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Macro-économie / Taux / Banque centrale européenne / Inflation / prix de l'énergie

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Banque centrale européenne / Inflation / prix de l'énergie

Inflation : pourquoi la BCE a fait fausse route / Des économistes de l’institution de Francfort s’expliquent

Depuis la réouverture des économies de par le monde suivant la pandémie, la Banque centrale européenne s’est révélée anormalement incapable de prévoir l’inflation. La très forte volatilité des prix de l’énergie n’est pas la seule responsable, admettent certains de ses économistes.
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne - Valeria Mongelli/ZUMA-REA/ZUMA-R
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne - Valeria Mongelli/ZUMA-REA/ZUMA-R

Elle aurait sans doute préféré célébrer ses vingt-cinq ans d’existence dans un contexte plus réjouissant. Après que les prévisions de la Banque centrale européenne (BCE) ont été mises en échec par les mouvements de l’inflation de manière inédite - ces deux dernières années - depuis sa création en juin 1998, certains de ses économistes ont souhaité comprendre pourquoi elles se sont montrées si peu fiables.

Depuis la réouverture des économies ayant succédé aux confinements, l’institut d’émission a éprouvé des difficultés croissantes à prévoir la hausse des prix à la consommation, difficultés ayant atteint leur paroxysme dans la foulée du déclenchement de l’invasion russe de l’Ukraine.

 

Usine à gaz

 

Jusqu’au deuxième trimestre 2022, c’est la dynamique affichée par les prix de l’énergie qui a majoritairement expliqué les déboires rencontrés par les prévisionnistes de l’Eurosystème pour anticiper l’évolution de l’inflation d’un trimestre sur l’autre (la sous-estimation a atteint jusqu’à près de 2,5 points de pourcentage), montre une étude de l’institution de Francfort. D’abord liée à la reprise économique mondiale, la hausse des prix de l’énergie s’est poursuivie avec la guerre russo-ukrainienne.

Concrètement, les erreurs de prévisions de la BCE refléteraient "en partie" la complexité d’appréhender la répercussion des prix de gros du gaz et de l’électricité sur les prix à la consommation "où la réglementation, les mesures budgétaires adoptées par les pays de la zone euro pour compenser les prix élevés de l’énergie, les types de contrats et d’autres facteurs de fixation et de mesure des prix impliquent une transmission plus hétérogène et incertaine que dans le cas des prix du pétrole aux prix des carburants de transport", avancent Mohamed Chahad, Anna-Camilla Hofmann-Drahonsky Adrian Page et Marcel Tirpák, économistes à la BCE et auteurs de l’étude.

 

Plus qu’une histoire énergétique

 

Par la suite, au cours du second semestre 2022, la part des erreurs de prévisions liée à la variation des prix à la consommation énergétiques a décru. Cette fois-ci, ce furent les prévisions afférentes à l’inflation sous-jacente (hors énergie et alimentation) et à l’inflation alimentaire qui ont expliqué jusqu’à la totalité de l’erreur de prévision (sous-estimation d’environ 0,7 point au quatrième trimestre 2022).

Cela pourrait être lié à "la transmission aux prix plus rapide que prévu des goulets d’étranglement dans la chaîne d’approvisionnement mondiale et à la reprise économique plus forte que prévu, ainsi qu’aux effets de réouverture post-pandémie associés, qui ont principalement affecté l’inflation hors alimentation et énergie", expliquent les quatre économistes.

Un phénomène d’autant plus étonnant quand l’on sait qu’à l’occasion de la présentation de ses prévisions macroéconomiques chaque trimestre, la BCE n’a pas manqué d’insister sur l’importance de ces facteurs. Comment alors a-t-elle pu faire fausse route ? "Leur impact précis et leur persistance étaient difficiles à modéliser et à prévoir en raison de leur caractère exceptionnel", indique l’étude.

 

Modèles périmés

 

En outre, les erreurs de prévisions de l’été et automne 2022 peuvent avoir été le produit des effets indirects des pics des prix de l’énergie sur l’inflation non énergétique et, en particulier, sur l’inflation alimentaire, "au-delà de ce qui est pris en compte par les modèles basés sur les évolutions historiques, compte tenu également du découplage des prix du gaz et du pétrole, le premier jouant un rôle important dans les coûts de production des aliments".

Plus précisément, les auteurs de l’étude estiment que "les effets non linéaires dus à l’ampleur et à la composition exceptionnelles des chocs sur les prix des matières premières (le gaz et l’électricité jouant un rôle plus important) peuvent avoir entraîné une transmission beaucoup plus rapide que ne le suggèrent les modèles fondés sur des relations historiques".

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