WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Macro-économie / Taux / Banque centrale européenne / taux d'intérêt / Christine Lagarde

Macro-économie / Taux
Banque centrale européenne / taux d'intérêt / Christine Lagarde

Inflation : la BCE n’en a pas fini avec les hausses de taux / Et elle devrait déployer une arme supplémentaire

Alors que la BCE vient d’augmenter son principal taux directeur de 25 points de base à 3,25 %, sa présidente, Christine Lagarde, a indiqué ce ne serait pas la dernière hausse. En vue de briser l’inflation, l’arme des taux devrait davantage se voir renforcée par celle du bilan à compter de juillet ; l’institution de Francfort pourrait complètement cesser de réinvestir les tombées de titres liées à son programme d’achats d’actifs traditionnel.
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne - EUC/ROPI-REA
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne - EUC/ROPI-REA

"Les perspectives d’inflation restent trop élevées pendant trop longtemps". Le propos liminaire en conférence de presse de Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne (BCE), a donné le ton quant à l’état d’esprit dans lequel se trouve le Conseil des gouverneurs.

 

Hausse inévitable

 

Tandis que la hausse des prix à la consommation de la zone euro a atteint 7 % sur un an le mois dernier, l’institution de Francfort a annoncé de nouvelles mesures de resserrement monétaire. Comme attendu, elle a relevé son principal taux d’intérêt directeur (taux d’intérêt de la facilité de dépôt) de 25 points de base ; il s’établit ainsi désormais à 3,25 %.

"L’inflation globale a diminué au cours des derniers mois, mais les pressions sous-jacentes sur les prix restent fortes", a déclaré Christine Lagarde. Si l’inflation annuelle globale a reculé de 3,7 points depuis son pic d’octobre dernier sous l’effet de l’effondrement des prix de l’énergie, l’inflation sous-jacente, elle, telle que mesurée par Eurostat, est passé de 5 % - à l’automne dernier – à 5,6 % en avril.

 

Pas de pause

 

Alors que l’augmentation de taux venant d’être décidée par le Conseil des gouverneurs est la plus faible depuis que le début du cycle de resserrement, d’aucuns avancent que ce dernier touche bientôt à sa fin. "Il nous reste encore du chemin à parcourir au regard de nos prévisions du mois de mars et des données qui sont publiées depuis", a toutefois indiqué Christine Lagarde.

"Nos décisions futures garantiront que les taux directeurs seront ramenés à des niveaux suffisamment restrictifs pour permettre un retour rapide de l’inflation à notre objectif à moyen terme de 2 % et qu’ils seront maintenus à ces niveaux aussi longtemps que nécessaire", a rappelé la grande argentière, citant le communiqué sur lequel s’est accordé le Conseil des gouverneurs.

En outre, la Française a donné des éléments sur le débat ayant eu lieu entre banquiers centraux européens à l’occasion de la réunion de politique monétaire d’aujourd’hui. "Certains membres du Conseil ont estimé qu’une hausse de 50 points de base serait appropriée, d’autres, qu’une augmentation de 25 points de base le serait… Je n’ai toutefois entendu personne plaider en faveur du statu quo", a-t-elle fait savoir.

 

Bilan à la rescousse

 

En plus de continuer à mobiliser l’arme du taux d’intérêt directeur pour éradiquer l’inflation, le Conseil des gouverneurs va accroître son recours au bilan de l’institution de Francfort, en vue de davantage peser sur les conditions de financement. Pour mémoire, sa taille a diminué de plus de 1 000 milliards d’euros en un an (13 %) notamment sous l’effet des remboursements des opérations de refinancement à plus long terme (TLTRO).

Alors que la BCE ne réinvestit que partiellement les tombées de titres liées à son programme d’achats d’actifs traditionnel (APP) depuis mars, ce qui représente 15 milliards d’euros par mois, le Conseil des gouverneurs dit s’attendre à mettre totalement fin aux réinvestissements à compter de juillet. "Cela devrait représenter en moyenne 25 milliards d’euros par mois", a précisé Christine Lagarde. Le portefeuille de titres de l’APP représente 3 231 milliards d’euros.

Concernant son autre programme d’achats d’actifs, créé à l’occasion du déclenchement de la pandémie (PEPP), la BCE n’a pas changé ses plans. Elle prévoit de réinvestir la totalité des tombées de titres au moins jusqu’à la fin 2024.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article