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L’industrie française regagne du terrain / Les usines fleurissent sur le territoire en 2022
C’est une bonne nouvelle pour les partisans de la réindustrialisation. Le ralentissement économique et la crise énergétique n’ont semble-t-il pas eu d’effet catastrophique sur le tissu industriel français en 2022, loin s’en faut. À l’image du nombre record de projets d’investissement étrangers observé en France l’année dernière, les conclusions de l’étude publiée jeudi par Trendeo, sont rassurantes, y compris pour le secteur industriel, qui amorce un lent redressement depuis 2016. Dans l’ensemble, "la crise de 2020 a été bien surmontée, mieux qu’en 2009", explique David Cousquer, fondateur et gérant de Trendeo.
STMicroelectronics en Isère, Verkor dans les Hauts-de-France, Siemens au Havre… les projets industriels ont fleuri un peu partout sur le territoire l’année dernière. Avec 150 ouvertures pour 70 fermetures de sites, 2022 enregistre "un score très positif" avec à la clé la création de nombreux emplois industriels alors que les analystes "attendent toujours une crise qui ne vient pas", selon Trendeo.
Après plus d’une centaine de créations nettes en 2021, Trendeo en a ainsi recensé 80 en 2022, ce qui permet de faire redescendre les pertes cumulées depuis 2009 – année qui avait marqué le début d’une vague de délocalisation – à 342 contre 610 en 2015, lorsque ce chiffre était au plus haut. S’il y a donc eu moins d’ouvertures d’usines en 2022 qu’un an auparavant, plus d’emplois industriels ont en revanche été créés (41 500 contre 33 700) grâce à une remontée du nombre de postes par site.
2009, c’est dans quatre ans
En continuant sur le même rythme, "nous pourrions récupérer en quatre ans les pertes de sites industriels accumulées depuis 2009", prédit le fondateur de Trendeo. À condition que les pouvoirs publics poursuivent leur soutien aux filières émergentes comme les batteries ou l’hydrogène, ce que font les États-Unis avec l’Inflation Reduction Act (IRA), vaste de plan d’un demi-milliard de dollars sur 10 ans pour la transition écologique.
En outre, avec 49 projets de relocalisation relevés en 2022, certes moitié moins qu’en 2021, le mouvement de rapatriements d’usines en France demeure élevé, signant leur deuxième meilleur score depuis 2009. Pour autant, ce chiffre revêt plus une portée symbolique qu’autre chose tant le nombre d’emploi en jeu reste faible (1 552 postes soit 3 % des créations d’emplois pour les emplois industriels en 2022).
Trendeo ne loge d’ailleurs pas tous les sites à la même enseigne. Le cabinet cherche notamment à identifier les "Usines du Futur", répondant à certains critères spécifiques : efforts environnementaux, efficacité énergétique, numérisation, efforts territoriaux pour s’approvisionner localement, efforts sociaux et flexibilité. En la matière, il juge la tendance "encourageante", avec près de 1 200 projets intégrant au moins l’un d’entre eux et met en avant trois régions qui se détachent du lot pour le nombre de projets vertueux : Auvergne-Rhône-Alpes, Pays de la Loire et Nouvelle-Aquitaine.
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