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Macro-économie / Taux / Fed / taux d'intérêt / Inflation

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Fed / taux d'intérêt / Inflation

La Fed presse le pas pour sauvegarder le marché du travail / Une première baisse de taux qui en annonce (beaucoup) d’autres

Si la Banque centrale américaine a procédé à une diminution de taux d’intérêt à l’ampleur inhabituellement élevée, elle ne prévoit pas pour autant que l’économie va entrer en récession. Reste que pour assurer un atterrissage en douceur, elle estime nécessaire d’accélérer le rythme de la normalisation de sa politique monétaire par rapport à ce qu’elle escomptait à la fin du printemps.
Jerome Powell, président de la Réserve fédérale américaine - MANDEL NGAN / AFP
Jerome Powell, président de la Réserve fédérale américaine - MANDEL NGAN / AFP

La Réserve fédérale américaine (Fed) démarre fort. Dans le cadre du début de son cycle de normalisation de sa politique monétaire, l’institution de Washington a décidé de baisser de 50 points de base son taux d’intérêt directeur (il est désormais compris entre 4,75 % et 5 %). Il s’agit d’un ajustement rarement vu hors période de crise économique ou financière. Est-ce à dire que la Banque centrale prévoit une récession dans les temps à venir ainsi que les marchés le craignaient durant l’été ?

Pas du tout. Le Comité de politique monétaire (FOMC) a fait connaître ses nouvelles projections d’activité économique et il apparaît que selon eux, le Produit intérieur brut (PIB) devrait progresser de 2 % en 2024 ainsi qu’en 2025, 2026 et 2027, soit une croissance légèrement plus rapide que son potentiel (de l’ordre de 0,2 point). Pour ce qui est du marché de l’emploi, les membres du FOMC jugent que le taux de chômage, qui s’établit aujourd’hui à 4,2 %, devrait grimper à 4,4 % fin 2025, 4,3 % fin 2026 et 4,2 % fin 2027.

Durant sa conférence de presse, Jerome Powell, président de la Fed, a confessé qu’il fallait prendre cette décision comme "un signe de notre engagement à ne pas nous laisser distancer". Comprendre : le FOMC semble préférer prévenir que guérir. L’économie est en bonne forme, a indiqué le grand argentier. Toutefois, "un large éventail d’indicateurs suggère que le marché du travail est aujourd’hui moins tendu qu’il ne l’était juste avant la pandémie de 2019", a-t-il déclaré.

"Avec la baisse de l’inflation et le refroidissement du marché du travail, les risques d’inflation ont diminué et les risques de détérioration de l’emploi ont augmenté", a-t-il ajouté. Rappelons que la Fed a un double mandat, elle doit garantir la stabilité des prix (inflation de 2 % l’an en moyenne au cours du temps) et un taux d’emploi maximal. "Nous savons qu’une réduction trop rapide de la politique monétaire pourrait entraver les progrès en matière d’inflation. Dans le même temps, une réduction trop lente de la politique monétaire pourrait affaiblir indûment l’activité économique et l’emploi", a fait valoir le grand argentier.

Cette réunion du FOMC a également été l’occasion pour ses membres de dévoiler leurs nouvelles prévisions en matière de taux d’intérêt directeur (dot plot). Pour mémoire, elles représentent la trajectoire future du taux d’intérêt directeur que chaque participant juge la plus susceptible de favoriser l’atteinte des objectifs en matière d’activité économique et d’inflation qui satisfait le mieux son interprétation individuelle du mandat. La prévision médiane des dix-neuf membres du FOMC indique que le taux d’intérêt directeur devrait se situer à 4,4 % à la fin de cette année (contre 5,1 % attendu en juin). Dans le détail, dix des dix-neuf membres du FOMC escomptent que le taux se situera dans une fourchette comprise entre 4,25 % et 4,50 % en décembre.

D’importantes révisions à la baisse sont également enregistrées pour 2025 et 2026. Alors qu’ils s’attendaient à ce que le taux s’affiche à 4,1 % à la fin de l’année prochaine, ils estiment désormais qu’il se situera 70 points de base en dessous. Pour fin 2026, la révision baissière est de 20 points de base (2,9 % contre 3,1 % précédemment). A noter que le taux d’intérêt nominal neutre (le taux qui ni ne freine ni ne soutient l’activité économique) est estimé à 2,9 % par le FOMC, ce qui veut dire qu’il prévoit que la normalisation monétaire de la Fed s’achèvera dans deux ans. En 2027, il est attendu que le taux demeure à 2,9 %.

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