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Etats-Unis : pas de mea culpa chez SVB /
Son ancien P.-D.G. a fait face imperturbable aux question des sénateurs
"Aucune banque n’aurait pu survivre à une panique bancaire d’une telle vitesse et d’une telle ampleur". Gary Becker ne fait pas amende honorable et incrimine des facteurs exogènes au fonctionnement de la Silicon Valley Bank (SVB) dont il était président-directeur général. Ce qui n’est pas en total désaccord avec les conclusions de la Réserve Fédérale sur sa gestion de la crise bancaire.
Pour sa première prise de parole publique depuis que les autorités américaines ont pris le contrôle de SVB, le 10 mars dernier, il n’a pas repris entièrement à son compte le constat de la Fed sur SVB. Ce dernier considérait que l’établissement "était une exception en raison de l’ampleur de son modèle d’entreprise très concentré, de son risque de taux d’intérêt et de sa forte dépendance à l’égard des dépôts non assurés".
Pas dupe
Les parlementaires américains ont réitéré cet argumentaire, à l’instar du sénateur démocrate Robert Menendez qui a affirmé que la direction de la banque "avait mis tous les oeufs dans le même panier ". Loin de souscrire a cette idée, l’ancien dirigeant de l’établissement californien s’est plaint de l’assimilation de ce dernier avec Silvergate Bank ; il a avancé que "SVB et Silvergate étaient des banques très différentes, car Silvergate était une banque axée à près de 100 % sur les crypto-monnaies, tandis que SVB ne recevait qu’environ 3 % de ses dépôts de clients crypto-monnaies" et que "malgré ces différences, SVB a été comparée à Silvergate dans un article du Financial Times publié le 21 février, qui contenait des commentaires négatifs sur les portefeuilles de titres de Silvergate et de SVB."
De quoi faire aboutir ce dernier à la conclusion que "la faillite de Silvergate et le lien avec SVB ont provoqué la propagation rapide de rumeurs et d’idées fausses en ligne, ce qui a entraîné le début de ce qui allait devenir une ruée sur les banques sans précédent. " Ce ne sont donc pas les fondamentaux de la banque qu’il dirigeait qui sont la cause des malheurs qu’elle a connus.
Il explique également que "le 8 mars, la SVB a annoncé qu’elle vendait la partie disponible à la vente ("AFS") de son portefeuille de titres avec l’intention de la réinvestir à des taux plus élevés, et qu’elle levait des capitaux supplémentaires.". C’est sur "les conseils de Goldman Sachs, [que] nous avons décidé de vendre d’abord notre portefeuille AFS afin de réaliser ces pertes et d’expliquer au marché pourquoi nous levions des capitaux, étant donné que les finances de SVB étaient par ailleurs saines", a-t-il ajouté.
Satisfaire a minima
Là où il est plus en phase avec le régulateur américain c’est au sujet des exigences liquidités et de capital, qui étaient effectivement en ligne avec les exigences de la Réserve fédérale. Cependant cette dernière est actuellement en train de revoir cette réglementation, estimant qu’elle a pu être trop légère par moments. La Fed a ainsi annoncé qu’elle compte réviser "une série de règles pour les banques dont les actifs s’élèvent à 100 milliards de dollars ou plus".
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