Private Equity / démocratisation du private equity / particuliers / 123 IM / Bpifrance
Private Equity
démocratisation du private equity / particuliers / 123 IM / Bpifrance
Les particuliers ont bien envie de se mettre au private equity / Les sociétés de gestion doivent cependant faire preuve de pédagogie
La démocratisation du private equity auprès des particuliers suit son cours… mais se heurte tout de même à plusieurs obstacles. Annoncée, pour les fonds de capital-investissement, comme l’une des grandes tendances de 2023, l’investissement des particuliers dans des classes d’actifs privés semble bel et bien progresser depuis le début de l’année.
Point d’étape : au cours de l’été, OpinionWay a interrogé à la demande de la banque privée en ligne Ramify plus de 500 épargnants français, détenteurs d’un patrimoine financier d’au moins 30 000 euros. La moitié d’entre eux a ainsi indiqué connaître le private equity. Parmi les connaisseurs, deux tiers de l’échantillon ont déclaré qu’ils pourraient souscrire à des produits de capital-investissement dans les mois à venir.
Le premier avantage de ces produits, pour les épargnants, concerne le fait de pouvoir investir dans l’économie réelle. En seconde position, logiquement, arrive le caractère concret du placement - qui participe à la croissance d’entreprises - ou encore, pour les connaisseurs de la matière, la diversification de l’épargne.
Des thèmes tangibles pour rassurer
Des bénéfices à mettre toutefois en perspective avec certains freins bien identifiés. Le premier, à très grande majorité, restant ainsi le niveau d’expertise requis, ont considéré 80 % des sondés par OpinionWay.
"Il faut travailler sur la pédagogie, en proposant par exemple des grandes thématiques", explique Xavier Anthonioz, président de la société de gestion 123 Investment Managers, à l’occasion d’un entretien accordé à WanSquare. "Nous concernant, cela s’organise en quatre grands axes : le développement des énergies renouvelables, le tourisme et les loisirs, la santé et l’immobilier. Non seulement ce sont des thèmes d’avenir, mais ce sont aussi des secteurs défensifs", poursuit-il.
Des thématiques donc tangibles, permettant aux investisseurs privés d’injecter leurs liquidités dans des PME ou ETI françaises. De quoi, peut-être, venir les rassurer sur la destination de leur épargne. Mais au-delà d’un certain niveau de connaissance utile pour pouvoir investir dans ces classes d’actifs, il reste aussi un certain nombre d’autres caractéristiques qui distinguent les investisseurs particuliers des institutionnels.
Se projeter dans le temps
Avec, notamment, l’aversion au risque et le fait de ne pas pouvoir disposer de ses liquidités sur un temps long. Sur cet aspect, cela risque d’être à prendre ou à laisser. "Il est, de fait, nécessaire de se projeter dans le temps et d’être conscient qu’il ne sera pas possible de récupérer ses liquidités sur la période. Souscrire à un fonds, ou à un fonds de fonds, requiert de s’engager sur le long terme. Au moins pour dix années, en général", rappelle Xavier Anthonioz, au fait de ces différentes problématiques puisque la société de gestion qu’il préside est spécialisée dans l’accompagnement des particuliers sur le marché du capital-investissement depuis sa création, au début des années 2000.
Autre frein également identifié par les répondants au sondage d’OpinionWay : celui d’un ticket d’entrée trop élevé. À ce sujet, les initiatives se multiplient pour diriger l’épargne des Français vers l’économie réelle. Il y a notamment Bpifrance, qui s’est emparée du sujet. Depuis 2020, la banque publique d’investissement a lancé plusieurs fonds destinés aux particuliers non professionnels souhaitant placer leurs économies dans le capital-investissement. "Bpifrance Entreprises 1" avait fixé son ticket d’entrée à 5 000 euros. Après un premier succès, l’institution a lancé un deuxième véhicule : baptisé "Bpifrance Entreprises 2", celui-ci nécessitait un investissement minimum de 3 000 euros. Et, plus récemment, "Bpifrance Entreprises Avenir 1". Le ticket d’entrée a de nouveau été abaissé, cette fois à hauteur de 1 000 euros.
À noter, par ailleurs, que les deux premiers fonds de fonds pour les particuliers signés Bpifrance ont été distribués en exclusivité par 123 IM. "Il fallait effectivement aller chercher des particuliers, leur faire savoir qu’il était possible d’investir dans ces deux véhicules", précise ainsi son président. De son côté, la société de gestion a elle aussi lancé son produit "maison" cette année. Il s’agit du fonds de fonds Private Assets Multi Stratégies. Avec un horizon d’investissement cible de dix années et un taux de retour sur investissement estimé à 9 %, il sera accessible aux particuliers au travers d’un compte titres, d’un PEA-PME ou d’un contrat d’assurance-vie. Pour pouvoir y souscrire, les épargnants auront, cette fois, besoin d’investir un ticket d’entrée de 5 000 euros.
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