Macro-économie / Taux / Inflation / Bruno Le Maire
Macro-économie / Taux
Inflation / Bruno Le Maire
Comment le gouvernement veut atténuer l’inflation alimentaire / Les distributeurs passent à la caisse
Alors que l’économie française est confrontée à un choc inflationniste inédit en quarante ans, le gouvernement multiplie les initiatives pour en limiter l’ampleur. Ce matin, Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, a indiqué qu’un accord avait été trouvé avec l’ensemble des distributeurs dans ce sens.
"Le dispositif vise à ce que nous ayons les prix les plus bas possibles sur un certain nombre de produits du quotidien pendant une durée d’un trimestre", a déclaré le locataire de Bercy, à l’occasion d’une conférence de presse. Pour mémoire, depuis février 2021, les prix de l’alimentation ont augmenté de 17 %, d’après les données publiées par l’Insee, soit près de deux fois plus vite que l’ensemble des prix à la consommation.
Ce dispositif porterait "un nombre de références élevées qui seront librement choisies par les distributeurs", a précisé le ministre, qui a prévenu que des contrôles seront menés par la DGCCRF. Pris sur les marges des distributeurs, cet effort représente plusieurs centaines de millions d’euros.
A l’issue du "trimestre anti-inflation", il sera demandé aux industriels de renégocier leurs prix avec les distributeurs, a fait savoir le ministre. "Le prix du fret maritime est tombé de 15.000 euros le container à un peu plus de 1.200 euros, les prix du tournesol sont à la baisse, les prix du blé à la baisse. Il n’y a aucune raison pour que les répercussions à la hausse se fassent immédiatement et que les répercussions à la baisse ne se fassent pas immédiatement non plus", a argué Bruno Le Maire.
Que dit l'Inspection générale des finances ?
A l’occasion de sa conférence de presse, Bruno Le Maire a également indiqué que le rapport de l’Inspection générale des finances (IGF) portant sur l’évolution des prix des produits alimentaires venait d’être mis à jour.
Alors que distributeurs et industriels se renvoient la balle concernant leur taux de marge, l’IGF indique que "les résultats agrégés peuvent masquer de fortes disparités infra-sectorielles et ne permettent pas de conclure quant à l’existence d’évolutions inhabituelles de la marge sur certains produits". Attention, l’IGF précise qu’elle n’a pas pris en compte le cycle de négociations entre industriels et distributeurs clôturé le 1er mars 2023.
Dans le détail, en 2022, l’excédent brut d’exploitation (EBE) de l’agriculture se situait 27 % au-dessus de son niveau de 2019 (contre un peu plus de 20 % au premier semestre 2022). En outre, l’EBE a rebondi de 50 % au second semestre 2022 dans le secteur de l’industrie agro- alimentaire, retrouvant ainsi son niveau de 2019. Enfin, l’EBE du secteur du commerce (commerce de détail et de gros, grande distribution alimentaire et non alimentaire) progresse de 9 % par rapport à̀ 2019 et son taux de marge serait 0,7 point au-dessus de son niveau d’avant crise (moyenne 2017-2019).
"Les données mobilisées sont arrêtées au quatrième trimestre 2022 et ne permettent pas d’anticiper l’évolution des marges en 2023, notamment au regard de la forte volatilité du taux de marge en 2022", prévient l’IGF.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

