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La Banque centrale suisse redresse la tête / Les marchés financiers font s’envoler ses profits
Le compte de résultat de la Banque nationale suisse (BNS) affiche une meilleure forme en ce début 2023. L’institut d’émission helvète a enregistré un bénéfice de 26,9 milliards de francs suisses (27,9 milliards d’euros) lors des trois premiers mois de l’année, alors qu’il avait affiché une perte de 32,7 milliards de francs sur la même période il y a un an. Ces profits succèdent à une perte historique de 132,5 milliards de francs en 2022 et s’expliquent à 90% par ses placements en devises (le reste provient de la plus-value générée sur son stock d’or).
Placements colossaux
Pour mémoire, la BNS est à la tête de 761,3 milliards de francs de placements en devises (80% de la taille de son bilan), soit un montant qui dépasse la valeur du Produit intérieur brut (PIB) suisse. Ses placements en monnaies étrangères sont notamment libellés en dollars (38%), euro, (37%), yen (8%), livre sterling (6%) ou encore dollar canadien (3%).
Ce magot provient d’années d’interventions sur le marché des changes, qui ont visé à limiter l’appréciation du franc suisse. De sorte que les centaines de milliards de devises qu’elle a acquis ont ainsi été par la suite recyclés dans les classes d’actifs que sont les actions et obligations.
Dans le détail, les titres à revenu fixe représentent les trois quarts de ses investissements et les actions près du quart restant (1% de placements bancaires).
C’est ainsi que la baisse des taux obligataires observée cet hiver, qui fut nourrie par des anticipations de fin de cycle de hausse des taux directeurs des Banques centrales au cours des prochains mois, a entraîné une appréciation de ses placements obligataires de 8,5 milliards de francs et les intérêts touchés se sont élevés à 2,5 milliards de francs.
De leur côté, les placements en actions, qui ont profité de la détente obligataire ainsi que de la réouverture de la Chine et des très bons résultats des entreprises, ont affiché un gain de 14,7 milliards de francs. Le produit des dividendes, lui, a atteint 871,4 millions de francs. Adoptant une gestion passive, la BNS détient un portefeuille d’actions englobant des titres d’un peu plus de 7 000 émetteurs différents (1 300 entreprises à moyenne et à grande capitalisation, quelques 4 500 entreprises à faible capitalisation de pays industrialisés et un peu moins de 1 200 entreprises de pays émergents).
"Le résultat de la Banque nationale dépend principalement de l’évolution sur les marchés de l’or, des changes et des capitaux. C’est pourquoi de fortes fluctuations sont la règle, et il n’est que difficilement possible d’en tirer des déductions pour le résultat de l’exercice en cours", a indiqué la BNS.
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