Macro-économie / Taux / Zone euro / croissance / PMI
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Zone euro / croissance / PMI
La zone euro sortirait la tête de l’eau / La croissance ferait son retour
Le début de l’année 2023 est placé sous le signe de la surprise pour la zone euro. Alors que le consensus des prévisionnistes s’attendait à une nouvelle contraction de l’activité économique privée, cette dernière s’est affichée, en janvier, en croissance pour la première fois depuis juin dernier, d’après les résultats préliminaires de l'enquête de S&P Global conduite auprès des directeurs d’achats (PMI). L’indice PMI Composite (il capture l’ensemble de l’économie privée) s’est établi à 50,2 points, contre 49,3 points en décembre – un nombre supérieur à 50 représente une augmentation de l’activité par rapport au mois précédent.
Dans le détail, cette croissance fut portée par les secteurs de la technologie (tant le matériel que les services informatiques), de la santé et pharmaceutique. L’activité des services industriels est repartie à la hausse, tandis que les contractions ont fortement ralenti dans les secteurs des services financiers, englobant notamment le secteur de l’immobilier, et des ressources de base, rapporte l’enquête.
Après six mois consécutifs de recul de l’activité, tel que mesuré par S&P Global, le pire serait-il derrière la zone euro ?
"La contraction pourrait en effet avoir culminé en octobre, lorsque les craintes relatives à une crise énergétique ont commencé à s’estomper, grâce notamment à la baisse des prix, elle-même favorisée par des températures particulièrement clémentes et des aides gouvernementales généreuses", analyse Chris Williamson, chef économiste chez S&P Global Market Intelligence. Pour ne parler que d'eux, les prix du gaz naturel sur le TTF - principale plateforme gazière d'Europe – ont dégringolé de moitié depuis la fin octobre, à cause de la moindre demande lié d’une part au niveau des prix (des efforts ont été faits pour réduire la consommation) et d’autre part à la douceur de la météo – ils s’affichent désormais à 65 euros le mégawattheure.
Les directeurs d’achat voient davantage l'avenir en rose. De fait, l’indice des perspectives d’activité à douze mois a enregistré sa plus forte progression mensuelle depuis juin 2020. "Les prévisions de croissance se sont ainsi améliorées pour un quatrième mois consécutif, le degré de confiance ayant atteint, en janvier, son plus haut niveau depuis mai 2022. L’optimisme s’est renforcé dans les deux secteurs couverts par l’enquête, ainsi que dans l’ensemble de la zone euro (France, Allemagne et reste de la région)", indique S&P Global. Cette amélioration serait influencée par la réouverture de l’économie chinoise dont on sait à quel point les entreprises du Vieux continent pourraient profiter.
Conséquence de cet espoir ravivé, l’emploi a de nouveau augmenté en janvier ; le taux de création de postes a atteint un sommet de trois mois. La résilience du marché du travail, notamment en zone euro (le taux de chômage est au plus bas historique) , était l'un des points saillants avancés au Forum économique mondial de Davos pour justifier le moindre pessimisme sur les perspectives économiques.
En tout état de cause, toute phase de contraction dans la région devrait en effet être nettement moins sévère qu’initialement anticipé et les données suggèrent qu’une récession dans la zone euro pourrait purement et simplement être évitée, indique Chris Williamson. Un avis plutôt partagé par Rory Fenessy, économiste chez Oxford Economics qui, néanmoins, ne s'attend pas à une forte reprise de la croissance au second semestre 2022 car "l'impact des hausses de taux agressives de la Banque centrale européenne continuera de se répercuter sur l'économie, pesant sur l'investissement fixe privé et faisant baisser les prix des logements".
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