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L’Etat sera bientôt seul maître à bord d’EDF pour de bon / Un retard sans conséquence
Quelques mois de retard qui seront vite oubliés. La renationalisation d’EDF aura bien lieu, au prix convenu, alors que la Cour d’appel de Paris a rejeté mardi un recours déposé par des actionnaires minoritaires d’EDF contre le feu vert de l’Autorité des marchés financiers (AMF) à l’offre publique d’achat (OPA) de l’Etat français sur les titres de l’opérateur historique d’électricité.
La juridiction d'appel a considéré, comme l’avait déjà fait l’AMF, que le projet avait été établi "dans le respect des principes d’égalité de traitement des actionnaires et de transparence du marché", a-t-elle annoncé mardi. Un point de vue qui était vivement contesté, rappelons-le, par les actionnaires salariés du groupe et l’Association de défense des actionnaires minoritaires (Adam) présidée par Colette Neuville.
Ces derniers avaient déposé leur recours début décembre dernier, s’estimant spoliés par les 12 euros par action offerts par l’Etat. Recours qui avait conduit l’AMF à proroger sine die l’offre de rachat ouverte fin novembre par l’Etat.
Finalement déboutés, ils auront donc légèrement retardé l’opération visant à permettre à faire revenir EDF dans le giron de l’Etat. Car la décision de la Cour d’appel signifie donc que le dernier obstacle à la réalisation de l’OPA simplifiée de l’Etat est maintenant levé.
L'OPA rouvre le 4 mai
Alors que la puissance publique détient déjà 95,82 % du capital et 96,53 % des droits de vote d’EDF depuis la clôture provisoire de l’offre en février dernier, celle-ci "sera réouverte du 4 au 17 mai 2023 (inclus) aux mêmes conditions financières", a ainsi indiqué Bercy, soit, outre les 12 euros par action EDF, les 15,52 euros par obligation convertible (Oceane). Le rachat par l’Etat des 16 % du capital qu’il ne détenait pas dans celui du groupe avant le lancement de son OPA simplifiée à l’automne dernier lui coûtera bien les 9,7 milliards d’euros prévus initialement.
Ensuite, "l’Etat demandera la mise en œuvre du retrait obligatoire à l’issue de la période de réouverture", a indiqué mardi le ministère de l’Economie et des Finances. Avec un certain retard donc, mais cela n’a pas empêché Luc Rémont, à la tête de l’énergéticien depuis le 24 novembre dernier, d’être à pied d’œuvre. L’homme sur qui reposent les ambitions de renouveau nucléaire assignées au groupe est focalisé sur sa tâche. Lors de la publication en février des résultats annuels du groupe, il a assuré qu’EDF mettait tout en œuvre afin de tenir la date de 2035 pour le démarrage du premier réacteur nucléaire de nouvelle génération EPR sur les six voulus d’ici 2050 par le président de la République.
A court terme, le dirigeant doit aussi superviser la poursuite des réparations liées au phénomène de corrosion sous contrainte découvert à la fin de l’année 2021 affectant plusieurs réacteurs nucléaires EDF.
A ce sujet, "l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a considéré approprié le calendrier proposé par EDF en mars 2023 dans le cadre de l’évolution de la stratégie de contrôles", a indiqué le groupe la semaine dernière, à l’occasion de la publication de son chiffre d’affaires du premier trimestre 2023. Celui-ci s’est établi en hausse de 34,6 % en organique, à 47,8 milliards d’euros. Une progression qui s’explique essentiellement par une hausse des prix de vente de l’électricité et du gaz au premier trimestre 2023, en particulier en France et au Royaume-Uni.
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