Macro-économie / Taux / Banque Mondiale / Matières premières / économies émergentes
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Banque Mondiale / Matières premières / économies émergentes
Les émergents sous la pression des produits de base / Leur croissance pourrait pâtir de la baisse des prix
Baisse des prix en vue, gare aux secousses. Loin de faire les affaires de tout le monde, la Banque mondiale avance que la baisse des prix de ces denrées de base risque de provoquer des remous cette année. Notamment en "assombrissant les perspectives de croissance de près de deux tiers des économies en développement qui dépendent de l'exportation de ces produits". D’autant plus qu’elles vont souffrir de l’insécurité alimentaire qui demeure extrêmement élevée.
Du côté des équipes de David Malpass, président de la Banque mondiale, on estime que si les prix des denrées alimentaires devraient diminuer de 8 % en 2023 ; il n’en reste pas moins que "les prix réels des denrées alimentaires en 2023 resteront à leur deuxième niveau le plus élevé depuis 1975, dépassé seulement par 2022." En conséquence ce sont "plus de 349 millions de personnes dans le monde [qui] devraient être confrontées à l’insécurité alimentaire cette année, soit deux fois plus qu’en 2020, en raison des prix élevés des denrées alimentaires et des engrais, des conflits et des chocs économiques et climatiques ".
Croissance atone
Nombre d’indicateurs dévoilés par la Banque mondiale, dans ce rapport annuel sur les produits de base, font état d’une croissance en berne cette année. Ainsi, le "prix des matières premières agricoles, qui comprennent le coton, le bois et le caoutchouc, diminueront d’environ 6 pour cent en 2023, reflétant la faible croissance de la demande industrielle mondiale, et rebondiront de 2 pour cent en 2024 avec la reprise de la demande chinoise".
De la même façon, les "prix des métaux et des minéraux, qui ont brièvement augmenté en janvier 2023, devraient chuter de 8 pour cent en 2023 par rapport à l’année dernière et de 3 pour cent supplémentaires en 2024". Une dynamique qui s’explique en partie par une reprise en Chine qui devrait principalement profiter au secteur des services.
À tâtons
De quoi donner des sueurs froides aux dirigeants à travers le monde, qui peuvent être quelque peu déboussolés face à une situation compliquée avec une inflation persistante qui s’ancre dans le paysage. Indermit Gill, économiste en chef et premier vice-président de la Banque mondiale pour l’Économie du développement, leur martèle que bien qu’en "termes réels, les prix des denrées alimentaires resteront à un niveau parmi les plus élevés de ces cinq dernières décennies. Les gouvernements devraient éviter les restrictions commerciales et protéger les populations les plus pauvres en recourant à des programmes ciblés de soutien aux revenus plutôt qu’à des mesures de régulation des prix."
Ayhan Kose, économiste en chef adjoint de la Banque mondiale et directeur de la cellule Perspectives, s’est quant à lui adressé aux banquiers centraux et leur a demandé de rester vigilants étant donné que "de nombreux facteurs pourraient faire grimper les prix et raviver les pressions inflationnistes : une offre de pétrole plus limitée que prévu, une reprise de l’économie chinoise plus consommatrice de matières premières, une intensification des tensions géopolitiques ou des conditions météorologiques défavorables. " Les émergents et l’ensemble de la sphère économique ne semblent pas au bout de leurs peines.
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