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Neoen a besoin de davantage de fonds propres / Le producteur d’énergies renouvelables veut doper ses batteries
L’effet de (bonne) surprise était éventé. Ayant relevé à trois reprises son objectif d’excédent brut d’exploitation (Ebitda), dont la dernière début février, le premier producteur indépendant français d'énergies exclusivement renouvelables avait laissé peu de place au suspense. Conformément à ce qu’il avait indiqué tout récemment, son Ebitda a bien légèrement dépassé 410 millions d’euros l'an dernier, s’élevant à 414 millions d’euros, en progression de 38%, a-t-il annoncé mercredi.
La chute en journée de 12% de l’action Neoen à 30,10 euros, lanterne rouge de l’indice SBF 120, traduit pourtant une certaine désillusion. Première explication : "les chiffres sont en ligne avec nos attentes et les estimations de marché en termes de performances opérationnelles, mais inférieurs en termes de bénéfice net", note le bureau d’études Oddo BHF. Le résultat net de la société s’est établi l’an dernier à 48 millions d’euros, en hausse de 19% mais en deçà des attentes du consensus des analystes qui anticipait 60 millions d’euros.
Au-delà de sa rentabilité pure, le groupe était également attendu sur l’état d’avancement de son pipeline de projets en développement. Et ce, au regard de son objectif consistant à atteindre d’ici fin 2025 une capacité en opération ou en construction d’au moins 10 gigawatts (GW), contre 6,6 GW à fin 2022. L'objectif est confirmé et le groupe se projette d'ailleurs désormais également en 2030, visant une capacité en opération ou en construction cible de plus de 20 GW à cet horizon.
Mais ces ambitions louables vont cependant nécessiter davantage de moyens qu’anticipé. Pour atteindre ses objectifs de capacités, Neoen avait initialement chiffré son programme d'investissements à 5,3 milliards d'euros sur la période 2021 à 2025, le groupe évaluant alors son besoin de fonds propres additionnels pour financer ces investissements à 1,2 milliard d'euros "au maximum". Une première augmentation de capital de 600 millions d’euros réalisée en avril 2021 devait être suivie d’une deuxième d’un même montant pour boucler le financement.
Des batteries plus puissantes mais aussi plus chères
Mais ce "maximum" ne suffit plus. L’enveloppe d’investissements est désormais réévaluée à 6,2 milliards d’euros, et celle des besoins en fonds propres nécessaires au financement de la deuxième partie du programme sur la période 2023 à 2025 monte à 750 millions d’euros. La raison ? Neoen a l’intention d’augmenter son parc de batteries tout en allongeant la durée de stockage unitaire de ses nouvelles batteries pour tendre vers deux heures (c’est-à-dire deux mégawattheure par mégawatt), alors que le groupe avait initialement prévu de continuer à installer des batteries dotées d’une capacité de stockage d’une heure à une heure et demie.
Ainsi, la nouvelle enveloppe de besoins en fonds propres "correspond aux 600 millions d’euros annoncés en 2021 pour financer la deuxième partie du plan d’investissement présenté à cette date, auxquels s’ajoutent 150 millions d’euros pour financer un allongement de la durée unitaire de stockage de ses futures batteries, étant précisé que le financement de celles-ci se fait essentiellement en fonds propres", explique Neoen.
Et, pour lever ces 750 millions d’euros, "Neoen projette de faire appel au marché dans un calendrier qui sera fonction des conditions de marché et de l’avancée de son plan d’investissement", ce qui, à court terme, réjouit modérément les actionnaires, qui devront davantage mettre la main à la poche s’ils ne veulent pas se faire diluer. L’entreprise dirigée par Xavier Barbaro devrait cependant une nouvelle fois bénéficier du soutien de Bpifrance et du FSP (le Fonds stratégique de participations), qui avaient participé à la précédente augmentation de capital.
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