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Les fonds activistes ne faiblissent (toujours) pas / Les plus grosses capitalisations européennes dans le viseur
Si l’année 2022 avait déjà été marquée par un retour en force des fonds activistes après deux ans de pandémie mondiale, ces derniers se sont encore montrés très dynamiques au cours des premiers mois de 2023. Selon les premières tendances relevées dans la nouvelle édition de l’étude Activisme Actionnarial de Lazard, 69 nouvelles campagnes au niveau mondial ont en effet été recensées au premier trimestre, soit le deuxième trimestre d’activité le plus élevé depuis 2019.
Chasse en meute
Quelle que soit leur localisation géographique dans le monde, ce sont les méga-capitalisations (capitalisation boursière supérieure à 50 milliards de dollars) qui ont été le plus frappées par le phénomène activiste. Elles concentrent en effet 16 % de l’activité au premier trimestre, soit la part la plus élevée jamais enregistrée par Lazard et la quatrième année consécutive d’augmentation. Dans le détail, elles ont représenté 20 % des cibles aux Etats-Unis (contre 13 % en moyenne en 2022) et ont atteint un pic en Europe avec 22 % de toutes les entreprises ayant fait l’objet d’une campagne (contre 11 % en moyenne l’année précédente).
Et c’est le secteur industriel, qui ne comptait pourtant que pour 11 % des cibles au quatrième trimestre 2022, qui fut le principal concerné par ces attaques au cours des trois premiers mois de l’année 2023, avec 16 campagnes. Au cours de la période, les fonds activistes ont même chassé en meute, selon la banque : 36 % des campagnes ont été lancées dans des entreprises qui avaient déjà été ciblées dans le passé, telles que Salesforce, Disney ou Bayer.
L’appétit des fonds n’a cependant pas été le même partout sur la planète. Les Etats-Unis, par exemple, semblent avoir vécu une petite période de répit. Si le mouvement s’y était particulièrement accéléré l’année dernière, concentrant 60 % du nombre total de campagnes lancées (135, une hausse de 41 % sur un an), les campagnes américaines ont chuté à 42 % de toute l’activité mondiale sur les trois premiers mois de l’année. Une baisse d’autant plus importante que l’activité outre-Atlantique était en moyenne de 55 % depuis 2019.
Féroces en Allemagne
A l’inverse, en Europe, malgré un ralentissement relatif en 2022 (60 campagnes), Lazard y constate un regain d’intérêt historique des fonds activistes avec 21 nouvelles campagnes (30 % de l’ensemble de l’activité mondiale), soit le premier trimestre le plus actif jamais enregistré sur le Vieux continent, et l’un des trimestres les plus actifs de ces dernières années, égalant même les niveaux les plus élevés du troisième trimestre 2019 ou du quatrième trimestre 2020. A noter également que les "primo-activistes", phénomène observé depuis juillet dernier par la banque et notamment aux Etats-Unis, se sont d’ailleurs particulièrement intéressés à l’Europe au premier trimestre : 36 % de ces nouveaux acteurs y ont attaqué des entreprises (contre 29 % outre-Atlantique), soit une augmentation de 26 %.
Les demandes liées aux fusions et acquisitions ont été particulièrement fréquentes sur le continent, apparaissant dans 57 % de toutes les campagnes européennes, sous l’impulsion d’une poussée des appels à la cession, selon l’étude.
Et une fois n’est pas coutume, la férocité des fonds activistes ne s’est pas déversée outre mesure sur les sociétés françaises, l’Hexagone ayant même perdu sa seconde place des cibles les plus privilégiées d’Europe, au profit de l’Allemagne (33 % des campagnes, un record). Le Royaume-Uni reste toujours en première position (38 % des campagnes).
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