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Private Equity / transition énergétique / LDDS / Livret de développement durable et solidaire / Bercy / Projet de loi industrie verte / décarbonation / Private equity / Peqan

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Bercy envisage de rendre le LDDS encore plus vert / Une transition énergétique qui ne se fera pas sans le private equity

Le projet de loi sur l’industrie verte, qui devrait être présenté cet été, sera-t-il enfin l’occasion pour Bercy de réformer le livret de développement durable et solidaire ? Il semblerait bien que oui. Objectif : accroître le fléchage de l’épargne des Français vers la décarbonation. Une excellente idée qui ne suffira cependant pas à combler le besoin de financement de la transition énergétique estimé à 100 milliards d’euros par an.
Damien Adam, député (©Romain GAILLARD/REA)
Damien Adam, député (©Romain GAILLARD/REA)

A Bercy, l’on se croirait revenu au début du premier quinquennat d’Emmanuel Macron, époque à laquelle rien ne devait s’écrire sans l’aide de toutes les forces vives de la nation. Rappelons-nous, en septembre 2017, Bruno Le Maire, déjà ministre de l’Economie et des Finances, avait lancé, en grande pompe, plusieurs groupes de travail censés chacun formuler des propositions sur une thématique précise. Celles-ci avaient abouti, après sélection, au projet de loi Pacte qui fut adopté par le Parlement deux ans plus tard, en mai 2019. Une méthode que le locataire de Bercy - qui n’a pas changé entre-temps - a souhaité réemployer dans le cadre de son futur projet de loi Industrie verte qui devrait, quant à lui, être présenté au Parlement l’été prochain.

C’est dans ce contexte que le député Renaissance, Damien Adam, co-pilote avec Michel Paulin, directeur général d’OVH, du groupe de travail sur le financement de l’industrie verte française, a dévoilé la semaine dernière ses premières pistes de réflexion. Parmi celles-ci : une mesure pourrait affecter l’un des placements préférés des Français. "Nous souhaitons transformer le livret de développement durable et solidaire (LDDS) en un produit d’épargne "France Nation Verte", qui garderait les avantages du LDDS que sont la garantie en capital et l’exonération fiscale", a-t-il déclaré. Dans son esprit, l’idée serait d'orienter une partie de l’épargne des Français vers la décarbonation de l’économie.

 

Un fléchage plus efficace du LDDS

 

Une mesure qui existe déjà aujourd’hui. En effet, les banques utilisent les sommes collectées dans le cadre du LDDS (ancien Codevi) pour octroyer des prêts, à des taux attractifs, et destinés à l’amélioration de la performance énergétique du logement (travaux d’économie d’énergie). Ces prêts qui peuvent être octroyés aussi bien aux particuliers, aux copropriétés qu’aux professionnels du bâtiment. "Les encours sur le LDDS étaient de 136,2 milliards d’euros en janvier 2023. Aujourd’hui, un minimum de 10 % doit déjà être fléché vers des investissements verts. Cependant, il semble difficile de connaître aujourd'hui leur affectation de manière précise. Aussi, l’idée du groupe de travail serait peut-être d’augmenter la proportion du LDDS dédiée à la transition énergétique mais aussi de mieux contrôler ce fléchage", explique Jean-Philippe Hecketsweiler, président de Peqan, pionnier dans la démocratisation du private equity institutionnel, dans un entretien accordé à WanSquare.

 

Une épargne insuffisante

 

Si l’idée est louable, elle n’est cependant là encore pas nouvelle. " Il s’agit d’un vieux débat. Bruno Le Maire, lui-même, avait annoncé en 2017, lors du Climate Finance day son intention de réformer le LDDS pour offrir à chaque français la possibilité de placer leur épargne dans un produit qui finance la transition énergétique et l’adaptation au changement climatique ", rappelle Jean-Philippe Hecketsweiler qui juge par ailleurs l’idée très bonne. " La transition énergétique est une nécessité. Mais attention, les encours du LDDS ne sont pas la collecte nette. En 2022, elle s’élevait à 6,26 milliards d’euros. Or, les besoins annuels en termes de financement de la transition énergétique ont été estimés à 100 milliards d’euros. Le stock du LDDS est donc loin d’être suffisant ", prévient le président de Peqan.

 

Des fonds qui fleurissent

 

Dans ce contexte, le private equity semble indispensable à la transition énergétique. "Nous observons l’émergence de nombreux fonds de private equity institutionnels dédiés à cette thématique. Les institutionnels français comme étrangers s’intéressent de plus en plus à ce domaine ", constate Jean-Philippe Hecketsweiler. Une complémentarité indispensable si l’économie doit se décarboner. "Ces fonds de transition énergétique peuvent réunir plusieurs milliards d’euros qui seront exclusivement dédiés à la transition énergétique. Celle-ci ne se fera pas sans l’investissement dans le non coté", estime le patron de Peqan qui devrait annoncer d’ici les prochains mois la commercialisation d’un fonds spécifique à ce sujet et qui "offrira à un investisseur privé la possibilité d’investir dans un fonds institutionnel consacré à la décarbonation", explique-t-il.

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