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Contre vents et marées, l’économie chinoise résiste / Et 2023 démarrerait sur les chapeaux de roues
Contre toute attente, l’économie chinoise a résisté durant les trois derniers mois de l’année. Son Produit intérieur brut (PIB) s’est stabilisé par rapport aux trois mois précédents, montrent des données publiées par le Bureau national des statistiques (BNS). Le consensus des prévisionnistes s’attendait à un recul de 1,1 % eu égard aux mesures de restriction prophylactiques en vigueur pendant une large partie de l’automne (elles furent relâchées en décembre). Sur l’ensemble de l’année, la croissance du PIB chinois ressort à 3 %, soit un chiffre au plus bas depuis quarante-six ans si l’on exclut la pandémie (2,2 % en 2020).
Etrange résistance
Le comportement de l’économie chinoise, ou du moins les données officielles publiées, malgré ce puissant vent contraire interroge. "Même en tenant compte d'un mois de décembre meilleur que prévu, les données sont cohérentes avec un net ralentissement au dernier trimestre", souligne Julian Evans-Pritchard, économiste chez Capital Economics.
Plus concrètement, la moyenne pondérée des séries mensuelles sur la production de l'industrie et des services, qui capture d’ordinaire plutôt fidèlement la dynamique du PIB officiel, indique "une expansion beaucoup plus faible, à 0,5 % en glissement annuel [contre 2,9 % d’après le BNS, ndlr], ce qui implique une importante contraction d’un trimestre sur l’autre ", souligne-t-il.
Rebond franc
Reste que depuis quelques semaines, les signaux envoyés par l’économie chinoise sont de bon augure (notamment ceux envoyés par les données à haute fréquence qui mesurent notamment la mobilité des personnes). "Comme les ventes au détail ont été plutôt élevées en décembre, même avec le grand pic des cas de Covid, nous pensons qu’elles le seront encore plus au premier trimestre 2023. Il pourrait même y avoir un bond de l'activité", estime Iris Pang, cheffe économiste chez ING. Pour ce qui est de l’industrie manufacturière, "il est peu probable qu'il y ait de nouvelles perturbations logistiques, car nous n'envisageons pas de nouveaux confinements ", juge-t-elle.
Enfin, la politique économique pourrait donner un coup de main. "Les gouvernements locaux seront en mesure de consacrer plus de temps et de ressources fiscales aux investissements dans les infrastructures", estime Iris Pang, qui a légèrement revu à la hausse ses prévisions de croissance pour l’Empire du Milieu à 5 % pour 2023.
Un regain d’optimisme partagé par Julian Evans-Pritchard qui anticipe, lui, une progression de 5,5 % de l’activité économique cette année. La Banque mondiale quant à elle prévoit une hausse de 4,3% du PIB.
L'objectif de croissance du gouvernement chinois sera connu en mars.
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