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Monde; stabilité financière; systémique

Macro-économie / Taux / Financial stability board / Matières premières / Commodities / Klaas Knot

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Financial stability board / Matières premières / Commodities / Klaas Knot

Les matières premières déstabiliseront-elles le système financier ? / Les comportements sur les marchés ont bien changé depuis le début du conflit ukrainien

Les marchés des matières premières ont su résister, jusqu’à présent, au choc de l’invasion de l’Ukraine. Un an plus tard, le Conseil de stabilité financière avertit quant aux possibles conséquences systémiques d’un nouveau choc sur ce secteur.    
Matières premières. Zhang Duan/XINHUA-REA
Matières premières. Zhang Duan/XINHUA-REA

Sitôt le choc de l’invasion russe quelque peu maîtrisé que voici d’autres écueils sur les marchés des matières premières qui affleurent. Le secteur pourrait bien n’avoir droit qu’à un sursis d’après le Conseil de stabilité financière (FSB), tant l’utilisation d’effet de levier à outrance, la problématique des appels de marge ou autre souci d’opacité sont encore présents.

Autant de dangers qui pourraient bien mener à sa perte l’ensemble du système financier, puisque le FSB rapporte que "toute nouvelle tension sur les marchés des matières premières pourrait s’y propager plus largement. ". Notamment en raison d’une utilisation de l’effet de levier assez importante, ce qui "peut entraîner des tensions sur la liquidité en cas d’appels de marge sur les positions en produits dérivés".



Loin d’être salutaire

 

La guerre entre Moscou et Kiev vient de fêter son premier anniversaire et comme l’institution dirigée par Klaas Knot le fait remarquer, " il n’y a pas eu de perturbation majeure du fonctionnement des marchés [des matières premières] - à l’exception du marché du nickel du London Metal Exchange (LME) - et l’impact sur le reste du système financier a été limité." Cependant pour arriver à un tel résultat, des choix au potentiel dévastateur ont été posés.

Il est ici notamment question d’acteurs qui se sont adaptés au choc de la volatilité "en essayant de réduire leur risque de liquidité de financement, tout en prenant davantage de risques de crédit et de marché dans le processus. " Le FSB avance également qu’il lui semble que sur le Vieux continent "on ait assisté à une migration de l’activité de certains segments des marchés de dérivés négociés en bourse à compensation centrale vers des marchés de gré à gré (OTC) largement non compensés ", une décision qui vise à diminuer les risques de liquidité de financement susceptible de survenir en cas d’une augmentation brutale des appels de marge.

Un changement de comportement qui ne se contente pas d’exacerber les "risques de crédit de la contrepartie dans l’écosystème des matières premières " mais qui s’accompagne d’une baisse de la "couverture des prix des matières premières en raison de l’augmentation des appels de marge. " Tout ou une partie du marché serait donc désormais davantage exposée aux risques de marché des entreprises de matières premières.

 

À la rescousse

 

Chargé d’émettre des recommandations pouvant profiter au système financier mondial, le Conseil de stabilité financière ne se contente pas d’énumérer les risques liés aux mutations sur le marché des matières premières mais effectue également des préconisations pour éviter ces écueils. Il souligne en particulier à quel point, " il est nécessaire de continuer à surveiller l’évolution des marchés des matières premières et l’état de préparation des entreprises de ce secteur […] pour [notamment] gérer les augmentations soudaines des marges sur les positions en produits dérivés. "

Une autre problématique majeure qu’appelle à résoudre le FSB concerne le manque d’informations "sur le comportement commercial et les besoins de financement des négociants en matières premières". Une problématique qui s’explique tant par "des informations dont les autorités ne disposent pas actuellement (par exemple, parce que les entités concernées se trouvent en dehors du périmètre réglementaire)", que par un manque de communication et de partage entre les différentes autorités compétentes.

Tant que ces zones d’ombre persisteront, il sera impossible de correctement évaluer les risques que courent les marchés et le système financier dans son ensemble. D’autant plus que les canaux de transmission du risque évoqués, de l’effet de levier aux marchés OTC, ne sont pas spécifiques aux matières premières et que les efforts fournis pour les réduire pourront bénéficier à d’autres pans du système financier.

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