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surprises; élections; croissance; pétrole

Macro-économie / Taux / Saxo Bank / économie / 2024

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Saxo Bank / économie / 2024

Les scénarios économiques peu probables imaginés par Saxo Bank pour 2024 / Les impacts seraient colossaux

Comme à son habitude Saxo Bank propose une liste d’évènements peu probables mais dont l’occurrence pourrait bouleverser l’ensemble du système économique. On y retrouve pêle-mêle un scénario lié à l’élection présidentielle américaine, un autre au cours de l’or noir ou encore à la question de l’intelligence artificielle sous un angle inédit.
Robert F. Kennedy Jr - EVA MARIE UZCATEGUI / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / GETTY IMAGES VIA AFP
Robert F. Kennedy Jr - EVA MARIE UZCATEGUI / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / GETTY IMAGES VIA AFP

Pas question d’atterrissage en douceur pour l’économie ou de Banques centrales faisant de leur mieux pour faire paisiblement rentrer l’inflation dans son lit. Saxo Bank s’intéresse, dans une de ses dernières publications, à une liste de 8 évènements capable de prendre à rebours les projections en 2024.

Au sujet de l’élection pour la présidence des États-Unis, il n’est pas étudié le scénario dans lequel Donald Trump ou Joe Biden gagnerait une nouvelle fois le droit d’occuper le bureau ovale durant 4 ans. Il est ici question du possible succès de Robert F. Kennedy Jr, profitant selon les mots Saxo Bank d’un "enthousiasme des électeurs pour les candidats gériatriques [qui] diminue". L’embrasement de la scène internationale de l’Ukraine au Moyen-Orient sapant les chances de succès du parti démocrate et la personnalité de Donald Trump étant devenu trop clivante.

Ce scénario nécessiterait cependant une succession d’évènements qui verrait "les États-Unis traverser une récession au printemps et à l’été", propulsant le candidat indépendant jusqu’à la victoire et bouleversant les équilibres politiques. La banque danoise estime qu’en termes d’impact sur le marché, le message du nouveau président américain "en faveur de la paix et sa promesse de mettre fin aux abus du système de santé américain et de diminuer le pouvoir des sociétés ", aurait comme conséquence immédiate de faire "plonger les entreprises liées aux secteurs de la défense et de la santé".

 

Chiffres déroutants

 

Au rang des surprises économiques, Saxo Bank dévoile un scénario dans laquelle une hausse spectaculaire du prix du pétrole brut donne des moyens démesurés à l’Arabie saoudite. Cette dernière en profitant pour "créer une Ligue mondiale des champions après avoir racheté la franchise de la Ligue des champions de l’UEFA". Une diversification de l’économie saoudienne ayant été rendue possible par le baril, dont le cours aurait atteint les 150 dollars. Une augmentation des prix due à une demande bien plus forte que toutes les estimations, combinée à une transition écologique insoutenable qui s’essouffle. Les investissements consentis dans divers secteurs porteraient leurs fruits et ne rendraient plus le pays uniquement dépendant de sa manne pétrolière.

Le Japon est également imaginé complètement chamboulé dans une hypothèse où la Banque du Japon (BoJ) est "contrainte de mettre fin à sa politique de contrôle de la courbe des taux en 2024" faisant face une "économie japonaise [qui] est surstimulée car les taux réels diminuent, les rendements nominaux sont plafonnés mais les attentes en matière d’inflation augmentent". Saxo Bank évoque une "déroute sur les marchés obligataires mondiaux, car les investisseurs japonais rapatrient leur argent " face à cette nouvelle situation. La fin de la déflation sur l’Archipel ayant eu pour conséquence que " les salaires et les investissements privés reprennent, entraînant des gains de productivité et une croissance économique rapide". Pour expliquer la mise en place d’un tel scénario, Charu Chanana, stratégiste des Marchés chez Saxo Bank, explique qu’il faudrait notamment que "le Premier ministre Kishida et son administration proposent une série de politiques populistes qui soutiendront davantage la demande intérieure ".

Les États-Unis sont à l’honneur puisqu’un autre scénario les concerne ; celui d’un " gouvernement américain [qui] doit augmenter les dépenses publiques de manière exponentielle avant les élections de 2024 afin de soutenir l’économie et d’éviter les troubles sociaux". Alors que les préoccupations géopolitiques portent le déficit budgétaire à plus de 10 % du PIB, la demande de bons du Trésor américain souffre tant de l’inflation que des investisseurs étrangers rapatriant leurs capitaux, on connaîtrait alors "une flambée des rendements des bons du Trésor américain ". Saxo Bank imagine alors que dans "une tentative désespérée de normalisation des coûts d’emprunt, le gouvernement américain exonère d’impôts les revenus des obligations d’État".

Un choix considéré comme entraînant "la fin du capitalisme, car l’argent passe des entreprises privées au public et la détention d’actifs plus risqués devient plus coûteuse". Cependant les rendements des bons du Trésor américain, en définitive, remonteraient "sur toutes les échéances, et la courbe des rendements s’aplatit, les investisseurs pouvant bénéficier des rendements les plus élevés depuis des décennies sans être soumis à des charges fiscales". Alors que le marché boursier serait dynamité, un groupe d’entreprises riches en liquidités tirerait son épingle du jeu en bénéficiant d’une courbe de rendement inversée.

 

Réglementation aux commandes

 

L’IA générative est quant à elle imaginée passer d’un rôle où elle est perçue "comme une aubaine pour la productivité ", à un autre où elle "devient une menace pour la sécurité nationale après un audacieux hold-up "deepfake" de l’IA contre un haut fonctionnaire d’un pays développé". En conséquence les gouvernements imposent une nouvelle réglementation, qui n’autorise simplement que quelques médias à transmettre des informations au public. Ces entités verraient alors leur valorisation grimper, quand Adobe serait lourdement pénalisé par les gouvernements étant donné que "le trucage a été réalisé à l’aide de son logiciel".

Les velléités réglementaires sont légion dans les évènements proposés par la banque danoise ; il est également question qu’en 2024 l’Union européenne parte à la recherche de fonds par tous les moyens possibles. Ce qui doit lui permettre d’accomplir ses objectifs politiques et économiques puisque dans le même temps la population réalisant "à quel point les milliardaires paient peu d’impôts, la Commission européenne met en œuvre une loi qui taxe chaque année 2 % de la richesse ". Les conséquences seraient immédiates pour "l’industrie du luxe en Europe" Une telle mesure est censée "augmenter les recettes fiscales d’environ 100-150 milliards d’euros".

 

Nouvelles postures

 

Autre possibilité pour chambouler l’équilibre économique planétaire ; celui d’une "forte divergence des comptes courants entre un groupe de pays excédentaires et un groupe de pays déficitaires [qui] est le résultat d’une gestion des monnaies et [qui] n’est pas viable à long terme ". On verrait ainsi en 2024, la situation de la dette américaine devenir incontrôlable, afin d’y remédier "un groupe de six pays déficitaires forme un ‘Club de Rome' pour coopérer à la réduction des déficits en négociant collectivement de nouvelles conditions commerciales mondiales avec les pays excédentaires".

L’argumentaire présent serait celui d’une "réinitialisation des déficits [qui] créerait un modèle économique plus égalitaire et plus stable. Les six pays fondateurs du "Club de Rome" sont les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Inde, le Brésil, le Canada et la France. L’ajustement de la divergence des comptes courants entre les pays clés sera compliqué pour les plus excédentaires (Chine, Allemagne, Norvège, Japon, Pays-Bas et Singapour)". Confrontée à "un régime monétaire mondial semi-fixe", empêchant le libre-échange, la confiance dans la monnaie se réduirait à peau de chagrin et l’on verrait "l’or, à l’argent et les crypto-monnaies réaliser des gains importants".

Les hautes autorités ne seraient pas les seules à pouvoir faire des choix en 2024 susceptibles de bouleverser le monde économique ; la recherche médicale déboucherait sur des médicaments contre l’obésité ayant comme externalité négative que la population ferait le choix de "cesser de faire de l’exercice et à augmenter leur consommation de nourriture malsaine". Une pénurie de ces produits pouvant alors être cataclysmique pour la productivité. L’industrie des aliments transformés en ressortirait la grande gagnante en raison "d’une hausse significative de la demande ".

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