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Société Générale / BNP Paribas / Crédit Agricole SA / CASA
BNP Paribas devrait encore s’illustrer lors des publications de résultats / Le Livret A pénalise davantage Société Générale
La saison des résultats du quatrième trimestre se rapproche pour les grandes banques françaises cotées en Bourse. Elle débutera avec BNP Paribas le 7 février, suivie par Société Générale le 8 puis Crédit Agricole SA (CASA) le 9. La physionomie des comptes des trois établissements pourrait ressembler à celle du troisième trimestre, les deux premières montrant une bonne dynamique opérationnelle tirée par la forte croissance de leurs revenus, CASA étant davantage en retrait.
"Compte tenu de la part importante des revenus liés aux actifs sous gestion de Crédit Agricole SA, nous prévoyons que le troisième trimestre sera marqué par une baisse de ses revenus, la performance des marchés actions et obligataires étant fortement négative", anticipent les analystes d’UBS dans une récente étude. Ils s’attendent en revanche à ce que l’activité de Crédit agricole Corporate and Investment Bank (CACIB), l'entité de banque de financement et d'investissement du Crédit Agricole, "reste forte".
Une BFI porteuse
Ces mêmes activités de banque de financement et d’investissement devraient d’ailleurs continuer à porter les résultats de sa consœur BNP Paribas, qui demeure "le premier choix" des analystes d’UBS pour ces publications de résultats du secteur bancaire français. Outre la bonne santé de la BFI de la banque dirigée par Jean-Laurent Bonnafé, UBS apprécie "la faible exposition" de l’établissement "aux vents contraires domestiques français". La banque suisse souligne par ailleurs "l'imminence d'un catalyseur". Il s’agira en l’espèce de la vente de la filiale américaine Bank of the West, qui doit déclencher une distribution extraordinaire sous forme de rachat d'actions après la réalisation de l'opération afin de compenser la dilution attendue du bénéfice net par action.
S’agissant de Société Générale, "en dépit d'une certaine décélération saisonnière", UBS prévoit "des résultats solides, principalement grâce à la résilience des revenus des activités de marchés (et principalement des produits structurés)", mais aussi de la bonne tenue de la filiale ALD spécialisée dans la location longue durée et la gestion de parc automobile. Dans la banque de détail en France, la banque helvète s’attend à une légère baisse séquentielle du revenu net d’intérêt de l’établissement dont Slawomir Krupa prendra bientôt la tête à la place de Frédéric Oudéa. La raison ? Le plafonnement par la loi du taux d’usure, c’est-à-dire le taux maximal, tous frais confondus, auquel une banque a le droit de prêter de l'argent, tandis que la banque subit en même temps la hausse des taux des produits d'épargne réglementés, en particulier le Livret A.
Poids du Livret A
Le sujet va demeurer prégnant en 2023, alors que l'augmentation du taux du Livret A de 2% à 3% prévue en février va maintenir la pression sur les résultats net d’intérêt des banques françaises. Avec cette nouvelle hausse, le taux du Livret A aura alors progressé de 100 points de base depuis août 2022, et de 250 points de base depuis un an tout juste. L'impact "devrait être le plus élevé chez Société Générale avec une charge supplémentaire de 235 millions d’euros, en raison d'une part plus importante d'encours", prévoit UBS.
De leur côté, CASA et BNP Paribas devraient subir une charge supplémentaire d'environ 120 millions d’euros en 2023. Dans le compte de résultats, cela devrait se traduire par 5% de bénéfice en moins pour Société Générale cette année, 2% pour CASA, BNP Paribas étant relativement peu affecté avec un impact sur son bénéfice limité à 1%.
Trajectoires de capital différentes
Concernant la situation en capital des établissements, "les ratios de fonds propres des banques françaises afficheront des trajectoires divergentes au cours des deux prochains trimestres", prévoit UBS, alors que "les investisseurs ne verront probablement pas de mouvements significatifs au quatrième trimestre 2022". La finalisation des deux principales opérations clés devant influer sur la solvabilité – la cession de Bank of the West par BNP Paribas et la fusion de la filiale ALD de Société Générale avec Leaseplan - n’interviendra en effet qu’au premier trimestre de cette année.
Une fois réalisées ces opérations, le ratio de solvabilité common equity tier 1 (CET1) de BNP Paribas, tournera autour de 13%, lui "conférant un excédent de capital substantiel et une marge de manœuvre stratégique", note UBS. En revanche, "le CET1 de Société Générale de 12,5% et le CET1 de CASA d’un peu moins de 11% à l'horizon 2023 n'offrent pas un grand degré de flexibilité selon nous", pointe la banque suisse.
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