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Biotechs, marchés, Nvidia

Macro-économie / Taux / Saxo Bank / catastrophes naturelles / Dollar / Chine

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Saxo Bank / catastrophes naturelles / Dollar / Chine

Les prévisions chocs de Saxo Bank sont de retour / Huit scénarios pouvant modifier profondément l'économie mondiale

Une tradition perpétuée cette année encore chez Saxo Bank, la banque danoise propose une série d’évènements à l’occurrence peu probable mais aux effets dévastateurs pour l’économie. Parmi les huit scénarios de l’édition 2024 on y retrouve à la fois la disparition de l’OPEP, la faillite d’une grande compagnie d’assurances, ou encore des mouvements importants sur le change. Autant de scénarios sur lesquels Andrea Tueni, Head of Sales Trading chez Saxo Bank, est revenu pour WanSquare.
Le retour de Donald Trump inspire une des prévisions chocs de Saxo Bank. Photo by Drew Angerer / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP.
Le retour de Donald Trump inspire une des prévisions chocs de Saxo Bank. Photo by Drew Angerer / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP.

Cette année il est moins question de Banques centrales ou d’élections dans les prévisions chocs de Saxo Bank. L’exercice annuel auquel se prêtent les équipes de Saxo Bank fait à nouveau "le choix de sortir des sentiers battus", nous confie Andrea Tueni, Head of Sales Trading pour la filiale française. Ce dernier arguant que "l’objectif n’est pas de faire les comptes à la fin de l’année, il s’agit davantage d’un positionnement en dehors de l’analyse standard et du consensus. Certaines prévisions ont par ailleurs mis plus de temps à se réaliser par le passé comme pour le Brexit".

Il n’est ainsi pas à exclure selon lui "que certaines prévisions extrêmes cette année ne le soient plus du tout dans quatre ou cinq ans ". La présidence de Donald Trump pourrait bien ne pas y être étrangère selon lui, c’est d’ailleurs son administration qui est à l’origine de la première prévision choc. Il s’agit d’une possibilité où face à des droits de douane exorbitants, les alternatives au dollar seraient plébiscitées. Les conséquences seraient immenses avec "la Chine et le groupe BRICS + [qui] privilégient les transactions en monnaie numérique adossée à l’or, parfois avec un yuan offshore également lié à l’or " et dans le même temps une Europe qui "redéfinit ses échanges en s’appuyant davantage sur l’euro, tandis que des crypto-monnaies stables adossées à l’or font également leur apparition".

Les impacts sur les cours seraient du même acabit avec une "capitalisation du marché des crypto-monnaies pourrait quadrupler pour dépasser les 10 000 milliards de dollars, tandis que le dollar américain pourrait chuter de 20 % face aux principales devises et de 30 % par rapport à l’or ". Pour autant Andrea Tueni nous confie "qu’on ne serait pas du tout sur un retour à la situation d’avant Bretton Woods. Différentes monnaies seraient adossées sur l’or mais de manière synthétique et non physique".

 

Innover

 

La croissance folle de Nvidia pourrait dans un cas bien précis encore s’emballer un peu plus et la société atteindrait alors une valorisation deux fois supérieure à celle d’Apple. L’expert de Saxo Banque nous expliquant que si "l’idée de voir Nvidia progresser grâce à l’IA apparaît plutôt logique, c’est l’ampleur de cette dynamique qui détonne dans ce scénario". Celle-ci serait permise par des puces produites qui surclassent toutes leurs concurrentes et de très loin, de quoi permettre à la capitalisation de la société de peser pour près de 10 % du marché mondial des actions.

Si en termes de rendement il deviendrait alors très coûteux de ne pas être positionné sur cette valeur, un risque majeur menace celle-ci. Les préoccupations des régulateurs sur un possible monopole, une opportunité à "considérer dans un temps plus long, puisqu’une batterie d’avocats sera vraisemblablement missionnée pour la défense de Nvidia ", nous fait-on valoir.

L’innovation est également l’objet d’une autre prévision choc avec l’émergence d’organes bio-imprimés, qui en prolongeant l’espérance de vie vont faire "bondir les prévisions de croissance des secteurs de la biotechnologie et de l’impression 3D ". Malgré le fait que la plupart des entreprises de ce domaine en sont au stade de démarrage, une vague d’introductions en Bourse (IPO) serait alors à attendre. Andrea Tueni nous confiant que " certes les États-Unis sont souvent en avance sur la question, cependant la vague d’IPO pourrait alors très bien toucher d’autres zones géographiques dont l’Europe et bien entendu la France. Cette dernière n’est pas en reste sur la question des biotechs ".

 

Coûteuse énergie

 

L’électrification de l’économie combinée à l’essor de l’IA pourrait faire émerger une situation où certains acteurs avec leurs besoins énormes feraient "grimper en flèche les factures d’électricité et susciter l’indignation de l’opinion publique ". Par effet domino certaines "autorités locales interviennent pour protéger leurs électeurs, en imposant de lourdes taxes et même des amendes aux grands centres de données afin de subventionner une réduction des tarifs pour les ménages". In fine les investissements dans les énergies renouvelables, mais également dans les centrales au gaz explosent, tout en n’arrivant à suivre la hausse de la demande. Une telle situation entraîne un retour de l’inflation à des niveaux élevés.

Le succès des véhicules électriques pourrait bien mettre quant à lui fin à une vieille alliance. L’Organisation des pays producteurs (OPEP) souffrirait d’un pic pétrolier atteint dès 2024, la prévision choc imagine un scénario où "au milieu des querelles et des luttes intestines, des membres clés quittent l’organisation. L’OPEP est ainsi reléguée aux oubliettes de l’histoire". Par la suite "les anciens membres maximisent leur production pour assurer le marché action, entraînant une forte baisse des prix du pétrole ".

Andrea Tueni nous explique que "les conséquences d’un choc sur une matière première comme le pétrole font toujours très peur pour l’économie réelle", des effets en cascade sont ici aussi attendus avec un marché de l’or noir qui en se rééquilibrant ne rendrait plus économiquement viables les producteurs aux coûts les plus élevés. Les gagnants seraient à chercher du côté des compagnies aériennes, des fabricants de produits chimiques, de peintures et de pneus, ainsi que des entreprises de fret et de logistique.

 

Too big to fail

 

Le secteur financier pourrait quant à lui voir les catastrophes naturelles se rappeler à ses mauvais souvenirs, une des dernières prévisions chocs dévoilée par le géant danois imagine un scénario particulièrement coûteux. Il consiste dans le fait que l’an prochain "une tempête et des précipitations catastrophiques aux États-Unis prennent le secteur de l’assurance au dépourvu, infligeant des dommages s’élevant à plusieurs multiples des 40 milliards de dollars de demandes d’indemnisation liées à l’ouragan Katrina en 2005".

Malheureusement un des plus grands assureurs américains aurait alors "considérablement sous-estimé les risques d’assurance liés au changement climatique, ce qui a conduit à des polices d’assurance sous-évaluées dans la région touchée. Les réserves étant insuffisantes pour couvrir les sinistres et la réassurance inadéquate pour atténuer les coûts de cet événement extrême, la panique gagne l’ensemble du secteur. Une crise se déclenche, entraînant des discussions au niveau gouvernemental sur l’opportunité de renflouer l’entreprise […] afin d’éviter une contagion généralisée des risques".

L’immobilier souffrirait alors des nouvelles tarifications des assurances concernant les catastrophes naturelles. Cependant certains pourraient en sortir gagnants, avance Andrea Tueni. "Pour faire un parallèle avec Lehman Brothers, on ne peut pas avoir tout un secteur qui soit identique et parfaitement aligné. On a assisté à la chute d’une des plus solides banques américaines, qui avait cependant un profil de risque pas ajusté sur un segment en particulier. On peut imaginer qu’on soit également dans une situation où parmi les assureurs ce soient les acteurs les plus solides et les mieux capitalisés du secteur qui en tirent profit et voient leur cours progresser ", indique-t-il.

 

Retour vers le futur

 

Un retour de la livre sterling à des niveaux par rapport à l’euro qu’elle n’avait pas connus depuis la période précédant le Brexit est également possible dès 2025 et ce à des conditions bien spécifiques. Chez les équipes du géant danois on les identifie comme des "investissements intérieurs encourageants et des perspectives de croissance plus robustes" à même de soutenir le cours de la monnaie britannique, là où l’euro serait en difficulté. De quoi faire récupérer tout ce que le Brexit avait entraîné comme décote. Il faudra que les vents de la politique fiscale soient particulièrement favorables pour voir cette hypothèse se réaliser.

Dernière prévision choc concernant une autre puissance économique ayant vu son économie souffrir récemment, il s’agit de la Chine où un plan de relance hors du commun pourrait bouleverser la planète. Pour parer à tout épisode similaire à celui connu par le Japon il y a quelques décennies, Pékin opterait pour "le pari audacieux que la reflation est la seule solution et estime pouvoir contenir les risques inflationnistes en lançant un gigantesque programme de relance fiscale, avec des promesses de dépenses de plus de 7 000 milliards de dollars pour 2025 et les années à venir".

Une manne en partie distribuée directement aux particuliers, qui combinée à des mesures stimulant la consommation et la création d’entreprises contribueraient à relancer la Chine. La natalité se redresserait également et derrière la locomotive chinoise se serait les pays émergents qui en profiteraient pour surperformer les marchés développés. Andrea Tueni nous rappelle qu’il "reste assez difficile de s’exposer au marché chinois, nous y avons accès mais tous les acteurs n’ont pas les moyens de proposer cela. En termes d’allocations un tel scénario impliquerait des flux importants, il serait alors peut-être plus simple de s’exposer à d’autres marchés émergents".

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