Macro-économie / Taux / AIE / pétrole / OPEP
Macro-économie / Taux
AIE / pétrole / OPEP
Le baril de pétrole fige avec l'hiver / L'effet des sanctions européennes sur le pétrole russe est encore inconnu
La ligne de front se fige dans le conflit ukrainien avec l'arrivée de l'hiver, du côté de l'or noir l'Opep campe également sur ses positions. Le cartel n'a toujours pas lâché Moscou depuis le début de sa guerre d'invasion, son dernier rapport mensuel sur le pétrole fait état de prévisions de demande inchangées pour 2022 et 2023.
On ne peut pas dire que l’Opep et ses alliés cherchent à refroidir le baril, au contraire ils essayent de le réchauffer en ayant massivement réduit leur production. Ses membres, comme ils s’y étaient engagés, ont en effet réduit de 710 000 barils par jour (bpj) leur production entre octobre et novembre. Pourtant les cours du baril restent plus proches des 80 dollars le baril que de la barre des 100 dollars. Il faut dire que c’est un sérieux coup de froid qui est porté à l’économie mondiale avec les politiques de resserrement monétaire menées de par le globe.
La question russe
Il faudra sans doute attendre qu’elles soient achevées pour voir le cours des hydrocarbures remonter, ou bien que la Chine sorte de la torpeur dans laquelle la pandémie l’a plongée. La question de l’efficacité du plafonnement du prix du pétrole russe se pose également. Energy Intelligence rapporte que l’empire du Milieu "pourrait prendre jusqu'à 400 000 barils par jour de pétrole brut supplémentaire en provenance de Russie, voire davantage, selon les traders ". Une action qui pourrait survenir dès lors que " les marchés physiques du brut se stabilisent et que les acteurs du marché trouvent des moyens de respecter ou de contourner le plafond de prix du G7 et les restrictions d'expédition qui en découlent ".
L’Inde pourrait également venir à la rescousse de Vladimir Poutine, le président russe, en ayant la capacité de prendre jusqu'à 1,5 million bpj de la Russie, selon Energy Intelligence. Aujourd’hui le pays dirigé par Narendra Modi a d’ores et déjà porté ses chargements à 1 million bpj en novembre et à environ 1,3 million bpj au cours des 11 premiers jours de décembre. Une aide précieuse quand on sait que l’Union européenne achetait pour près 700 000 bpj en octobre.
Coup d’arrêt durable ?
L’Agence internationale de l’énergie (AIE) est quant à elle plus nuancée sur une nouvelle hausse du cours l’or noir. Son dernier rapport parle d’une "croissance de la demande [qui] ralentira à 1,6 million bpj en 2023, contre 2,1 millions bpj cette année, car les vents contraires économiques croissants entravent les gains ". L’institution dirigée par Fatih Birol met en avant des perspectives qui se sont détériorées et surtout le fait que "la consommation mondiale de pétrole au 4T22 se contractera (-240 kb/j) par rapport à l'année dernière". La liste des mauvais augures est longue puisqu’à la fois "la faiblesse persistante de l'économie chinoise, la crise énergétique de l'Europe, la montée en flèche des produits et la force du dollar américain sont autant de facteurs qui pèsent lourdement sur la consommation".
L’AIE croit en l’efficacité des sanctions européennes et table sur une baisse d’un million de bpj de l’offre mondiale de pétrole d’ici la fin de l’année. Une nouvelle peu rassurante alors que les stocks mondiaux observés ont encore diminué en septembre, de 14,2 mb cette fois-ci. "Les stocks de l'OCDE et des pays non-membres de l'OCDE ayant plongé de 45,5 mb et 19,3 mb, respectivement", ce qui fait que "les stocks totaux de pétrole de l'OCDE sont passés sous la barre des 4 000 mb pour la première fois depuis 2004".
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

