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Silicon Valley Bank; USA; Biden

Macro-économie / Taux / SVB / Fed / Régulation

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SVB / Fed / Régulation

krach La Fed fait son introspection sur le cas SVB / Une faillite qui devrait entraîner un cadre réglementaire plus strict

KRACH BANCAIRE. L’examen par la Réserve fédérale de sa surveillance et de sa régulation de la Silicon Valley Bank a livré ses premiers enseignements. L’institution souhaite corriger ses faiblesses, qu’elles concernent la rapidité de ses diagnostics ou qu’elles touchent à la pertinence de ses réponses.
SVB. Li Jianguo/XINHUA-REA/XINHUA-REA
SVB. Li Jianguo/XINHUA-REA/XINHUA-REA

"Les autorités de surveillance n’ont pas apprécié à sa juste valeur l’ampleur des faiblesses de la Silicon Valley Bank à mesure que sa taille et sa complexité augmentaient ". Le constat est sans appel dans le compte rendu de l’examen diligenté par la Réserve fédérale (Fed) sur les évènements liés à la faillite de la Silicon Valley Bank (SVB). Les autorités américaines doivent drastiquement s’améliorer pour éviter tout nouvel incident.

Certes, il est fait état que SVB "était une exception en raison de l’ampleur de son modèle d’entreprise très concentré, de son risque de taux d’intérêt et de sa forte dépendance à l’égard des dépôts non assurés". Le compte rendu ne fait cependant aucune faveur aux régulateurs américains et fait le constat de mesures pas suffisamment énergiques. Plusieurs caractéristiques ayant mené SVB à sa perte pourraient quant à elles être retrouvée ailleurs. Il est jugé que ses dirigeants "ont répondu aux incitations approuvées par le conseil d’administration ; ils n’ont pas été rémunérés pour gérer les risques de la banque, et ils ne l’ont pas fait de manière efficace ". En outre, "la combinaison des réseaux sociaux, d’une base de déposants concentrée et fortement interconnectée, et de la technologie" est pointée du doigt comme responsable du retrait très rapide des dépôts.

 

Règles lâches

 

Autant de raisons d’agir sans tarder pour éviter de nouveaux accidents pour le secteur bancaire, avec une attention particulière pour "les entreprises à croissance rapide, aux modèles d’entreprise concentrés ou à d’autres facteurs spéciaux peuvent présenter, quelle que soit la taille de leurs actifs". Pour y remédier, la Fed a déjà lancé un groupe de supervision chargée de travailler "sur les risques des nouvelles activités (telles que les activités fintech ou crypto) en complément des équipes de supervision existantes ".

Une annonce à laquelle s’ajoute celle de l’application de "normes plus strictes à un plus grand nombre d’entreprises ", ce qui doit se traduire par la révision de toute "c. Il s’agit en particulier d’avoir une vigilance renforcée sur les établissements à la croissance rapide, pour lesquels il est question d’avoir "des exigences plus élevées en matière de capital ou de liquidités [qui] peuvent constituer une garantie importante jusqu’à ce que les contrôles des risques s’améliorent, et elles peuvent concentrer l’attention de la direction sur les questions les plus critiques".

Michael Barr, vice-président de la Réserve fédérale en charge de la supervision, argue également que le secteur doit comprendre qu’après "plus d’une décennie de stabilité du système bancaire et de bonnes performances des banques de toutes tailles", il faut aujourd’hui se "garder de toute complaisance". Cette dernière ayant pu conduire par le passé "les banquiers à un excès de confiance et les autorités de surveillance à un excès d’acceptation".

 

Le temps long

 

Une volonté de réforme rapide qui se heurte à la réalité, puisqu’il est notamment question de "développer une culture qui permette aux superviseurs d’agir face à l’incertitude " et qu’une telle action va inévitablement s’inscrire dans la durée. Il est également question d’arriver à avoir des "exigences de fonds propres d’une entreprise soient mieux alignées sur ses positions financières et ses risques", mais il est illusoire de voir ces changements "entrer en vigueur avant plusieurs années en raison du processus habituel d’élaboration des règles par voie d’avis et de commentaires, et [ils] seraient accompagnés d’une mise en œuvre progressive ".

Michael Barr dénonce également une lenteur à combattre au sein de la structure de surveillance de la Fed, en ce qui concerne la continuité entre les portefeuilles. Il est question de faire en "sorte que lorsqu’une banque grandit et change de portefeuille de surveillance, elle soit prête à se conformer plus rapidement à des normes réglementaires et de surveillance renforcées ". Aujourd’hui il est plutôt souvent fait état d’une "longue transition pour se conformer à ces normes renforcées" avec les risques que cela comporte.

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