WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Macro-économie / Taux / europe / nucléaire / France / écologie

Macro-économie / Taux
europe / nucléaire / France / écologie

Conseil européen : le nucléaire ne fait guère carton plein / La transition énergétique européenne pourrait le snober quelque peu

Dans le cadre de la proposition de règlement afférent au "Net-Zero Industry Act", faite par la Commission européenne, visant à soutenir la production de technologies propres sur le Vieux continent, le nucléaire, même de pointe, ne bénéficierait pas des mêmes avantages que les énergies renouvelables. Au grand dam des thuriféraires de l’atome.
Emmanuel Macron, président de la République - EUC/ROPI-REA
Emmanuel Macron, président de la République - EUC/ROPI-REA

Le verre est à moitié plein pour le nucléaire. Alors que l’Union européenne (UE) a pour ambition de diminuer de plus de moitié ses émissions de gaz à effet de serre en 2030, par rapport aux niveaux prévalant en 1990, et d’avoir une industrie verte compétitive au plan mondial, " le nucléaire peut jouer un rôle dans notre effort de décarbonation", a reconnu Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, en marge du Conseil européen s’étant tenu la semaine dernière. Le diable est toutefois dans les détails.

 

Industrie propre européenne

 

Lors du Conseil européen, les chefs d’Etat et de gouvernement du Vieux continent ont notamment discuté de la proposition de règlement de la Commission européenne nommée "Net-Zero industry Act", un des instruments pensés en réponse à l’IRA américain et au défi que constitue l’atteinte de la neutralité climatique en 2050.

Ce règlement vise à créer de meilleures conditions pour mettre en place des projets "zéro net" en Europe et attirer des investissements, l’objectif étant que la capacité de production globale des technologies "zéro net" stratégiques de l’Union se rapproche ou atteigne au moins 40 % des besoins de déploiement de l’Union d’ici à 2030, détaille la Commission européenne.

"Ce texte nous permettra de faciliter les investissements, de simplifier l’installation de nouveaux projets, de renforcer les compétences, de mieux coordonner nos aides et d’expérimenter avec des réglementations plus souples et plus adaptées ", a fait valoir le président de la République Emmanuel Macron, à l’occasion d’une conférence de presse.

Plusieurs technologies propres en profiteront : l’énergie solaire photovoltaïque et l’énergie solaire thermique, l’énergie éolienne terrestre et les énergies renouvelables en mer, les batteries et le stockage, les pompes à chaleur et l’énergie géothermique, les électrolyseurs et les piles à combustible, le biogaz/biométhane, le captage, l’utilisation et le stockage du carbone, les technologies des réseaux électriques, les technologies des carburants de substitution durables ainsi que… les technologies avancées de production d’énergie à partir de processus nucléaires avec un minimum de déchets issus du cycle du combustible, les petits réacteurs modulaires et les combustibles connexes les plus performants.

 

Nucléaire mis à l’écart

 

Les pays européens fervents défenseurs de l’industrie nucléaire (dont fait évidemment partie la France qui en retire 70 % de son électricité et certains pays d’Europe centrale) ont plusieurs griefs à l’encontre de cette proposition de règlement, soutenue entre autres par l’Allemagne et l’Autriche, qui sera bientôt débattue au Parlement européen.

D’une part, seul le nucléaire de pointe y figure. D’autre part, "les technologies 'zéro net' stratégiques recensées dans l’annexe du règlement bénéficieront d’un soutien particulier et seront soumises au critère de référence de production nationale de 40 %". Or, il ressort de la consultation de cette annexe que les nouvelles technologies liées à l’atome en sont complètement absentes ; elles pourraient donc voir le financement leur étant octroyé, qu’il soit privé ou public, réduit à la portion congrue alors que les besoins s’annoncent immenses et le "choc de simplification" promis par la Commission s’avérer moindre.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article