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Private Equity / Bpifrance / Bpifrance Entreprises 3 / Nicolas Dufourcq / Adeline Lemaire / démocratisation du private equity

Private Equity
Bpifrance / Bpifrance Entreprises 3 / Nicolas Dufourcq / Adeline Lemaire / démocratisation du private equity

Bpifrance veut (encore plus) drainer l’épargne des Français vers l’économie réelle / Un quatrième produit de capital-investissement pour les particuliers lancé

La banque publique d’investissement française vient de lancer son dernier produit de private equity à destination des Français, "Bpifrance Entreprises 3". Il leur permettra d’investir dans ce fonds de fonds secondaire à partir de 500 euros, soit un ticket d’entrée divisé par dix depuis le démarrage de cette gamme. De quoi, espère Bpifrance, et au travers d’un mécanisme de souscription digital facilité, permettre aux particuliers d’investir dans l’économie réelle, tout en les acculturant à cette classe d’actifs bien particulière.
(Photo by Xose Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)
(Photo by Xose Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)

En 2020, lorsque Bpifrance inaugura le premier fonds de sa gamme "Bpifrance Entreprises", la tendance du private equity pour les particuliers n’était pas aussi affirmée qu’aujourd’hui. Mais l’ambition était claire : démocratiser, auprès des Français, une classe d’actifs jusqu’alors réservée aux institutionnels et aux particuliers les plus fortunés. Elle est pourtant "d’utilité cardinale", soulignait jeudi son directeur général Nicolas Dufourcq, à l’occasion d’une conférence de presse.

C’est donc en ce sens que la gamme de Bpifrance dédiée aux particuliers aura grandi d’année en année. "Bpifrance Entreprises 1", "Bpifrance Entreprises 2", puis "Bpifrance Entreprises Avenir 1 "… et enfin "Bpifrance Entreprises 3" (BE3), le dernier produit en date, désormais ouvert à la souscription pour une durée de 12 mois.

Un fonds de fonds secondaire d’une durée de vie de sept ans (prolongeable de trois années), visant une taille cible minimale de 120 millions d’euros, à destination des personnes physiques résidentes fiscales françaises, qui permettra à qui le souhaite d’investir dans un portefeuille majoritairement composé de PME et d’ETI (mais aussi de quelques start-ups et scale-ups) en grande partie déjà constitué. Ce sont en tout près de 1 200 entreprises qui le peupleront et leur liste sera communiquée aux investisseurs. La taille du fonds pourra monter jusqu’à 150 millions d’euros.

 

La grande nouveauté

 

Si tel est le cas, alors 80 % du portefeuille sera couvert par une poche de secondaire, avec 76 fonds sous-jacents de capital-investissement des millésimes 2017, 2018 et 2019, dont un fonds de capital-développement géré par les équipes d’investissement direct de la banque. Il se composera ensuite d’une poche de 20 % d’investissements primaires, dans 4 à 5 fonds de capital-développement (ou transmission), aux côtés de Bpifrance Investissement.

Surtout, voici la nouveauté : le ticket d’entrée a été abaissé à 500 euros, donc divisé par dix depuis le lancement du premier produit de la gamme. "C’est un tour de force, la meilleure illustration de l’accessibilité croissante du capital-investissement aux particuliers", a de son côté commenté la directrice exécutive de Bpifrance en charge de l’activité Fonds de fonds, Adeline Lemaire. Les frais de gestion s’élèveront quant à eux à 3,2 %. Depuis quatre ans, au fur et à mesure que les tickets d’entrée minimum de la gamme se réduisaient, les tickets moyens suivaient la même tendance, tandis que l’âge moyen de l’investisseur type reculait également. De produit en produit, la part des souscripteurs gagnant moins de 55 000 euros par an a aussi augmenté.

Preuve que l’abaissement de cette barrière permet bien de toucher davantage de citoyens et de venir conforter l’un des grands objectifs de l’action. Soit celui de permettre au plus grand nombre de Français de financer les entreprises de leurs territoires (64 % du portefeuille sera composé de sociétés françaises, le reste se répartissant entre l’Europe et l’international par nécessité de diversification), tout en ayant accès à des rendements intéressants. Le TRI net devrait se situer entre 8 % et 10 % pour BE3, selon les parts.

 

Attention

 

Rien n’est toutefois garanti. Un ralentissement économique et la poursuite de l’atonie du marché des fusions-acquisitions pourraient potentiellement venir déjouer cet objectif de gestion. Les investisseurs sont prévenus. C’est d’ailleurs là où réside l’un des autres grands desseins de la gamme "Bpifrance Entreprises" : permettre aux Français de s’acculturer au capital-investissement. "Les trois premiers fonds ont été un levier de notoriété pour le capital-investissement. Neuf assureurs ont référencé au moins un fonds de la gamme dans leurs contrats d’assurance-vie", a souligné Adeline Lemaire.

Pour rendre la souscription plus accessible, également, une nouvelle version de la plateforme numérique de Bpifrance a été développée. Elle permettra de souscrire en toute autonomie à BE3 plus simplement. Une sorte de "livre blanc" numérique du capital-investissement a aussi été lancé en octobre dernier par France Invest et la banque publique d’investissement.

Au programme ? Durée du placement, illiquidité, risque de perte en capital… La classe d’actifs possède ses caractéristiques intrinsèques, n’ayant rien à voir avec les autres manières de gérer son épargne, qu’il s’agisse des placements les plus classiques ou de l’investissement dans des entreprises cotées. Et pourtant, "entre le Livret A et TotalEnergies ou Sanofi, il y a toute l’économie française", a rappelé Nicolas Dufourcq.

 

Gagnant-gagnant

 

"Notre ambition est que tous les gestionnaires d’actifs fassent comme nous", a relevé Adeline Lemaire. "Nous évoluons en ce sens", a poursuivi la dirigeante de l’activité Fonds de fonds de Bpifrance, citant entre autres Apax, Eurazeo ou Siparex. Il est vrai que la tendance est désormais bien amorcée. Les particuliers s’intéressent de plus en plus à la classe d’actifs et représentent eux-mêmes une manne intéressante pour les acteurs de l’industrie.

La publication, jeudi également, du premier indice dédié au private equity des particuliers par la plateforme de gestion de patrimoine Ramify, l’illustre bien. Il relève tout d’abord que le nombre de fonds de capital-investissement accessibles aux particuliers a doublé entre fin 2021 et 2023, passant de 23 entités à 50. Cette même année, la collecte de fonds dits "retail" a atteint 2 milliards d’euros, selon les données de France Invest. Une tendance qui devrait être appelée à se poursuivre, explique Ramify, et notamment au regard du soutien qu’apportera la nouvelle mouture du règlement européen ELTIF et l’entrée en vigueur de la loi industrie verte.

Pour l’heure, les fonds "Bpifrance Entreprises" comptabilisent, à mi-2024, près de 250 millions d’euros collectés et réunissent plus de 15 000 investisseurs. Il semblerait qu’il reste néanmoins du chemin à parcourir. Il y a près d’un an, une étude réalisée par OpinionWay pour le compte de Bpifrance et France Invest indiquait que sur un échantillon de 1 000 Français majeurs et appartenant à des catégories socioprofessionnelles supérieures, seuls 27 % d’entre eux connaissaient bien le capital-investissement. La proportion s’affichait toutefois en hausse de sept points sur un an. "Nous voulons construire un rendez-vous régulier entre la banque publique d’investissement et le citoyen, sachant que les sommes que nous levons sont réinvesties dans les fonds, qui réinvestissent dans les PME. Ici, notre LP, c’est le peuple", a soutenu Nicolas Dufourcq.

 

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