Macro-économie / Taux / Réforme des retraites / PIB / Emploi / France
Macro-économie / Taux
Réforme des retraites / PIB / Emploi / France
Pourquoi la réforme des retraites va bien au-delà de l’équilibre du régime / L’économie et les finances publiques ne devraient pas y rester indifférentes
Peut-être n'est-ce pas assez souligné mais outre son impact sur le solde du régime, la réforme des retraites aura des retombées sur le plan macroéconomique. C’est en tout cas ce qu’indique l’étude d’impact présentée par le gouvernement à l’occasion du dernier Conseil des ministres. En effet, augmenter l’âge d’ouverture des droits à la retraite de deux ans (il passe de 62 ans à 64 ans) n’est pas sans conséquence sur l’économie.
De fait, les personnes proches de la retraite et étant en emploi seraient contraintes de sortir plus tardivement du marché du travail. De sorte que, le nombre de personnes en emploi âgées de 55 à 64 ans augmenterait de plus de 100 000 en 2025 et atteindrait 300 000 en 2030 sous l’effet de la réforme (près de 350.000 en 2035 par rapport à une situation sans réforme). "La grande majorité de ces actifs supplémentaires par rapport à une situation hors réforme est âgée de plus de 60 ans", précise l’étude.
Le taux d’emploi chez les personnes dont l’âge est compris entre 60 à 64 ans augmenterait de 2 points en 2025 et de 6 points à partir de 2030. Si bien que conjuguée à la hausse de la durée d’assurance requise (la durée de cotisation va progressivement être allongée pour atteindre 43 ans de cotisation à compter de 2027), la hausse de l’âge d’ouverture des droits à la retraite au rythme d’un trimestre par génération permettrait, à long terme, d’augmenter le taux d’emploi de la population générale de 0,6 point.
Croissance dopée
La richesse produite chaque année par la France étant en partie fonction de la quantité de travail injectée, le surplus de Produit intérieur brut (PIB) lié à la réforme atteindrait 0,7 % en 2027 puis de 1,1 % en 2030, ce qui correspondrait à une croissance économique annuelle supplémentaire de 0,10 point de pourcentage. Par voie de conséquence, la hausse du PIB favoriserait "la tenue de l’objectif de trajectoire des finances publiques et le financement des défis d’avenir", fait valoir l'étude d'impact.
Il y a tout juste un an, des travaux de la direction générale du Trésor dévoilés par sa cheffe économiste Agnès Bénassy-Quéré au Conseil d'orientation des retraites, montraient qu'à long terme, l'impact d'une telle réforme serait deux plus fois plus important sur le solde de l'ensemble des administrations publiques (environ 1 point de PIB) que sur celui du seul régime des retraites du fait de la hausse des recettes en tout genre dont jouirait la puissance publique (impôts mais aussi cotisations liées à l'ensemble des risques sociaux).
Enrichissement relatif à venir ?
Compte tenu de la hausse du nombre d’actifs employés, le PIB par habitant pourrait également se voir affecté positivement par cette réforme. Pour mémoire, les difficultés rencontrées par le pays des Lumières pour mobiliser sa main-d’œuvre, aux deux extrémités du spectre, sont l’une des raisons derrière l’appauvrissement des Français par rapport aux Allemands observé ces deux dernières décennies.
Ainsi, depuis 2001, le PIB par tête en volume (en parité de pouvoir d'achat) a progressé près de deux fois plus vite outre-Rhin notamment car, sous l'effet de plusieurs réformes, le marché de l’emploi allemand a su absorber une plus grande proportion de la population en âge de travailler.
Résultat : s'il y a vingt ans, le niveau de vie moyen dans l’Hexagone représentait 92,6 % du niveau de vie moyen en Allemagne, il n’en pèse désormais plus "que" 85,1 %.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

