce scénario favorable, L’or pourrait dès lors "franchir le double sommet à près de 2 075 dollars comme s’il n’existait pas et s’élance pour atteindre au moins 3 000 dollars l’année prochaine".
L'ère du dollar roi pourrait quant à elle s'achever l'an prochain imaginer Saxo Bank. Les pays non alliés aux États-Unis, prendraient peur face à un dollar de plus en plus en militarisé. Ils quitteraient alors le FMI pour créer " une union internationale de compensation et un nouvel actif de réserve, le Bancor, en utilisant l'idée originale de Keynes datant de l'ère pré-Bretton Woods pour faire un pied de nez aux pratiques des États -Unis en tirant parti de leur pouvoir sur le système monétaire international" . Le dollar dévisserait de près de 25 % par rapport "à un panier de devises échangées avec le nouvel actif" et les rendements du Trésor américain s'envoleraient.
Un avis de tempête qui pourrait également toucher le Japon et le yen, face à une inflation galopante, les autorités japonaises opteraient pour déclarer un plancher sur le yen à 200 en dollars/yen. Tout " en annonçant que ce ne sera qu'une action temporaire de durée permettant inconnue pour une réinitialisation du système financier japonais ". Les mesures prises pour faire baisser la dette publique et inciter au rapatriement des capitaux conduiraient à une chute du PIB réel de 8 % et une hausse du PIB nominal de 5 %. Néanmoins cette " réinitialisation remettrait le Japon sur une trajectoire stable ".
La transition énergétique se réinvente
Le secteur privé pourrait décider de prendre les choses en main sur la question énergétique et les plus grandes entreprises technologiques s'associer à des milliardaires. Ce consortium nommé Third Stone, aurait pour objectif de levier plus de mille milliards de dollars pour les investir dans des solutions énergétiques. Toutes les entreprises associées au projet verraient alors " leur valeur grimper en flèche dans un environnement d'investissement autrement faible ".
Face à leurs objectifs de neutralité carbone d'ici 2050, un des pays les plus fortement engagés tels que la Suède ou le Danemark pourrait vouloir prendre "la tête de la course à la politique climatique la plus agressive". Pour ce faire il déciderait " de taxer lourdement la viande sur une échelle croissante à partir de 2025 " et de prévoir d'interdire " totalement toute viande d'origine animale produite dans le pays d'ici 2030 ".
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