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Professions financières / Bpifrance / fonds de fonds / Sociétés de gestion / Adeline Lemaire / Nicolas Dufourcq

Professions financières
Bpifrance / fonds de fonds / Sociétés de gestion / Adeline Lemaire / Nicolas Dufourcq

Les sociétés de gestion partenaires de Bpifrance ont fait du chemin / La poudre sèche est au rendez-vous

De plus grands fonds, davantage de verticales d’activité et des montants levés qui augmentent : les sociétés de gestion partenaires de Bpifrance n’ont pas chômé depuis la création de la banque publique d’investissement. La dynamique se reflète aussi dans celle de l’activité de fonds de fonds de Bpifrance, pour qui les prochains défis à relever sont déjà bien identifiés.
(Photo by ERIC PIERMONT / AFP)
(Photo by ERIC PIERMONT / AFP)

Le bilan est prolifique, les défis à venir seront à la hauteur. Ce jeudi, Bpifrance a publié le bilan de son activité fonds de fonds pour 2022. L’occasion, également, de faire une rétrospective de son évolution sur la dernière décennie, dixième anniversaire de la banque publique d’investissement oblige.

Et force est de constater que le métier de Bpifrance au travers duquel la banque investit dans des fonds nationaux ou régionaux a fructifié sur la période. Tout comme l’activité des sociétés de gestion avec qui elle collabore. Depuis 2013, la taille moyenne des fonds partenaires a augmenté de 50 %, 200 sociétés de gestion sont désormais partenaires et 40 équipes de gestionnaires gèrent aujourd’hui plus d’1 milliard d’euros. Ce nombre s’élevait à cinq il y a dix ans. La part des plateformes parmi les sociétés de gestion partenaires a d’ailleurs doublé sur la période, signifiant qu’un nombre croissant d’entre elles possède désormais plusieurs thèses d’investissement. Enfin, en dix ans, 95 milliards d’euros ont été levés par les fonds partenaires de la banque (au nombre de 600 à date).

"C’est notre mandat que d’animer et de renouveler l’écosystème", a relevé Nicolas Dufourcq, le directeur général de Bpifrance, devant les journalistes. Pour ce faire, la stratégie est restée inchangée : l’objectif est d’assurer un continuum de financement, de l’amorçage au retournement, en passant par le risque, la croissance, le développement et la transmission.

 

Un taux d’emprise orienté à la baisse

 

Alors la banque s’affaire aussi à intensifier son niveau d’activité. De 400 millions d’euros en 2013, Bpifrance a souscrit pour 1,6 milliard d’euros dans des fonds partenaires en 2022. Une année d’ailleurs dynamique pour le métier de la banque. Les entreprises en portefeuille sont au nombre de 5 500 (elles étaient 4 000 en 2019) et 70 nouveaux investissements ont été réalisés au titre de l’année passée. Soit 20 de plus qu’en 2019.

Preuve de la santé de l’écosystème des financements privés, l’empreinte (poids dans un fonds) de Bpifrance s’affiche par ailleurs à la baisse. Sur les millésimes de 2013 à 2017, elle atteignait 17 % au total. De 2018 à 2022, elle a atterri à 13 %. Mais l’environnement a changé depuis le début de l’année 2023. Entre la remontée des taux d’intérêt et les conflits géopolitiques, les investisseurs se montrent plus frileux et les levées de fonds se compliquent.

"Cette latence plus importante se traduit, cette année, par un fort soutien. Notre taux d’emprise sera supérieur, car c’est une bonne manière d’agir en tant que catalyseur. Nous pouvons représenter jusqu’à 30 %, il s’agit de la même approche que pendant la crise sanitaire", a de son côté souligné Adeline Lemaire, directrice exécutive Fonds de fonds de Bpifrance. Et l’effet de levier de la banque continue à faire effet : pour 1 euro investi par Bpifrance dans un fonds français, 6 euros sont levés auprès d’investisseurs tiers.

 

La poudre sèche comme indicateur pertinent

 

De plus, pas de quoi s’inquiéter, puisque le dry powder (ou poudre sèche, soit le montant disponible pour la réalisation de nouveaux investissements) des fonds partenaires de Bpifrance s’élève désormais à 28 milliards d’euros. Ils sont équitablement répartis entre les start-ups et les PME et ETI. Les fonds levés en 2022 et 2023 représentent 50 % de ce montant. "C’est l’indicateur de performance le plus fort. Les fonds ont la capacité d’attendre quand les levées de fonds prennent plus de temps et d’accompagner quand il le faut", a observé Adeline Lemaire. Les partenaires de Bpifrance ont d’ailleurs déjà investi 2,8 milliards d’euros au fil du premier semestre 2023, après un record atteint à 7,1 milliards d’euros au titre, respectivement, des années 2021 et 2022.

Alors cap sur la suite, puisque les défis à relever sont déjà bien identifiés : pousser les fonds à créer des verticales de buy-out pour la Tech, encourager la cotation des sociétés technologiques et notamment grâce aux investisseurs dits "cornerstone" (garantissant en amont d’une introduction en Bourse le placement d’une partie des titres). Enfin, soutenir l’émergence du capital-risque industriel. Autant d’objectifs qui passeront par la volonté des sociétés de gestion partenaires de Bpifrance de s’y consacrer.

À ce sujet, pour les accompagner, Bpifrance a d’ailleurs lancé en janvier sa sixième promotion d’accélérateur dédiée. Un modèle que la banque publique d’investissement applique déjà aux chefs des entreprises qu’elle accompagne. Au total, 60 sociétés de gestion sur les 200 partenaires de Bpifrance y ont fait leurs classes. "Dès le départ, nous avons dit aux gérants : vous êtes des entrepreneurs. […] Notre discours sur l’autolimitation, nous leur avons aussi appliqué", a souligné Nicolas Dufourcq.

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