Macro-économie / Taux / Banque nationale suisse / Marchés / réserves de change
Macro-économie / Taux
Banque nationale suisse / Marchés / réserves de change
Ça barde pour la Banque centrale suisse
Elle a beaucoup fait parler d’elle en juin, quand, pour la première fois depuis 2015, elle a remonté son taux directeur à l’image de nombreuses Banques centrales de pays développés.
Un évènement au moins aussi important a frappé la Banque nationale suisse (BNS) lors du premier semestre 2022 : elle a affiché une perte de 95,2 milliards de francs suisses (97,9 milliards d’euros). "Une perte de 97,4 milliards de francs a découlé des positions en monnaies étrangères. Le stock d’or a généré une plus-value de 2,4 milliards de francs. Les positions en francs ont dégagé un bénéfice de 35,1 millions de francs", a précisé l’institut d’émission.
Les positions en monnaies étrangères de la Banque centrale sont colossales, elles représentaient 966,2 milliards de francs suisses fin 2021 (993,3 milliards d’euros), soit l'équivalent de 130% du Produit intérieur brut (PIB) de l’économie helvète.
Contrairement à la Réserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne, la Banque du Japon ou encore la Banque d’Angleterre, l’explosion du bilan de la BNS ne trouve pas son origine dans la conduite de politiques monétaires non-conventionnelles (achats de titres publics domestiques) ; elle est le produit d’années d’interventions sur le marché des changes visant à limiter l’appréciation du franc suisse. C’est ainsi qu’une fois acquis, ces tombereaux de devises ont par la suite été recyclés dans les classes d’actifs que sont les actions et obligations.
D'après son dernier rapport de gestion, la Banque centrale suisse détient un portefeuille d’actions englobant des titres d’un peu plus de 7 000 émetteurs différents (1 300 entreprises à moyenne et à grande capitalisation, quelque 4 500 entreprises à faible capitalisation de pays industrialisés et un peu moins de 1 200 entreprises de pays émergents) : elle a une gestion passive et se garde de surpondérer ou de sous-pondérer certaines entreprises ou certains secteurs, s'évitant ainsi de s’exposer à des risques de concentration plus marqués que ceux qui prévalent sur le marché, fait-elle savoir dans son rapport.
Aussi, c’est la débâcle que les marchés obligataires et actions ont connue durant les six premiers mois de l’année causée par la guerre en Ukraine, l’accélération de l’inflation et la normalisation de la politique monétaire des Banques centrales des deux côtés de l’Atlantique qui a entraîné une perte faramineuse pour la BNS. Dans le détail, les deux tiers des placements de la Banque centrale sont composés de titres à revenu fixe (64% d’obligations d’Etat) et trois quarts de ses actifs en devises sont libellés en euros ou en dollars.
"Le résultat de la Banque nationale dépend principalement de l’évolution sur les marchés de l’or, des changes et des capitaux. C’est pourquoi de fortes fluctuations sont la règle, et il n’est que difficilement possible d’en tirer des déductions pour le résultat de l’exercice en cours", prévient la Banque centrale.
Au 30 juin 2022, le bilan de la BNS pesait plus de 1.000 milliards d'euros, dont près de 100 milliards d'euros de fonds propres.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

