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Europe : une réouverture chinoise opportune ou fâcheuse ? / Les effets sur la croissance et l’inflation s’annoncent contraires

La réouverture de la deuxième économie du monde liée à l’abandon de sa stratégie zero-covid devrait avoir des effets bénéfiques sur une activité européenne apathique et néfastes sur une inflation déjà très élevée. Un simple jeu à somme nulle ?
Olaf Scholz, Chancelier fédéral d'Allemagne et Xi Jinping, président de la République populaire de Chine - Kay Nietfeld/ZUMA Press/ZUMA/REA
Olaf Scholz, Chancelier fédéral d'Allemagne et Xi Jinping, président de la République populaire de Chine - Kay Nietfeld/ZUMA Press/ZUMA/REA

L’abandon par la Chine de sa stratégie zero-covid est l’un des évènements économiques majeurs de l’année 2023. Alors que la croissance de l’empire du Milieu devrait être gonflée un à deux points de pourcentage, la décision du gouvernement chinois devrait générer nombre d’effets de bord pour l’économie européenne.

D’une part, l’accélération de la croissance économique chinoise va influer à la hausse sur ses importations et donc sur les exportations, ainsi que la croissance, européennes. En zone euro, les exportations à destination de la Chine représentent 1,5 point de Produit intérieur brut (PIB) – près de 3 points de PIB en Allemagne contre moins d’un point en France et en Italie. Les exportations du Vieux continent vont aussi bénéficier de manière indirecte du rebond de l’Empire du Milieu à travers la hausse de la demande de la Chine adressée à d’autres économies, notamment, asiatiques qui vont ensuite augmenter leurs importations européennes (les exportations de la zone euro à destination de l’Asie hors Chine pèsent près de 3,5 points de PIB).

Concrètement, "nous estimons qu'une hausse de 1 % de l'activité chinoise augmente en moyenne le PIB en volume de la zone euro d'environ 0,2 % après un an", expliquent Sven Jari Stehn et Alexandre Stott, économistes chez Goldman Sachs, qui voient dans cet évènement un facteur pouvant empêcher la zone euro d’entrer en récession – la banque américaine anticipe une croissance du PIB de la zone euro de 0,6% cette année quand le consensus escompte un recul de 0,1%.

Le redémarrage de la deuxième économie du monde ne sera également pas neutre sur l’inflation du Vieux continent, compte tenu de son appétit en termes de matières premières. L’évolution du prix de l’une d’elles a particulièrement mis en difficulté l’Europe cette année : celle du gaz naturel.

La course à la reconstitution des stocks en prévision de l’hiver prochain au moment où la Chine va voir sa demande de gaz naturel liquéfié croître pourrait bien peser fortement à la hausse sur le prix du mégawattheure. "Bien que notre équipe chargée des matières premières ait revu à la baisse ses prévisions pour le gaz européen, notamment en réponse au temps plus chaud, la demande plus forte de la Chine est une raison importante pour laquelle nous prévoyons toujours une nouvelle hausse des prix du gaz jusqu'à 100 euros le mégawattheure en été", indique-t-on chez Goldman Sachs.

L’autre effet sur l’inflation pourrait se transmettre à travers les chaînes d'approvisionnement mondiales. La réouverture de la Chine peut faciliter l’atténuation des tensions qui les affecte ou les prolonger : cela dépend si l'offre chinoise est plus lente à revenir à la normale que la demande. "Si le brusque revirement de la Chine sur la politique Covid a initialement entraîné une grande vague d'infections et une baisse de la mobilité, il semble que le pic des cas quotidiens soit déjà passé et que la mobilité commence à se rétablir", analyse Goldman Sachs, qui s’attend donc à  "des perturbations limitées et de courte durée de l'offre pendant la réouverture".

A la lumière de ces différents éléments, la réouverture chinoise aurait des effets minimes sur l’inflation de la zone euro, d’après les calculs de Goldman Sachs. Cela pourrait générer un gain de "seulement" 5 points de base (0,05 point de pourcentage) sur l’inflation sous-jacente (hors énergie et alimentation) de la zone euro au cours de l’année 2023. Une goutte d'eau alors que la Banque centrale européenne (BCE) anticipe qu'elle atteindra 4,2% en moyenne cette année. Interrogée sur le sujet lors du Forum économique de Davos, Christine Lagarde, présidente de l'institution de Francfort, a indiqué que la réouverture de la Chine renforcerait les pressions inflationnistes afférentes aux prix de l'énergie, mais n'a pas évoqué son ampleur. "Les économistes de la BCE s'essaient à modéliser l'impact", a-t-elle fait savoir.

 

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