Macro-économie / Taux / Immobilier / Inflation / Politique monétaire
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Quand le logement conditionne la politique monétaire / La situation des ménages en la matière joue sur la vitesse de transmission
"Moi, je vais vous dire, je n’ai pas acheté, je m’en mords les doigts tous les jours ". Le ministre de l’Economie de l’époque en personne, Bruno Le Maire, regrettait le côté prohibitif des taux d’intérêt élevés pour effectuer un achat immobilier. Ce ne sont pas les économistes de la Banque centrale européenne (BCE) qui viennent de publier une note intitulée "transmission de la politique monétaire : pourquoi la situation des consommateurs en matière de logement est importante" qui le contrediront, bien au contraire.
Il faut dire qu’il s’agit d’un sujet de premier plan pour l’institut d’émission puisqu’au sein de l’Union on a d’un côté dans certains Etats-membres, "une plus grande proportion de propriétaires [qui] a souscrit des prêts hypothécaires à taux fixe, dans des pays comme l’Espagne, le Portugal et la Finlande, les prêts hypothécaires à taux variable plus flexibles étaient particulièrement populaires lorsque les consommateurs ont acquis leur maison par le passé". Et d’un autre côté on a tout un nombre de pays où "la plupart des consommateurs déclarent avoir souscrit des prêts à taux fixe pendant certaines périodes, comme les Pays-Bas ou l’Allemagne". Au sein de ces derniers, le coût des taux d’intérêt se transmet plus progressivement puisqu’il faut attendre un refinancement d’un prêt ou autre évènement pour les voir y être exposé.
Course
En d’autres termes, les auteurs arguent que "la transmission des décisions de politique monétaire a probablement été plus rapide dans les pays où la part des prêts hypothécaires à taux variable est plus importante et plus lente dans les pays où la structure du logement est moins dépendante des taux". La structure de chaque pays joue alors un rôle déterminant que ce soit le nombre de propriétaires mais également de locataires, "qui sont beaucoup plus nombreux en Allemagne qu’en Espagne, [et] ne sont pas non plus directement affectés par des remboursements hypothécaires plus élevés en raison de l’évolution des taux". Le seul canal pour un effet indirect se trouvant alors être une hausse des loyers, pour que les propriétaires répercutent une éventuelle hausse de leur prêt.
Le comportement des ménages est également impacté, puisque leurs inquiétudes concernant des anticipations de taux d’intérêt élevés se répercutent in fine sur leur appréciation du coût de la vie et vont se refléter dans les anticipations d’inflation. Les auteurs jugent que cela "est corroboré par le fait que la relation positive entre les anticipations de taux d’intérêt nominaux et les anticipations d’inflation est plus forte pour les consommateurs qui détiennent un prêt hypothécaire à taux variable et sont donc les plus exposés aux variations des taux d’intérêt ".
Peur sur les prêts
Ces mêmes consommateurs ayant des prêts hypothécaires à taux variable sont jugés comme "systématiquement beaucoup plus susceptibles de considérer que leur situation financière se détériore". De quoi voir les auteurs recommander de tenir compte des effets de contraction différés sur les ménages de la zone euro, dans les prochaines décisions de politique monétaire. Pour le moment, son efficacité est constaté et se répercute rapidement aux personnes les plus exposés à l’immobilier à taux variables avec une "augmentation des attentes de taux hypothécaires nominaux [qui] a été similaire, bien que légèrement inférieure, à l’évolution des taux hypothécaires réels sur les nouveaux prêts hypothécaires".
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