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Bpifrance veut ouvrir une marche avec le fonds "Amorçage Industriel" / Il est destiné à des start-ups industrielles qui peinent à se financer
Lorsqu’il s’agit de montrer l’exemple, Bpifrance aime répondre à l’aide d’un fonds d’investissement. Le dernier en date se nomme Amorçage Industriel. Doté de 50 millions d’euros, il a précisément été lancé par la banque publique d’investissement française afin de venir soutenir une catégorie de jeunes pousses qui peine, pour l’instant, à trouver des financements : celle des industrielles opérant en France sur des marchés d’ores et déjà matures et qui, sans développer de technologies différenciantes, parviennent tout de même à déployer des capacités de distinction.
Par exemple, "sur le vélo électrique. Nous avons le marché du vélo qui est mature, mais le segment de l’électrique qui est en croissance. C’est un marché où il est possible de se différencier avec le produit, son design, l’expérience client ou encore le modèle de distribution", explique à WanSquare Raphaël Didier, directeur transformation et stratégies de Bpifrance. En clair, il s’agit donc de ces jeunes entreprises qui développent en France des innovations incrémentales – soit pas à pas, pour qu’une amélioration ne crée pas de dysfonctionnement -, en phase d’industrialisation et sur des marchés installés où il n’existe pas forcément de technologie de rupture.
Si elles peinent aujourd’hui à trouver des financements, c’est parce que "les investisseurs en capital-risque sont traditionnellement davantage intéressés par des modèles numériques, avec des indicateurs clés de performances et des trajectoires de croissance plus établies. Avec ce fonds, on adresse des projets avec une composante hardware que les investisseurs aiment moins", souligne Raphaël Didier. Bpifrance a ainsi recensé plus de 400 entreprises correspondant à ces critères à fin 2022. En 2021, moins de 40 % de ces start-ups avaient levé des fonds et 50 % d’entre elles avaient réalisé un tour de table supérieur à 1,5 million d’euros.
Savoir se distinguer
Alors pour créer de la valeur et attirer les investisseurs, ces jeunes pousses doivent se différencier. "Il y a une multitude de manières de le faire. Les entreprises peuvent faire du made in France, ajouter une couche de soft pour améliorer l’expérience client ou encore proposer un modèle écoresponsable", souligne le directeur transformation et stratégies de Bpifrance.
Et en ouvrant la marche au travers du fonds Amorçage Industriel, via des prises de participation minoritaires dans ces sociétés "en phase expérimentale de production en série", indique Bpifrance, la banque entend bien produire "un effet de levier sur le privé et montrer la marche à suivre aux acteurs financiers", avance Raphaël Didier. Les tickets unitaires se situeront dans une fourchette de 250 000 euros à 2 millions d’euros.
Le lancement du fonds est prévu pour le deuxième trimestre 2023. Si Raphaël Didier préfère pour l’instant rester discret sur les dossiers auxquels s’intéresse Bpifrance, il soutient que "le deal flow est très dynamique. Nous avions déjà des projets avant l’annonce du lancement, depuis nous avons des propositions externes. Tout cela est prometteur. Nous resterons sélectifs et nous ferons en sorte de travailler avec d’autres acteurs de l’investissement".
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