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Les résultats 2022 d’Engie ont dépassé les attentes / La prolongation du nucléaire belge se jouera avant l’été
L’année 2022 restera dans les annales d’Engie. Au cours d’un exercice "sans précédent", l’énergéticien franco-belge "a démontré sa résilience", a souligné mardi Catherine MacGregor, sa directrice générale, en présentant les comptes annuels de l’entreprise. "Nous avons très bien géré la crise, cela nous a permis d’afficher d’excellents résultats financiers" tout en maintenant "la dynamique de notre feuille de route stratégique, notamment en ce qui concerne les énergies renouvelables", a-t-elle ajouté. Les deux sont d’ailleurs liés en partie.
Les énergies renouvelables ont apporté une contribution significative au résultat opérationnel courant record de 9 milliards d’euros, en forte hausse de 47,2 %, dégagé l’an dernier par Engie. Ces énergies regroupant l’hydroélectricité, l’éolien, le solaire, la biomasse ou encore la géothermie ont dégagé un Ebit de 1,6 milliard d’euros en hausse de 36,6 %. Une progression corrélée aux 3,9 gigawatts (GW) de nouvelles capacités ajoutées l’an dernier, dont 1,8 GW d’énergie éolienne terrestre, 1,2 GW d’énergie solaire et 1 GW d’énergie éolienne en mer, ce qui a porté la capacité installée renouvelable totale à 100 % à environ 38 GW à fin 2022.
Record d’activité pour le pôle "GEMS"
Mais le principal contributeur à l’envolée du résultat l’an dernier aura été le pôle "GEMS" pour Global Energy Management & Sales, soit les activités de gestion et d’optimisation de l’énergie et de fourniture BtoB, en plein essor. L’entité vend de l’énergie aux entreprises, et propose des services et solutions de gestion de l’énergie pour soutenir la décarbonation du groupe et de ses clients. Son résultat opérationnel a atteint 2,6 milliards d’euros l’an dernier, en très forte augmentation de 2,1 milliards d’euros par rapport à 2021, grâce à "un niveau d’activité record sur l’ensemble de ses segments dans un environnement de prix et de volatilité exceptionnellement élevés", a souligné le groupe.
Un effet prix qui se retrouve aussi dans la branche Thermique, qui comprend la production d’électricité à partir de gaz et de charbon et biomasse, le stockage d’énergie par pompage-turbinage et batterie, le dessalement d’eau de mer, ainsi que la vente d’électricité et de gaz aux particuliers. L’Ebit des activités thermiques a bondi à 1,8 milliard d’euros, en hausse de 49,4 %, l’effet prix ayant à lui seul fait progresser le résultat de 992 millions d’euros.
Mécaniquement, la forte progression du résultat opérationnel s’est traduite par un bond du résultat net récurrent, qui a atteint 5,2 milliards d’euros, à comparer aux 2,9 milliards d’euros de 2021, et supérieur aux 5 milliards d’euros anticipés par le consensus des analystes qui ne s’attendaient pas à des résultats d’une telle qualité. En Bourse, l’action Engie bondit ainsi de 5 % mardi, à 14,3 euros. "Les résultats 2022 se situent au milieu de la fourchette donnée en novembre dernier, alors que le consensus tablait sur la partie inférieure", note la banque UBS.
Autre bonne nouvelle, au vu des conditions de marché, Engie a revu à la hausse ses perspectives à moyen terme. Pour 2023, l’entreprise prévoit désormais que son Ebit devrait se situer dans une fourchette de 6,6 à 7,6 milliards d’euros, contre 6,2 à 6,6 milliards d’euros précédemment, et le résultat net récurrent entre 3,4 et 4 milliards d’euros. Même chose en 2024, où l’Ebit est désormais attendu entre 7,2 8,2 milliards d’euros, contre 6,4 à 6,8 milliards d’euros précédemment, avec un résultat net prévu entre 3,8 et 4,4 milliards d’euros. Et la prévision d’un résultat récurrent net compris entre 4,1 et 4,7 milliards d’euros en 2025 est "nettement supérieure aux attentes du consensus", souligne Oddo BHF.
Un accord avant l’été pour prolonger le nucléaire belge
Les prévisions pour l’Ebit s’entendent "hors nucléaire" alors que "le revenu net récurrent inclut le nucléaire car il constitue la base du dividende et ces actifs vont encore y contribuer pendant plusieurs années", a précisé Pierre-François Riolacci, le directeur financier d’Engie. Le nucléaire continue pour le moment à soutenir le dividende, proposé à 1,40 euro par action au titre de 2022, mais que l’on ne se méprenne pas : "nous avons décidé que le nucléaire n’était plus notre cœur de métier", a rappelé le dirigeant.
Si le groupe a programmé l’arrêt progressif de ses centrales nucléaires d’ici 2025, en janvier 2023, Engie et le gouvernement fédéral belge ont fixé un cadre pour une extension de dix ans de la durée des deux réacteurs nucléaires de Doel 4 et Tihange 3. Cet accord de principe doit déboucher sur la signature d’un accord intermédiaire "d’ici quelques semaines", a indiqué mardi Catherine MacGregor, en vue de la signature d’un accord final "avant l’été", a-t-elle précisé. Il ne faudra cependant pas attendre énormément de cette extension en termes de résultats futurs : "Nous ne sommes pas prêts à prendre une exposition significative aux investissements", a indiqué Pierre-François Riolacci, le groupe souhaitant limiter son risque et visant un "retour modeste".
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