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Dirigeants, gouvernance / Euronext / Stéphane Boujnah / Bourse / Borsa Italiana / Gouvernance

Dirigeants, gouvernance
Euronext / Stéphane Boujnah / Bourse / Borsa Italiana / Gouvernance

exclusif Stéphane Boujnah renouvelé pour un troisième mandat chez Euronext / Le président du directoire n’en a pas terminé avec la transformation de son groupe

EXCLUSIF. Président du directoire d’Euronext depuis 2015, le dirigeant de 59 ans vient de se voir renouveler dans ses fonctions pour un troisième mandat par les actionnaires du groupe réunis en assemblée générale ce mercredi matin. Une confiance renouvelée sans surprise tant Stéphane Boujnah a su, au cours des huit dernières années, accroître l’influence d’Euronext. Et sa feuille de route pour les quatre années à venir est d’ores et déjà très claire.
Stéphane Boujnah, président du directoire d'Euronext (©Romain BEURRIER/REA)
Stéphane Boujnah, président du directoire d'Euronext (©Romain BEURRIER/REA)

Ce matin, les actionnaires d’Euronext, réunis en assemblée générale, ont décidé de reconduire Stéphane Boujnah à la présidence du directoire pour un nouveau mandat de 4 ans. Une reconduction qui s’est faite à quasiment 100 % des votes.

 

Des performances financières exceptionnelles

 

Il faut dire que le dirigeant de 59 ans peut se féliciter d’un bilan pour le moins prolifique. Depuis son arrivée en 2015 et au cours de ses deux précédents mandats, l’opérateur paneuropéen des marchés financiers a considérablement changé de dimension. D’abord, en termes de performances financières, la marge d’excédent brut d’exploitation (Ebitda) qui était inférieur à 30 % en 2013 est aujourd’hui proche de 60 %, soit un doublement en dix ans. Par ailleurs, la capitalisation boursière d’Euronext est passée de 1,4 milliard d’euros en 2014 à 7,5 milliards d’euros cette année. " Elle a même parfois dépassé les 10 milliards d’euros au cours de l’année 2021 ", fait remarquer Stéphane Boujnah dans un entretien accordé à WanSquare. Enfin, le chiffre d’affaires, inférieur à 500 millions d’euros à son arrivée en 2015, a été multiplié par trois pour atteignant le 1,5 milliard en 2023.

 

Une expansion paneuropéenne

 

Des résultats rendus possibles par la forte expansion d’Euronext en Europe. " Nous avons utilisé la génération de cash-flow pour réaliser des acquisitions assez rythmées. En 2018, nous avons réalisé l’acquisition de la Bourse de Dublin, puis un an plus tard celle d’Oslo en Norvège et enfin Borsa Italiana en 2021 ", détaille le président du directoire. Et à chaque fois dans un environnement ultra compétitif. " En 2019, nous avons mené une bataille assez féroce contre le Nasdaq qui a tenté d’acquérir la Bourse d’Oslo. Même chose en 2020 pour l’acquisition de Borsa Italiana pour laquelle nous avons dû nous battre contre Six (la Bourse Suisse) et Deutsche Börse. Sans oublier qu’en 2016, nous avons dû combattre le projet de fusion entre cette dernière et le London Stock Exchange (LSE) qui aurait pu profondément transformer l’environnement dans lequel Euronext évolue ", poursuit Stéphane Boujnah qui se félicite de la culture beaucoup plus européenne de son entreprise aujourd’hui.

"En 2015, Euronext était essentiellement un tête à tête franco-néerlandais. Avec ma famille, je suis allé vivre un an à Amsterdam pour nouer une relation de confiance avec l’écosystème néerlandais et nous avons décidé ensemble de donner à l’entreprise une dimension paneuropéenne. A mon arrivée, alors que la France représentait 60 % des revenus du groupe, elle ne pèse plus aujourd’hui que 26 % car notre mix géographique a considérablement évolué", souligne-t-il. En effet, la plus grosse contribution au chiffre d’affaires provient désormais de l’Italie (un tiers des revenus). "Non pas que la Bourse de Milan soit plus grande que celle de Paris. Elle est même quatre fois plus petite en termes de capitalisation boursière agrégée. Mais Borsa Italiana compte d’autres activités que le trading comme la compensation, le règlement livraison, la conservation ou la négociation des instruments de dette souveraine par exemple", poursuit Stéphane Boujnah.

 

Un exercice de diversification

 

Un exercice de diversification de la base de revenus souhaité par le président du directoire. "A mon arrivée, l’activité trading représentait environ 40 % de nos revenus. Elle compte aujourd’hui pour environ 20 % pour le trading d’actions. Si nous sommes parvenus à réduire significativement la dépendance du groupe à la volatilité des marchés, c’est parce que nous sommes désormais présents dans des activités de négociations qui ne sont pas liées aux actions, comme notre Bourse spécialisée dans le négoce d’électricité, Nord Pool, mais aussi notre plateforme de négociations de devises, Euronext FX, active à New York, Singapour et Londres. Nous avons également créé une activité de services aux entreprises pour les aider à communiquer plus efficacement via le numérique avec les investisseurs ", explique le dirigeant.

 

Une autonomie stratégique

 

Déterminé à contribuer à la souveraineté de l’Europe, Stéphane Boujnah a également toujours voulu faire de son groupe le maître de sa technologie et de ses actifs en mettant en place une plateforme européenne de négociation, Optiq. Ainsi, d’importantes migrations ont été opérées : les différentes bourses acquises ont progressivement rejoint la plateforme. Le data center du groupe a quant à lui déménagé de Londres pour Monte San Pietro à côté de Bergamo en Italie et est devenu par la même occasion 100 % vert. "Le Portugal est aussi un pays extrêmement important pour Euronext. En 2017, j’ai décidé de fermer les activités technologiques que nous avions à Belfast, en Irlande du Nord, pour les installer à Porto. Il est, selon moi, indispensable que les données sensibles et les applications critiques soient gérées à l’intérieur de l’Union européenne par des Européens. C’est une condition de notre autonomie stratégique ", martèle Stéphane Boujnah.

Une conviction qu’il compte bien encore renforcer au cours des quatre prochaines années. "Il est essentiel qu’en 2027, à la fin de mon troisième mandat, Euronext ait pu continuer à assoir sa position de leader européen tout en restant aussi agile et compétitif. Nous devons continuer à contribuer de façon efficace et impactante à l’autonomie stratégique européenne. L’Europe doit être un continent où l’on fabrique de la finance et pas seulement où on en consomme. Etre stratégiquement autonome, c’est faire en sorte que les Européens décident de la manière dont ils gèrent leur épargne et financent leurs investissements", veut-il convaincre.

 

Première place de cotation boursière

 

Un nouveau mandat qui devrait donc être placé sous le signe de la continuité comme le renforcement par exemple de la position d’Euronext comme véritable acteur de la transition énergétique. Un engagement déjà visible à travers la mise en place d’une offre d’indices ESG tels que CAC 40 ESG, CAC SBT 1,5° promouvant l’action des entreprises en faveur du climat. "Et tout cela sans achat de certificats de compensation carbone", précise le président du directoire.

Par ailleurs, les travaux de consolidation engagés au niveau européen devraient également être poursuivis. Près de 25 % des actions échangées en Europe le sont aujourd’hui sur des plateformes Euronext. "Chaque jour, 12 milliards d’euros sont échangés sur les marchés au comptant du groupe. C’est deux fois plus qu’à Londres. De plus, la capitalisation boursière agrégée des sociétés cotées sur Euronext représente presque 6800 milliards d’euros, soit le double de Londres également", rappelle Stéphane Boujnah.

De nouveaux chantiers devraient aussi être ouverts, comme l’intégration des nouvelles technologies et notamment de la blockchain dans les infrastructures de marchés ou de l’Intelligence artificielle dans certaines activités. "Il nous faudra être très prudent car notre priorité restera toujours la fiabilité absolue et la précision de la donnée", assure le président du directoire qui promet qu’à la fin de son troisième mandat, en 2027, "la façon dont nous traiterons nos opérations sur le plan technologique aura été profondément transformée ".

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