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premier semestre; PGE ; dépôts de bilans

Macro-économie / Taux / Cabinet Arc / Entreprises françaises / croissance / 2024

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Cabinet Arc / Entreprises françaises / croissance / 2024

Les entreprises françaises pessimistes pour leur activité lors du premier semestre 2024 / ​​​​​​​Les trois quarts d’entre elles n’y envisagent aucune croissance

À en croire la dernière étude du cabinet ARC, l’économie française devrait tourner au ralenti en ce début d’année. Ce sont 18 % des entreprises interrogées qui tablent sur un recul de leur activité au premier semestre et 63 % d’entre elles qui pensent qu’il y aura une détérioration de la situation économique hexagonale. Rééchelonner les PGE permettrait aux entreprises les plus mal en point de s’en sortir à court terme mais ne les sauvera pas pour autant.
Le spectre du dépôt de bilan revient dans toutes les têtes. Nicolas Guyonnet / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Le spectre du dépôt de bilan revient dans toutes les têtes. Nicolas Guyonnet / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Reculer pour mieux sauter. Les 90 % d’entreprises pensant que "les sociétés en difficulté vont utiliser la possibilité de rééchelonner le remboursement de leur PGE", sont également "près de la moitié à estimer que cette mesure ne permettra pas de réduire le nombre de dépôts de bilan". Un manque d’optimisme et un fatalisme qui figure parmi les constats marquants de la dernière étude publiée par le cabinet ARC. On y découvre des entreprises qui n’envisagent ni leur propre croissance, ni celle de l’économie nationale.

Pire encore, de nouveaux dangers semblent menacer la santé des firmes hexagonales. Ce sont désormais 30 % de ces dernières qui "s’inquiètent de difficultés d’approvisionnement en raison de la période géopolitique actuelle ". De quoi leur faire redouter une hausse des dépôts de bilan parmi leurs clients ; ils sont 97 % à le penser et 35 % à juger que ce phénomène sera "extrêmement important" ou "important ". Elles sont également un quart à estimer qu’elles ne pourront pas affronter le remboursement cumulé de leurs créances, PGE, investissements et factures. Denis Le Bossé, président du cabinet ARC, confie à WanSquare qu’il "se forme une frontière entre les entreprises les plus grandes et les plus petites. Parmi ces dernières il existe une tranche désormais fragilisée. Il s’agit de celles ayant souscrit un PGE alors qu’un endettement était déjà présent et qui ont désormais du mal à faire face à leurs échéances".

 

Le dos rond

 

Peu d’outils semblent pouvoir permettre de faire face à ces soucis et ils seront en conséquence massivement utilisés, d’après les 200 entreprises de 50 salariés et plus interrogées dans le cadre de l’étude. D’une part, 74 % des entreprises s’attendent à ce que les besoins de trésorerie soient compensés par un allongement des délais de paiement des fournisseurs et d’autre part, le rééchelonnement du remboursement des PGE sera utilisé.

Pour autant ces deux actions ne sont pas miraculeuses puisque les délais de paiements de leurs propres clients ne seraient pas améliorés, à 98 %, et ce seraient même dégradés, à 28 %, au quatrième trimestre 2023. D’autres constats semblent plus regrettables, avec près de 60 % des répondants avançant que leurs clients n’ont pas prévu cette dégradation des délais de paiements et mis en place des mesures en conséquence. Denis Le Bossé, nous expliquant qu’il s’agit surtout "de petites entreprises, les plus grandes disposant de plus de moyens et ayant mis en place depuis plusieurs années une gestion du cash en amont avec notamment l’utilisation plus importante de relances avant échéance".

De la même façon, la méconnaissance des leviers à activer face à des difficultés semble encore largement partagée. Uniquement 42 % des répondants sont au fait du rôle du médiateur des entreprises, 35 % de celui du médiateur du crédit et enfin ce sont 22 % qui sont au courant des possibilités offertes par le commissaire aux restructurations et à la prévention des difficultés en entreprise. Un regret pour le président du cabinet ARC qui déplore également "que malgré des efforts notables des institutions, il existe une part des entreprises qui pourraient être sauvées si elles allaient plus tôt vers la conciliation ou la sauvegarde. Une estimation précise est difficile à chiffrer mais le phénomène est bien réel, il manque aux dirigeants de petites structures tant la connaissance des leviers que celle de les actionner suffisamment tôt".

 

Biens seules

 

Denis Le Bossé a également précisé que les "TPE-PME continuent de manquer structurellement de fonds propres et ne connaissent pas suffisamment les dispositifs mis en place par les pouvoirs publics pour les accompagner en cas de difficultés". Alors même que pour plus d’1 entreprise sur 2 (59 %), les banques se désengageront vis-à-vis des TPE/PME qui n’ont pas encore remboursé leur PGE utilisé.

Le dirigeant du cabinet ARC nous a précisé que les "TPE et les PME souffrent de leur rapport de force avec leurs clients, dans lequel elles sont parfois tétanisées à l’idée de les relancer afin d’obtenir paiement de leurs factures. Elles ont peur de perdre des parts de marché en se comportant de la sorte". En conséquence, l’utilisation de la pratique de l’affacturage a augmenté de 10 points et est désormais pratiquée par 43 % des répondants. Ils sont pourtant 84 % à considérer qu’elle est trop coûteuse et rogne sur leurs marges.

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