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Fnac-Darty / Indexia / Daniel Kretinsky / Editis

Indexia, l’actionnaire de plus en plus gênant de Fnac-Darty / Quelle opportunité de montée au capital pour Daniel Kretinsky ?

Alors que l’homme d’affaires tchèque vient de signer une promesse d’achat avec Vivendi en vue de l’acquisition du groupe Editis, les déboires judiciaires et la récente interdiction d’exercice prononcée à l’encontre d’Indexia, actionnaire de Fnac-Darty, par l’ACPR, pourrait raviver ses ambitions de se renforcer au capital du distributeur français. Une éventualité qui pourrait cependant être vue d’un mauvais œil par le monde de l’édition.
Daniel Kretinsky détient depuis le mois de mars dernier 25% du capital de Fnac-Darty (©Rudolf WICHERT/LAIF-REA)
Daniel Kretinsky détient depuis le mois de mars dernier 25% du capital de Fnac-Darty (©Rudolf WICHERT/LAIF-REA)

Les frasques sont décidément à répétition pour le controversé courtier en assurance de dommages dits "affinitaires", Indexia (ex-SFAM, spécialisé dans l’assurance pour smartphone, multimédias ou électroménagers). Déjà condamné à verser en 2019 une amende de 10 millions d’euros par la Répression des fraudes pour pratiques commerciales trompeuses (des milliers d’euros auraient été frauduleusement prélevés sur les comptes d’anciens clients qui avaient assuré leurs mobiles ou leurs ordinateurs chez le courtier) et empêtrée dans une série de procès au civil comme au pénal, l’entreprise vient de se voir prononcer une mesure d’interdiction temporaire d’exercice par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR). Une mesure conservatoire qui sera levée " lorsque la société aura pu justifier auprès de l’ACPR qu’elle respecte les exigences réglementaires qui lui sont applicables ", a précisé l’institution de contrôle dans un communiqué.

 

Ceconomy ne veut pas vendre

 

Ces déboires pourraient (presque) passer inaperçus si Indexia n’était pas l’un des principaux actionnaires minoritaires de Fnac-Darty. Il détient en effet 11,3 % du capital, juste derrière le distributeur allemand Ceconomy (24,2 %) et surtout Daniel Kretinsky, qui possède depuis le mois de mars dernier 25 % des parts du groupe (contre 5 % en 2022), via Vesa Equity Investment (qu’il utilise pour ses participations minoritaires), faisant de l’homme d’affaires tchèque le premier actionnaire de Fnac-Darty. Ce dernier n’en finit d’ailleurs plus de susciter tous les fantasmes de la Place de Paris. Des rumeurs de presse lui ont prêté des intentions de rachat des parts de Ceconomy afin de prendre le contrôle du groupe, avant que l’Allemand ne démente son intention de vendre.

 

S’engouffrer dans la brèche

 

Mais si dans sa déclaration effectuée auprès de l’Autorité des marchés financiers, Vesa Equity Investment avait, certes affirmé "envisager de poursuivre " sa montée au capital du distributeur, sans "en prendre le contrôle ", les mésaventures judiciaires d’Indexia pourraient bien changer la donne. D’autant que cet engagement auprès du régulateur ne vaut que pour six mois, et prendra donc fin en septembre. D’ici là, Indexia pourrait être contraint de revoir son positionnement au sein du capital de Fnac-Darty, ce qui permettrait potentiellement à Daniel Kretinsky de se renforcer encore davantage. Interrogé sur cette éventualité, Fnac-Darty n’a pas souhaité répondre à nos questions.

 

Secret des affaires

 

Toujours est-il qu’une telle main mise pourrait représenter un risque pour le monde de l’édition. Rappelons en effet que l’appétit insatiable de Daniel Kretinsky pour la presse vient de le conduire, le 24 avril dernier, à signer une promesse d’achat avec Vivendi portant sur l’acquisition de l’intégralité du capital du numéro deux français de l’édition, Editis (Robert Laffont, Pocket, Lonely Planet…, 17 % de parts de marché de la littérature en France), une opération qui pourrait être estimée aux alentours de 500 ou 600 millions d’euros. Un sacrifice douloureux mais indispensable pour la famille Bolloré, actionnaire majoritaire de Vivendi, qui souhaite obtenir le feu vert de la Commission européenne pour pouvoir se rapprocher du groupe Lagardère et ainsi acquérir Hachette.

Or, l’enseigne Fnac représentant entre 17 et 19 % des ventes de livres en France, une prise de contrôle à terme du distributeur permettrait à Daniel Kretinsky d’avoir un certain accès au secret des affaires de tous les concurrents d’Editis. Une possibilité qui ne manquera sans doute pas d’éveiller la vigilance de la Commission européenne qui examine toujours actuellement les remèdes anti-concentration proposés par Vivendi et qui doit rendre ses conclusions le 14 juin prochain.

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