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Macro-économie / Taux / Fed / SVB / prêts

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Fed / SVB / prêts

krach SVB : la Fed ressort la planche à billets / Elle a injecté plusieurs centaines de milliards de dollars en sept jours

KRACH BANCAIRE. Avec la naissance d’une inquiétude à l’égard du secteur financier, les banques américaines ont emprunté pour près de 160 milliards de dollars auprès de la Réserve fédérale américaine, qui a injecté une somme semblable dans la banque-relais conçue pour permettre aux clients de Silicon Valley Bank et Signature Bank de retrouver leurs fonds.
Jerome Powell, président de la Réserve fédérale américaine - Graeme Jennings/Pool/XINHUA-REA
Jerome Powell, président de la Réserve fédérale américaine - Graeme Jennings/Pool/XINHUA-REA

Son quantitative tightening (réduction de la taille du bilan) a du plomb dans l’aile. Alors que depuis neuf mois, la Réserve fédérale américaine (Fed) a amorcé la baisse de la taille de son bilan dans le cadre de sa lutte contre l’inflation (il a diminué de 600 milliards de dollars, soit environ 7 %), il n’aura fallu qu’une semaine pour voir l’impact du quantitative tightening réduit de moitié.

De fait, alors que le secteur bancaire traverse une mauvaise passe, du fait de trois faillites ayant frappé les Etats-Unis en l’espace de quelques jours (Silvergate Bank, Silicon Valley Bank et Signature Bank), les injections de liquidités conduites par la Fed se sont élevées à plus de 300 milliards de dollars entre le 8 et le 15 mars.

 

Ruée sur les liquidités

 

Les banques américaines se sont pressées à son guichet pour emprunter 160,2 milliards de dollars à travers, d’une part, sa fenêtre d’escompte (discount window – 148,3 milliards de dollars), qui consiste en un prêt pouvant aller jusqu’à trois mois et d’autre part via le mécanisme qu’elle a mis sur pied à l’occasion du déclenchement de la faillite de Silicon Valley Bank (SVB) : Bank Term Funding Program (BTFP), un programme visant à octroyer un prêt allant jusqu'à un an pour les banques rencontrant des problèmes de liquidités (11,9 milliards de dollars).

Fait on ne peut plus important : les garanties apportées par les banques (collatéral) en vue d’obtenir le prêt, dans le cadre du BTFP, ne sont pas comptabilisées à la valeur de marché par la Fed.

Ainsi la perte de la valeur des titres à revenu fixe survenue depuis un an liée au resserrement monétaire est donc effacée, ce qui permet donc aux banques de réclamer plus de liquidités au lieu de vendre leurs titres sur le marché pour obtenir de moindres fonds tout en subissant une perte. Ces moins-values latentes représentent 620 milliards de dollars, soit près de 30% des fonds propres des banques américaines.

 

Banque-relais

 

Par ailleurs, l’actif de la Fed s’est vu également gonfler de 142,8 milliards de dollars dans le cadre de la résolution de Silicon Valley Bank et Signature Bank. En effet, une "banque-relais" a été créée à l’initiative du Fonds de garantie des dépôts (FDIC) : ce type de structure prend en charge les dépôts et certains autres engagements et achète certains actifs d’une banque en faillite.

La Fed a fait un prêt collatéralisé et garanti par le FDIC à cette structure  (le poste est other credit extensions tel qu’on le lit dans son bilan) pour que les déposants de SVB et Signature Bank retrouvent leurs fonds (à l’origine, seuls les dépôts d’un montant inférieur à 250.000 dollars étaient assurés par le FDIC, règle qui a été levée à l’occasion de ces faillites).

Ces données n’ont rien d’anodines. "Le chiffre de l’utilisation du guichet d’escompte dépasse le précédent record de 111 milliards de dollars atteint lors de la crise financière de 2008", font remarquer les économistes de Deutsche Bank, qui rappellent tout de même qu' "en fonction du niveau global des dépôts, les données d’hier représentent environ 1 % des dépôts, alors qu’au plus fort de la crise financière mondiale, l’utilisation du guichet d’escompte au cours d’une semaine atteignait 1,8 % des dépôts".

Selon Paul Ashworth, chef économiste chez Capital Economics, l’heure n’est pas à relativiser, en ce sens que "l’ampleur du pic des prêts d’urgence de la Fed souligne qu’il s’agit d’une crise très grave du système bancaire qui aura des répercussions importantes sur l’économie réelle".

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