Macro-économie / Taux / industriels / prix de l'énergie / INSEE
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Comment les entreprises s’organisent face à la flambée des prix de l’énergie / Les firmes privilégient d’abord les hausses de prix
L’inflation ne touche pas que les consommateurs, les entreprises aussi sont affectées. Alors que la facture énergétique reste encore élevée, sous le coup d’une inflation de 14,1 % sur un an en février, les firmes industrielles françaises redoublent d’ingéniosité pour répercuter la hausse des coûts. En cause, notamment, les "règles obsolètes" du marché européen de l'électricité, dénonce le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, qu'il accuse de gonfler artificiellement les prix de l'électricité et que la France dénonce depuis plusieurs mois.
Hausse des prix, pas de l’activité
La répercussion sur les prix demeure, sans surprise, la solution la plus souvent avancée par les industriels. Selon l’Insee, près de la moitié des entreprises envisagent une augmentation de leurs prix de vente au cours des trois prochains mois, contre plus de 60 % en novembre. Ce chiffre atteint même environ 70 % dans l’industrie agroalimentaire. Elles sont aussi nombreuses à prévoir d’adapter leurs méthodes de production, de comprimer leur marge et même d’engager des investissements pour réduire leur facture énergétique, dans une moindre mesure.
Plus rassurant, seules 3 % des entreprises industrielles anticipent une baisse de leur activité au cours des trois prochains mois, en lien avec le contexte énergétique. Ces proportions restent en revanche plus élevées dans certains secteurs plus gourmands en énergie comme la métallurgie, la chimie ou l’industrie du bois et du papier.
Une histoire de contrat
Malgré un reflux des prix de marché de gros de l’électricité et du gaz depuis la mi-décembre, marquant un retour aux niveaux d’avant le début de la guerre en Ukraine, les entreprises témoignent en février de réactions face aux prix de l’énergie "globalement et qualitativement assez proches" de la dernière enquête réalisée en fin d’année dernière, observe l’Insee.
Pour la plupart des entreprises en effet, les prix d’achat ne sont pas directement indexés sur le prix de gros mais sont plutôt fixés sur une durée contractuelle et dépendent donc des modalités et du calendrier du contrat de fourniture d’énergie. Les plus touchées restent les firmes qui avaient signé des contrats pluriannuels au second semestre 2022, au plus fort de la flambée des prix.
En attendant que les vents contraires cessent de souffler, beaucoup d’industriels, français et européens, regardent avec espoir la proposition de réforme du marché de l’électricité présentée mardi par la Commission européenne. Elle devrait permettre d’ici la fin de l’année, de stabiliser les prix et de renforcer la compétitivité du Vieux Continent, mise à mal par l’IRA américain. De quoi redonner un peu de baume au cœur des entreprises et des consommateurs.
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