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ESG / ESG / Fonds d'investissement / Article 9 / Article 8 / SFDR

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Se renommer pour devenir plus ESG / Les fonds ne fournissent pas toujours des efforts de longue durée

Depuis 2018, près de 1 000 fonds ont opéré un changement de nom en l’agrémentant d'un terme lié à la durabilité, rapporte une étude du cabinet Morningstar. Ce qui leur permet, entre autres, d'attirer de nouveaux flux. Mais les efforts pour réduire leur exposition à des activités controversées se font souvent essentiellement ressentir autour de la période de renouvellement de marque. 
Dartmoor National Park (©Nick Hannes/PANOS-REA)
Dartmoor National Park (©Nick Hannes/PANOS-REA)

Changer de nom ne permet pas forcément de s’offrir une nouvelle identité. Depuis l’introduction du Plan européen de finance durable en 2018, 988 fonds européens ont choisi d’ajouter un terme lié à la durabilité dans leur nom, pointe une étude publiée par le cabinet Morningstar. "Durable", "impact", "climat"… Autant de termes qui permettent de faire écho au développement durable et ainsi d’attirer les épargnes de ceux soucieux de les orienter vers des placements plus "responsables".

Avec l’entrée en vigueur du règlement européen SFDR en 2021 et donc celle de la classification Article 8 ou Article 9 pour les fonds ESG, ces changements de nom ont même atteint un pic, souligne l’étude. Et pour cause : "Il est intéressant de noter que ces fonds attirent des flux grâce au changement d’étiquette", indique-t-elle.

Mais le tableau n’est pas tout noir. En étudiant l’exposition de ces fonds renommés à quatre domaines (les armes controversées, le charbon thermique, les sources fossiles et le tabac), Morningstar admet que celle-ci a pu se réduire. Pour les armes controversées par exemple, les fonds durables renommés y étaient plus exposés (un peu moins de 1 %) un an avant le changement de marque que les fonds ESG non renommés (0,4 % d’exposition) ou que les fonds classiques (0,7 % d’exposition). Trois mois avant le changement de marque, les fonds renommés sont tombés au même niveau d’exposition que les fonds classiques. Mais les premiers n’ont cependant pas réussi "à démontrer une réduction supplémentaire de l'implication controversée dans les armes et ont continué à être à la traîne d'autres fonds durables", convergeant même à nouveau vers le niveau d’exposition des fonds classiques un an après le changement de nom (autour de 0,6 %).

Même constat du côté des combustibles fossiles : les fonds renommés sont le plus assidus pour y réduire leur exposition autour de la période de changement de noms. Morningstar relève une baisse constante de l'exposition à partir de neuf mois avant le changement de marque. Mais si, globalement, les fonds renommés montrent une progression dans leur profil de durabilité dans la période de changement de nom, ils ne parviennent souvent pas à égaler les autres fonds durables, ajoute l'étude, et les effets du changement de nom semblent d'ailleurs s'estomper avec le temps.

"En fait, beaucoup d'entre eux n’étaient plus dans le radar des investisseurs avant le changement de marque. Redevenir durables leur apporte un regain d'attention, ne serait-ce que pour quelques mois.", conclut le cabinet. 

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