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Macro-économie / Taux / Banque centrale européenne / Inflation / taux d'intérêt

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Banque centrale européenne / Inflation / taux d'intérêt

Que nous prépare la BCE pour demain ? / Le comportement de l’inflation ne lui laisse que peu d’options

Les dernières nouvelles de janvier du front des prix à la consommation européens ne sont pas de nature à amender sa trajectoire de resserrement monétaire. Une nouvelle hausse de 50 points de base des taux d’intérêt directeurs pourrait s’accompagner d’informations sur la façon dont elle compte diminuer la taille de son gigantesque bilan.
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne - Hannes P Albert/ZUMA Press/ZUMA
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne - Hannes P Albert/ZUMA Press/ZUMA

Le début de l’année 2023 devrait furieusement ressembler à la fin de 2022 pour la Banque centrale européenne (BCE). Alors que son Conseil des gouverneurs se réunit demain, il est escompté que la hausse des taux d’intérêt directeurs se poursuive.

Le marché anticipe qu’elle atteindra de nouveau 50 points de base (soit une hausse de 300 points de base depuis juillet dernier), ce qui porterait le taux de la facilité de dépôt à 2,50 %, soit 0,50 point au-dessus du niveau à partir duquel la politique monétaire commence à avoir des effets restrictifs sur l’activité (le taux d’intérêt nominal neutre est estimé autour de 2 % en zone euro).

" Les données relatives à l’activité ont été plus résilientes que prévu, sous l’effet de la forte baisse des prix du gaz, mais aussi de la résistance persistante du secteur des services, tandis que l’inflation reste beaucoup trop élevée pour que la BCE laisse entrevoir un ralentissement du rythme du resserrement", avance Frederik Ducrozet, chef économiste de Pictet Wealth Management.

Si en janvier, l’inflation annuelle s’est affichée en baisse à 8,5 % (contre 9,2 % décembre), cela n’est pas de nature à rassurer les banquiers centraux et ainsi modifier la trajectoire de durcissement de la politique monétaire. En effet, cette baisse est le pur produit du reflux des prix de l’énergie (ils ont augmenté de 25,5 % sur un an en décembre contre 17,2 % en janvier).

Ce qui implique que l’inflation sous-jacente, indicateur avancé de l’évolution des prix à la consommation, est toujours aussi élevée (5,2 %) et bien au-delà du niveau compatible avec un retour d’une inflation de 2 % l’an au regard des conditions financières en vigueur. "Des données publiées ce matin ont montré que le taux de chômage de la région était inchangé à seulement 6,6 % en décembre, un marché du travail tendu devrait donc maintenir la croissance des salaires et l’inflation des services à un niveau élevé cette année", prévoit Jack-Allen Reynolds, économiste senior chez Capital Economics.

Demain, la BCE pourrait également donner des informations supplémentaires concernant le déroulement de son quantitative tightening (resserrement quantitatif). Pour mémoire, elle avait annoncé en décembre qu’à compter du mois de mars, elle renoncerait à réinvestir mensuellement 15 milliards d’euros de titres de dette arrivant à échéance dans son portefeuille. Au sein de son bilan, la BCE dispose de 4.945,1 milliards d’euros d’obligations au titre de la conduite de la politique monétaire, obligations privées et publiques qu’elle a acquises depuis 2014 dans le cadre de ses programmes d’achats d’actifs pour assouplir les conditions de financement en vue d’atteindre son objectif d’inflation.

Jusqu’ici elle réinvestissait l’ensemble des tombées, mais lutte contre l’inflation oblige, elle souhaite réduire la taille de son bilan, ce qui constitue un autre moyen aux côtés du relèvement des taux d’intérêt de durcir les conditions de financement. Aucun détail n’a été toutefois donné sur la façon dont cette réduction sera conduite. Les économistes de Barclays anticipent que sur la période allant de mars à juin (soit 60 milliards d’euros) il y aura "environ 28 milliards d’euros via aucun réinvestissement des titres ABSPP, CBPP3 et CSPP [les trois programmes concernent des obligations privées, ndlr] arrivant à échéance et 32 milliards d’euros via la réduction des réinvestissements du PSPP [obligations publiques, ndlr]".

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