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Macro-économie / Taux / Banque centrale européenne / Inflation / taux d'intérêt

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Banque centrale européenne / Inflation / taux d'intérêt

Zone euro : l’inflation ne rentrerait pas dans le tube avant plusieurs années / La Banque centrale européenne va mettre toutes ses forces dans la bataille

Jusqu’en 2025, au moins, l’inflation dépassera l’objectif de l’institution de Francfort. Si bien qu’en plus d’augmenter encore "sensiblement" ses taux directeurs, la Banque centrale européenne va commencer à se délester, à compter de mars prochain, des milliers de milliards d’euros d’obligations publiques et privées qu’elle a acquises depuis près d’une décennie.
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne - Arne Dedert/ZUMA Press/ZUMA/REA
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne - Arne Dedert/ZUMA Press/ZUMA/REA

Elle est loin d’être parvenue à ses fins contre l’inflation. Tandis que la Banque centrale européenne (BCE) a haussé ses taux d’intérêt directeurs de 250 points de base depuis le début du second semestre (le taux de la facilité de dépôt se situe à 2 % depuis aujourd’hui), elle projette encore de les augmenter "sensiblement à un rythme régulier", a déclaré cet après-midi, Christine Lagarde, présidente de la BCE, à l’occasion d’une conférence de presse.

L’objectif ? "Atteindre des niveaux suffisamment restrictifs pour assurer un retour au plus tôt de l’inflation vers l’objectif de 2 % à moyen terme", a fait valoir la Française. Avec la décision qu’il a annoncé aujourd’hui d’augmenter les taux directeurs de 50 points de base, le Conseil des gouverneurs a placé le taux de dépôt (le taux sur lequel s’ancrent les marchés monétaires en période d’excédent de liquidités massif) à un niveau équivalent au taux d’intérêt nominal neutre (celui qui ni ne freine ni ne soutient l’activité). Les hausses de taux d’intérêt ne sont donc pas encore terminées. Et pour cause, l’inflation se révèle particulièrement persistante en zone euro, d’après ce que montrent les dernières prévisions de la BCE.

Selon les économistes de l’institution de Francfort, l’inflation moyenne devrait atteindre 6,3 % en 2023, 3,4 % en 2024 et 2,3 % en 2025, ce qui constitue des révisions haussières significatives par rapport à leurs prévisions de septembre (5,5 % en 2023 et 2,3 % en 2024). "L’inflation demeure beaucoup trop forte et devrait rester supérieure à l’objectif [2 % l’an à moyen terme ndlr] pendant une trop longue période", a indiqué Christine Lagarde.

Il semblerait que ce soit, notamment, la dynamique affichée par les salaires en zone euro qui ait conduit à une importante réévaluation des perspectives d’inflation. "La croissance des salaires se renforce, soutenue par des marchés du travail robustes et un certain rattrapage des salaires pour compenser la forte inflation", a avancé la grande argentière, qui a précisé que "comme ces facteurs devraient rester en place, les projections des services de l'Eurosystème prévoient que les salaires progressent à des taux nettement supérieurs aux moyennes historiques et poussent l'inflation à la hausse tout au long de la période de projection".

Lorsque l’on se plonge dans les prévisions publiées par la BCE, on remarque que ses économistes anticipent désormais une augmentation bien plus rapide qu’avant des coûts salariaux unitaires (croissance des salaires ajustée des gains de productivité) - une variable cruciale pour prévoir l’inflation issue des services. Ils s’attendent à ce qu’ils progressent de 5 % en 2023, 3,1% en 2024 et 2,6 % en 2025 (contre respectivement 4,1 % et 2,2 % auparavant).

En plus d’agir sur les taux d’intérêt directeurs, le Conseil des gouverneurs va doper son recours à l’arme bilantielle (il y fait déjà appel au travers de la modification des paramètres des TLTRO) pour durcir les conditions financières.

En effet, son stock d’obligations publiques et privées va diminuer, a annoncé Christine Lagarde. Dans le détail, les tombées de titres acquis au titre du programme APP (programme historique d'achat d'actifs) vont être partiellement réinvesties à compter de mars 2023 alors qu’elles l’étaient intégralement depuis juillet 2022, date à laquelle les achats nets d’actifs ont cessé - les tombées de titres du programme d'achat d'actifs pandémique (PEPP) vont, elles, continuer à être intégralement réinvesties au moins jusqu'à fin 2024.

Pour mémoire, le stock de titres liés à l'APP pèse 3.257 milliards d'euros au sein du bilan de la BCE. "Cette réduction sera de 15 milliards d’euros par mois en moyenne jusqu’à la fin du deuxième trimestre 2023, puis son rythme sera ajusté au fil du temps", a déclaré Christine Lagarde.

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