Private Equity / Private equity / Peqan / Jean-Philippe Hecketsweiler / particuliers / liquidités
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Private equity / Peqan / Jean-Philippe Hecketsweiler / particuliers / liquidités
La liquidité, un vrai faux débat du private equity pour les particuliers ? / De l'importance d'en saisir les caractéristiques intrinsèques avant de le démocratiser
Après avoir été annoncé comme l’une des grandes tendances de l’année 2023, le private equity pour les particuliers prend racine. Et les enquêtes publiées à ce sujet au fil des mois tombent en majorité sur le même constat : cette classe d’actifs séduit de plus en plus, pour son caractère concret mais aussi pour les rendements attractifs qu’elle offre. À l’inverse, les freins sont eux aussi bien identifiés par les particuliers. Soit des tickets d’entrée trop élevés, une culture manquante en la matière et une certaine illiquidité découlant d’un temps de placement minimal d’environ huit ans en moyenne.
Une problématique plus embêtante. Car si les montants requis pour investir peuvent effectivement être révisés à la baisse et ses fondamentaux peuvent être éclaircis, l’aspect peu liquide du placement est une caractéristique intrinsèque de l’investissement dans des classes d’actifs non cotés. De quoi rappeler l’importance d’une appréhension correcte de la matière avant de procéder à sa démocratisation. "Investir dans le private equity, c’est investir sur un temps long. Cela permet aussi de construire progressivement une allocation optimale. C’est pourquoi il est fondamental, en termes de compréhension, d’accepter cette forme d’illiquidité de cette classe d’actifs", explique Jean-Philippe Hecketsweiler, le fondateur et président de Peqan, à l’occasion d’un entretien accordé à WanSquare.
Les barrières sont là, mais sont-elles bien appréhendées ?
Car travaillant dans le monde bancaire de longue date, Jean-Philippe Hecketsweiler a observé l’émergence du capital-investissement en France. Tout comme les performances attractives qu’il propose. L’idée de l’ouvrir aux investisseurs privés lui trottait dans la tête depuis longtemps, la pandémie en aura finalement été le déclencheur. Avec tout d’abord l’idée de supprimer plusieurs barrières qui pourraient empêcher le private equity de rencontrer son succès auprès des particuliers : "La démocratisation du private equity requiert d’adopter des pratiques plus transparentes, de baisser des tickets d’entrée encore trop élevés et une simplification des mécanismes de souscription".
Alors pour ce faire, après avoir sélectionné des opportunités d’investissement, des produits d’investissement sont conçus par Peqan (fonds de fonds thématiques, fonds dédiés, fonds de co-investissement, fonds nourriciers) à destination des investisseurs privés, en fonction de leur typologie de risque. Les fonds nourriciers permettent notamment aux clients particuliers d’accéder à des fonds historiquement réservés aux institutionnels. Le tout s’opère au travers d’un mécanisme d’appels successifs : les investisseurs peuvent ainsi étaler le montant d’un ticket d’entrée (qui reste malgré tout significatif) sur la durée. La solution digitale permet de faciliter la souscription tandis que les partenaires et clients sont régulièrement formés à la culture et aux techniques du private equity institutionnel.
Une moindre liquidité présente aussi des avantages
Une manière de dessiner une réponse aux barrières de la démocratisation du private equity identifiées par Peqan, qui ne relèvent donc pas d’une moindre liquidité. Car cette caractéristique inhérente à ce type d’investissement possède d’ailleurs ses avantages. "C’est aussi cela qui permet d’offrir de tels retours sur investissement", relève Jean-Philippe Hecketsweiler. De fait, à la fin de l’année 2022, le capital-investissement présentait en moyenne une performance de 14,2 % par année sur la dernière décennie, selon la dernière étude menée à ce sujet par la France Invest et EY. Ce qui représente un écart notable par rapport aux performances du CAC 40 (à 10,4 %) ou de l’immobilier (à 5,6 %).
Cette forme d’illiquidité permet en effet, notamment, de se protéger de ses propres biais cognitifs. S’agissant des investissements en Bourse, les comportements moutonniers sont bien connus. Les opérateurs achètent et vendent en même temps, ce qui ne permet pas nécessairement de tirer parti d’une mise initiale, aussi peu élevée soit-elle. Des investissements en private equity sur une durée longue offrent aussi l’opportunité de ne pas se situer à contre-cycle. "Et quand cela repart, c’est avec d’autant plus de vitesse", assure Jean-Philippe Hecketsweiler. De quoi, également, "être moins soumis à la volatilité", observe le président de Peqan.
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