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2022, annus horribilis pour les introductions en Bourse / La reprise pourrait s’amorcer au second semestre 2023

Les introductions en Bourse ont lourdement chuté l’an dernier en nombre et en valeur, revenant à leurs niveaux d’il y a six ans. Si le plongeon a été particulièrement violent aux Etats-Unis et en Europe, l’année dernière a vu au contraire la Chine se distinguer en prenant la tête du marché, tandis que le Moyen-Orient connaissait un boom. Pour 2023, les acteurs du marché guettent une reprise à compter du second semestre.
Finances. NYSE, Bourse de New York - MICHAEL APPLETON/NYT-REDUX-REA
Finances. NYSE, Bourse de New York - MICHAEL APPLETON/NYT-REDUX-REA

La chute a été vertigineuse. Les introductions en Bourse se sont effondrées en 2022 par rapport à 2021 qui avait marqué une année record. Dans son dernier rapport Global IPO Watch, le cabinet PwC a dénombré 1155 opérations dans le monde l’an dernier, loin des 2713 recensées lors de l’année précédente. La baisse, de 57 %, est considérable, mais elle est encore plus spectaculaire en valeur : le produit de toutes les IPO (Initial Public Offering) est passé de 618 milliards de dollars en 2021 à seulement 174 milliards de dollars l’an dernier, soit un plongeon de 72 %.

La dégringolade est telle qu’elle ramène plusieurs années en arrière. "Il s’agit du pire marché mondial des introductions en Bourse depuis 2016", souligne le cabinet de conseil et d’audit. Une situation corrélée à la baisse des marchés actions qui ont été fortement pénalisés l’an dernier par une conjonction de vents contraires. L’inflation galopante, le resserrement des politiques monétaires mondiales, les confinements chinois, et bien évidemment la guerre en Ukraine et la crise énergétique en Europe, en alimentant les craintes de récession mondiale, ont pesé sur les Bourses et créé de la volatilité.

 

Un marché des IPO fermé aux Etats-Unis et en Europe

 

En termes géographiques, le marché américain des introductions en Bourse est celui qui a le plus souffert. Il s’est retrouvé "pratiquement fermé en 2022 en raison de la volatilité accrue et de la baisse des multiples de valorisation, en particulier dans le secteur technologique", expliquent Michael Bellin et David Ethridge, co-responsables des services pour IPO chez PwC. Les États-Unis n’ont représenté que 13 % (24 milliards de dollars) du produit des IPO dans le monde l’an dernier, contre 53 % (323 milliards de dollars) en 2021. Il n’y a eu que 93 introductions en Bourse traditionnelles aux États-Unis en 2022, dont 19 seulement ont levé plus de 100 millions de dollars.

De même, le marché des introductions en Bourse en Europe et au Royaume-Uni est resté largement fermé tout au long de l’année, à l’exception de l’introduction en Bourse historique de Porsche en Allemagne, qui a représenté à elle seule environ deux tiers du produit total des introductions en Bourse en Europe en 2022. Toutefois, du fait que le marché traditionnel des introductions en Bourse n’était pas accessible, "les entreprises ont exploré d’autres voies d’accès au marché, notamment les de-SPAC, et les scissions", observe PwC. C’est ainsi en particulier que Banijay, le producteur audiovisuel de Stéphane Courbit, et la société de paris en ligne Betclic se sont introduits en fusionnant avec le SPAC Pegasus Entrepreneurs de Tikehau et Bernard Arnault au printemps dernier. "En France, nous avons eu 7 opérations sur Euronext Paris avec une forte diversité (SPAC, spin-off, despacking ou cotation directe) mais dans un volume de montant levé très restreint.", note Philippe Kubisa, associé spécialiste des marchés de capitaux chez PwC France et Maghreb.

L’année écoulée a vu en revanche un boom des introductions en Bourse au Moyen-Orient où se sont déroulées plusieurs opérations d’envergure. C’est le cas notamment de celle au printemps dernier du fournisseur d’électricité et d’eau de Dubaï, Dewa, sursouscrite 37 fois. Au point que les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite se hissent respectivement aux troisième et sixième rangs du classement par pays. "De grands événements internationaux tels que l’Expo 2020 aux Émirats arabes unis et la Coupe du monde au Qatar, ainsi que certaines méga introductions en bourse telles que celle de 29 milliards de dollars Saudi Aramco, ont accru la sensibilisation des investisseurs au potentiel de la région", explique Muhammad Hassan, responsable des marchés de capitaux PwC Moyen-Orient.

 

La Chine devant les Etats-Unis

 

Mais surtout, l’année passée s’est révélée record pour les Bourses chinoises : les IPO sur les places de Shanghai et de Shenzhen ont permis de lever respectivement 38 milliards de dollars et 30 milliards de dollars en 2022, soit globalement les produits d’introductions en Bourse les plus élevés de ces dix dernières années, devant même les Etats-Unis. "Les bourses de la Chine continentale sont en tête du classement mondial des introductions en Bourse en 2022, avec 39 % du produit mondial des introductions en Bourse", souligne ainsi Brian Choi, responsable des marchés de capitaux de PwC pour la Chine.

Qu’en sera-t-il en 2023 ? "Les acteurs du marché, y compris les candidats à l’introduction en Bourse, aux États-Unis et en Europe, se concentrent désormais sur une reprise potentielle au second semestre 2023", indique PwC. Ces candidats devront toutefois réunir de nombreuses qualités pour susciter l’appétit dans un contexte de craintes de récession dans des marchés incertains. Il faudra qu’ils aient "fait leurs preuves en matière de croissance et de rentabilité" et puisse faire valoir "une histoire ESG claire, un bilan solide, des flux de trésorerie stables et la capacité de verser des dividendes", explique PwC. Pour réussir son introduction en Bourse cette année, il faudra démontrer sa rentabilité ou présenter un chemin clair vers la rentabilité.

Pour PwC, également, les entreprises appartenant à un secteur défensif comme la pharmacie et celles dont le modèle économique est proche des priorités environnementales, comme les énergies renouvelables et les "technologies propres", seront probablement parmi les premiers à postuler en Bourse aux États-Unis et en Europe lorsque la volatilité se stabilisera et que la confiance des investisseurs reviendra.

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