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Banque d'Angleterre / Inflation / Royaume-Uni / perspectives
Encore un tour de vis pour l’économie britannique / La Banque d’Angleterre relève ses taux pour la dixième fois d’affilée
La Banque d’Angleterre maintient le cap face à l’inflation. À l’issue d’une réunion plus agitée que les précédentes, le comité de politique monétaire a finalement adopté par 7 voix contre 2 une nouvelle hausse de 50 points de base de son taux directeur, le portant à 4 %, un niveau jamais vu depuis la crise de 2008. "L’inflation au niveau mondial reste élevée, même si elle a probablement atteint un pic dans de nombreuses économies avancées, y compris au Royaume-Uni", explique la banque centrale dans son communiqué, ajoutant que les pressions domestiques avaient été "plus fortes que prévu".
Ce tour de vis supplémentaire constitue la dixième hausse de taux d’affilée depuis décembre 2021, et s’inscrit dans le resserrement monétaire le plus rapide depuis les années 1980. Pour justifier sa décision, la Banque d’Angleterre cite notamment la hausse des salaires dans le secteur privé et la hausse des prix dans les services, deux indicateurs "nettement plus élevés" que lors des dernières prévisions en novembre.
Pour rappel, l’inflation outre-Manche culminait encore à 10,5 % au mois décembre, un chiffre de deux points supérieur à celui de la zone euro en janvier. La Banque d’Angleterre espère retomber à environ 4 % d’ici la fin de l’année, avec un objectif de long terme à seulement 2 %, sous les effets combinés de la baisse des prix de l’énergie et des perturbations sur les chaînes d’approvisionnement mondiales, alors que le marché du travail montre quelques timides signes de détente. Rien n’est gagné, rappelle cependant l’institution, qui reconnaît que "des incertitudes considérables pèsent sur les perspectives".
Vers une fin de cycle
Et ensuite ? "La question de savoir jusqu’à quel point les taux d’intérêt devront être maintenus est toutefois contestée au sein même du Comité de politique monétaire", estime Katrin Löhken, économiste chez DWS. Parmi les arguments qui plaident en faveur d’une pause dans le resserrement figurent les perspectives économiques du Royaume-Uni, seul parmi les pays avancés à être annoncé en récession en 2023, selon le FMI, si bien que "les futurs mouvements de taux d’intérêt sont envisageables, mais pas inévitables", poursuit-elle.
En effet, si les salaires et l’inflation de base persistent à la hausse, on peut s’attendre à un nouveau relèvement des taux d’intérêt, mais probablement moins important. Tout ceci fait que le cycle de resserrement de la Banque d’Angleterre pourrait bientôt arriver à son terme. Les économistes de Candriam prévoient encore une hausse de 25 points de base en mars, avant que l'institution dirigée par Andrew Bailey ne commence à envisager de desserrer l’étau, une fois que l’inflation aura reflué.
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