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Macro-économie / Taux / taux d'intérêt / Zone euro / BCE

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taux d'intérêt / Zone euro / BCE

La zone euro fragmentée par la hausse des taux d’intérêt / Les entreprises européennes y sont exposées très différemment

La dette de chaque entreprise de la zone euro est affectée par la hausse des taux d’intérêt de ces derniers mois. D’autant plus que certains pays tels que l’Espagne ou l’Italie, voient leurs sociétés non financières avoir bien plus recours à de la dette à taux variable et à court terme que celles françaises et allemandes. Ce qui fait dire à la Banque de France que la hausse actuelle des taux directeurs devrait conduire à ce qu'au sein des pays précédemment cités, la hausse associée se fasse à des vitesses très différentes.
Drapeaux de l'UE.  Frederic MAIGROT/REA
Drapeaux de l'UE. Frederic MAIGROT/REA

L'union bancaire au sein de la zone euro passera peut-être par un usage plus important des taux variables. En attendant, Berlin et Paris voient leurs entreprises nationales bénéficier d'un usage plus important des taux fixes. Actuellement, ce sont près de 83 % des dettes des entreprises hexagonales et  80 % de celles Outre-Rhin qui sont à taux fixes. Là où du côté de Madrid et de Rome les proportions sont respectivement de 62 % et de 47 %. Ce qui conduit inévitablement à une hausse, simulée par la Banque de France, du taux d’intérêt moyen de leur dette différente ; seulement + 0,7 % dans l’Hexagone et  + 0,8 % en Allemagne, contre + 1,4 % en Italie et  + 1,2 % en Espagne.

 

Un Hexagone à nul autre pareil


Cependant, les similitudes avec le voisin allemand s’arrêtent en partie ici. La Banque de France rappelle à juste titre que "les entreprises françaises se distinguent par la part importante des titres de dette dans leur passif financier : 30% de leur dette consolidée à fin 2021, contre 10 à 15% pour les trois autres pays étudiés".  Cette proportion grimpe jusqu’à 41 % dans le périmètre du Bulletin n°243 d'octobre-novembre 2022.

Une composition qui s’accompagne d’une maturité moyenne assez longue :  avec "plus du tiers (38%) des montants empruntés " qui sont à rembourser dans plus de cinq ans. La Banque de France se félicite de ces composantes de la dette des entreprises hexagonales puisqu’elle est à même de leur garantir "une certaine stabilité du coût de la dette ". Ce qui est logique puisqu’une large partie de leur passif va bénéficier de ces taux d’intérêt bien plus avantageux. La question est toutefois de savoir jusqu’à quand les taux élevés persisteront. Les taux d’intérêt des entreprises tricolores ne pourront rester éternellement à ces niveaux si la situation perdure.

 

Un taux d’intérêt pour les diviser


Alors que jamais l’Europe des nations n’a parue aussi unie que depuis le début du conflit ukrainien, l’Europe des entreprises raconte, elle, une tout autre histoire. La Banque de France dresse ainsi plusieurs scénarios théoriques qui "couplé[s] à une méthode de projection financière simple, met[tent] clairement en évidence la relation entre structure de dette et sensibilité aux taux ". Ainsi, "le profil de dette à maturité longue et à taux fixe, typique des entreprises françaises et allemandes " leur permet de fait de bénéficier d’une "certaine inertie de la charge financière en cas de hausse des taux courts ", mais les expose "à des taux plus élevés liés à leur exposition au long terme".

Là où Rome et Madrid et leurs entreprises avec leurs durations plus courtes et leurs taux davantage variables ont une "sensibilité aux taux longs [qui] est moindre ", mais a contrario chaque "hausse des taux courts les pénalise très vite". Tout en leur permettant de bénéficier plus rapidement d’une embellie de la courbe des taux courts.

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