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Macro-économie / Taux
Made in France / France / europe
Le made in France ne souffre pas de la comparaison avec ses voisins / Il n’en reste pas moins en baisse depuis 1965
Le contenu en valeur ajoutée française de la demande intérieure finale française ou made in France est de longue date un enjeu politique. Ce qui ne l’a cependant pas empêché de baisser de 11 points entre 1965 et 2019. Le dernier Insee Analyses en date affirme certes que "cette tendance à la baisse du made in est commune aux pays européens et reflète la mondialisation croissante des dernières décennies, notamment l’expansion du commerce chinois depuis le début des années 2000". La dynamique n’en reste pas moins exacerbée dans certains secteurs tels que "les produits manufacturiers, pour lesquels il (la part du made in France, ndlr) est passé de 82 % à 38 %".
Lueur
Cependant, plusieurs motifs d’espoirs sont relevés par l’Insee, notamment en ce qui concerne la relocalisation d’activités. Il est argué que "l’implantation d’une production sur le territoire a des répercussions sur l’ensemble des chaînes de valeur. Ces mécanismes d’entraînement via les fournisseurs accroissent les effets favorables sur l’activité et l’emploi en France de l’installation d’un nouvel établissement, relativement à la création d’une installation similaire à l’étranger".
Tous les secteurs sont également loin de connaître le même sort que l'industrie manufacturière avec une part du Made in France qui est plus élevée "pour l’énergie (50 %) et les biens agricoles (58 %), et encore plus pour les services marchands (80 %) et la construction (96 %)". Ce qui s’explique aisément par des biens industriels et agricoles qui peuvent être importés, là où cela est bien plus compliqué concernant les services ou la construction. De même en ce qui concerne "l’énergie, la production est essentiellement intérieure, mais les matières premières sont importées dans les pays qui, comme la France, ne disposent pas de ressources fossiles sur leur territoire ".
Ce n’est pas pour autant une fatalité avancent les auteurs, puisqu’en travaillant à "localiser l’investissement sur le territoire national [cela] induit des effets directs sur l’emploi et la valeur ajoutée, ou encore sur les émissions de carbone engendrées, mais aussi des effets indirects qui passent par la réorganisation des chaînes de valeur locales et internationales". Les simulations effectuées avec un établissement qui s’installe soit en France ou à l’étranger, donnent des "ordres de grandeur mettant en évidence les écarts entre secteurs, notamment dans l’industrie manufacturière où se concentrent les enjeux de vulnérabilité et dont les choix d’implantation entre pays sont plus guidés par des logiques d’attractivité que dans la plupart des services".
Ainsi, "un établissement manufacturier produisant 1 milliard d’euros de valeur ajoutée s’installait en France plutôt qu’à l’étranger, la valeur ajoutée augmenterait en France de 2,0 milliards d’euros en tout, avec un entraînement des chaînes de fournisseurs de cet établissement à hauteur de 1,0 milliard d’euros". Ce qui s’explique par un " multiplicateur de valeur ajoutée, c’est-à-dire la hausse de valeur ajoutée totale rapportée à la hausse de valeur ajoutée de l’établissement supplémentaire, [qui] est donc égal à 2,0 dans l’industrie manufacturière."
Un effet d’entraînement jugé a contrario "plus faible avec un établissement dans la construction (multiplicateur de valeur ajoutée égal à 1,9), l’agriculture (1,7) et les services marchands (1,6)". Pourtant privilégier l’Hexagone lui est d’autant plus favorable, que cela induit également un effet positif pour le solde extérieur français ; il apparaît qu’une hausse de la production sur le territoire national va permettre tant d’augmenter les exportations que de diminuer le volume des importations. L’Insee avance que " la localisation en France plutôt qu’à l’étranger d’activité manufacturière générant directement 1 milliard d’euros de valeur ajoutée créerait 24 400 emplois en tout".
Transition salvatrice
Un des effets positifs de la transition écologique se fait également sentir et ce en raison d’une moindre intensité en gaz à effet de serre de la production française relativement aux autres pays. En d’autres termes : "cela accroît les émissions sur le territoire national mais diminue l’empreinte carbone du pays ". Un atout supplémentaire pour le territoire français pour attirer de nouveaux investissements alors que l’importance des thématiques environnementales va croissant tant pour les marchés que pour les industriels.
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