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La marge de manoeuvre financière d'Atos reste mince / Le refus d'Airbus sur Evidian recréé de l'incertitude
Ce n’est pas parce que les activités de la future entité Evidian d’Atos sont en forte croissance et considérées comme les plus prometteuses qu’elles se vendent si facilement. Cela dépend du moins du prix, et du périmètre. Obtenir le beurre et l’argent du beurre n’est pas toujours possible. En voulant céder une partie de ces activités de cybersécurité et de transformation numérique pour en cristalliser la valeur sans en céder le contrôle dans le cadre de sa restructuration, Atos joue peut-être avec le feu.
La fin de non-recevoir envoyée mercredi par Airbus pour l’acquisition d’une participation de 29,9% dans Evidian n’est pas très bon signe pour qu'une vente se réalise, quel que soit l'acheteur potentiel. "La rapidité avec laquelle Airbus a annoncé la fin des discussions, après avoir suggéré d'autres modes opératoires, semble être une indication que le conseil d'administration d'Atos reste arc-bouté sur sa position de vendre seulement 30% de Evidian à un prix élevé", observe Oddo BHF. Car tandis qu’Atos réclamait 1,2 milliards d’euros à Airbus, le consensus des analystes est beaucoup moins optimiste sur la valorisation d’Evidian avec une "valeur d’entreprise estimée d’environ 5 milliards d’euros environ pour cet actif, soit 550 millions d’euros au mieux pour 30% de l’Equity", note le bureau.
Le refus de la part du groupe européen d’aéronautique et de défense qui discutait depuis février avec Atos maintient en tout cas le groupe dans une situation plus difficile que ce qu’il pouvait escompter. Si Atos a retrouvé de l’allant sur le plan opérationnel, avec des activités historiques d’infogérance qui ont retrouvé la rentabilité plus tôt que prévu, ses liquidités restent sous pression, alors que l’échéancier de remboursement de ses emprunts reste chargé.
L’entreprise détenait 3,3 milliards d'euros de trésorerie brute à fin 2022 ajoutée à une ligne de crédit disponible de 900 millions d’euros, mais elle doit rembourser 2,5 milliards d’euros de dette d’ici 2024, a calculé le cabinet Octo Finances. En tenant compte d’investissements pour 400 millions d’euros et d’un coût supplémentaire de la restructuration la restructuration de 400 millions d’euros également, celui-ci évalue les besoins de liquidités à un peu plus de 3,3 milliards d’euros d’ici l’année prochaine, face à des sources de liquidités qu’il estime à quasiment 3,8 milliards d’euros.
La marge de manœuvre s'avère ainsi "délicate pour Atos en l’absence d’une cession de ses actifs", pointe Octo Finances. Alors que selon le plan stratégique présenté en juin dernier, le groupe a besoin d'au moins 1 milliard d’euros pour le plan de restructuration de son activité historique d’infogérance Tech Foundations (TFCo), l’entité qui doit garder le nom d'Atos après la scission d’avec Evidian prévue en juillet prochain.
"La solution qui conviendrait à toutes les parties prenantes serait une cession à la découpe, qui a été jusqu’à là écarté par le management d’Atos", poursuit Octo Finances. Dans ce cas, le groupe de défense Thales, qui avait indiqué en début d’année qu’il ne ferait pas d'offre pour prendre une part dans Evidian, pourrait peut-être revenir dans la partie.
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