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Drôle d’année pour le métal jaune / Toujours plébiscité mais plus pour les mêmes raisons
L’invasion de l’Ukraine n’aura épargné aucun pan de l’économie et aucune nation. L’or ne fait pas exception et ce d’autant plus que la Russie en était le deuxième producteur avant le début de conflit. Une donne à ne pas négliger au vu des besoins croissants à des fins industrielles ces dernières années. Le World Gold Council (WGC), dans son rapport annuel, estime effectivement que le repli de la demande en provenance du secteur technologique provient avant tout d’une " forte baisse au quatrième trimestre". Une conséquence directe de "la détérioration des conditions économiques mondiales [qui] a freiné la demande en électronique grand public", et qui pourrait s'estomper dès que l’économie redressera la tête.
Les premiers signes pourraient venir des exportations de smartphones qualifiées comme un " instantané pertinent " et pour lesquelles les dernières données "suggèrent une chute de 17 % en glissement annuel au quatrième trimestre et une baisse de 11 % des expéditions annuelles". Ce qui est en pleine cohérence avec la baisse de 18 %, en un an, de l’utilisation de l’or dans le secteur de l’électronique.
Le cas indien
Parmi les conséquences de l’appétit toujours grandissant pour le métal jaune, le marché du recyclage de l’électronique usagée a explosé ces dernières années. Couplé à des effets de change favorable à l’or contre la roupie, cela a conduit " l’offre de recyclage [en Inde] a augmenter de près de 40 % en glissement annuel et d’environ 60 % en glissement trimestriel (pour le Q4, ndlr)".
À un niveau plus global, le WGC note que "la demande d’or indienne est restée robuste par rapport aux niveaux pré-pandémie à long terme." Malgré une hausse des prix locaux, qui si elle a stimulé le recyclage du métal, a d’un autre côté fini par étouffer la demande locale "au cours des dernières semaines de décembre."
Certains des effets aperçus sur le sous-continent indien sont également visibles en Europe. Notamment, en ce qui concerne le recyclage qui a augmenté de 8 % en glissement annuel au quatrième trimestre 2022, là encore en raison d’arbitrages de change. Cette matière première étant disponible en quantité finie sur le globe, il est fort à parier que sa réutilisation continue à susciter autant d’intérêt.
Sanctions endiguées
L’antagonisme croissant entre les États-Unis et l’Empire du milieu n’y est également pas pour rien et le WGC avance que " les sanctions américaines contre Huawei ont laissé les fabricants d’appareils avec des stocks importants d’amplificateurs de puissance, les obligeant à ajuster leurs commandes à la baisse en conséquence ". Des effets qui devraient s’estomper à compter du milieu de l’année 2023 et l’institution fait le pari que " le besoin à plus long terme de puces sans fil haut de gamme dans diverses applications stimulera presque certainement une reprise de la demande."
Le réveil de la Chine en matière de production, 13 % supplémentaire en un an, aura permis de compenser les pays diminuant la leur, dont la Russie de près de 8 %. Une tendance qui pourrait bien ne pas durer puisque le WGC table sur le fait que la "production chinoise reprenne sa tendance à un léger déclin au cours des prochaines années, le renforcement de l’application des lois environnementales entraînant la fermeture de certaines petites exploitations." De manière globale c’est "un certain nombre de pays [qui] ont signalé une baisse de la production minière au quatrième trimestre", dont font partie le Mexique ou la Colombie par exemple.
Sans lendemain
Une offre qui commencerait donc à flancher mais qui pourrait continuer à satisfaire la demande, puisqu’une de ses composantes importantes de l’an passé aura du mal se maintenir. Il s’agit des Banques centrales pour lesquelles " il sera difficile d’égaler 2022" et ce bien que leur demande "reste difficile à prévoir, en partie parce qu’elle peut être dictée par des politiques et ne répond pas toujours aux facteurs économiques les plus courants que nous utilisons pour analyser les autres secteurs", avance le WGC.
Malgré ces incertitudes, il est jugé probable qu’un " ralentissement de la croissance des réserves totales [soit] susceptible d’exercer une pression sur certaines banques centrales" et modère les achats d'or cette année.
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