Macro-économie / Taux / Banque centrale européenne / Klaas Knot / taux d'intérêt
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Banque centrale européenne / Klaas Knot / taux d'intérêt
BCE : l’été sera chaud
Cela ne fait plus guère de doute, les achats nets d’actifs que la Banque centrale européenne (BCE) conduit sur les marchés obligataires devraient, selon toute vraisemblance, disparaître cet été. Un très large consensus sur le sujet existe au sein du Conseil des gouverneurs, d’après le compte rendu de leur réunion de politique monétaire des 13 et 14 avril. De plus, "l'opinion selon laquelle les achats nets d'actifs devraient cesser plus tôt que tard au troisième trimestre a été largement partagée", lit-on plus précisément dans le document.
C’est bien évidemment la hausse des prix à la consommation plus importante, persistante et diffuse qu’escompté frappant la zone euro depuis de nombreux mois qui explique la réaction des banquiers centraux européens. "Les membres du Conseil des gouverneurs ont largement exprimé leur inquiétude face aux chiffres élevés de l'inflation, qui sont devenus un problème majeur pour les ménages et les entreprises", rapporte le compte rendu.
Les taux sont la prochaine bataille
Se pose maintenant la question de la remontée des taux d’intérêt directeurs (elle ne peut démarrer que "quelque temps" après la fin des achats nets d’actifs). Elle pourrait donc être amorcée lors de la réunion du 21 juillet, si les achats nets d’actifs venaient à s’éteindre avant. "Une hausse des taux en juillet n'est plus incertaine, la seule incertitude est de savoir si elle sera de 25 ou 50 points de base", ose Carsten Brzeski, économiste chez ING (le taux de dépôt se situe aujourd’hui à -0,50%).
L’un des membres les plus influents du Conseil des gouverneurs Klaas Knot, président de la Banque centrale des Pays-Bas (l’inflation y a atteint plus de 11% l’an en mars et avril), plaide, sous conditions, pour une hausse de 50 points de base en juillet, ce qui serait inédit depuis 1999. L’un des chefs de file des "faucons" au côté de Joachim Nagel, président de la Bundesbank, a ainsi déclaré que "si les nouvelles données arrivant dans les prochains mois suggèrent que l'inflation se renforce ou se diffuse davantage, en toute logique l'étape suivante devrait être une hausse d'un demi-point ".
A l’occasion de la dernière réunion, les "colombes", que les observateurs dépeignent comme étant en perte d’influence depuis au moins un semestre, ont tout de même opposé quelques objections à une normalisation monétaire trop cavalière. "Compte tenu de la forte incertitude entourant les perspectives à moyen terme en matière de stabilité des prix, il a semblé souhaitable de procéder à de nouvelles actions avec beaucoup de prudence. Il a également été noté qu'une normalisation trop rapide de l'orientation de la politique monétaire pourrait s'avérer coûteuse si elle entraînait des turbulences sur les marchés financiers ou devait être annulée ultérieurement", ont jugé certains des membres du Conseil.
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